[ 20/Ord - Ne vivez pas comme des fous, mais comme des sages
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
http://saintsymphorien.net/20-Ord-Ne-vivez-pas-comme-des-fous
        20/Ord - Ne vivez pas comme des fous, mais comme des sages

20/Ord - Ne vivez pas comme des fous, mais comme des sages

Homélie du 20e dimanche du Temps Ordinaire (17 août 2012)

• Livre des Proverbes 9,1-6
« Venez manger mon pain,
et boire le vin que j’ai apprêté ! »

• Psaume 34(33),2-3.10-11.12-13.14-15
« Venez, mes fils, écoutez-moi ! »

• Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 5,15-20
« Ne vivez pas comme des fous, mais comme des sages,
chantez le Seigneur et célébrez-le de tout votre cœur. »

• Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 6,24-35
« Qui mange ce pain vivra éternellement. »

- lire l’intégralité des textes de ce jour




Venez manger mon pain,
et boire le vin que j’ai apprêté !


La liturgie d’aujourd’hui nous appelle à reconsidérer la place que nous faisons à l’Eucharistie dans nos vies. Bien sûr, en particulier depuis vatican II, nous savons que l’Eucharistie est la Source et le Sommet de toute la Vie Chrétienne [1]. Le Catéchisme de l’Église catholique nous le dit précisément :

1324 L’Eucharistie est " source et sommet de toute la vie chrétienne " (LG 11). " Les autres sacrements ainsi que tous les ministères ecclésiaux et les tâches apostoliques sont tous liés à l’Eucharistie et ordonnés à elle. Car la sainte Eucharistie contient tout le trésor spirituel de l’Église, c’est-à-dire le Christ lui-même, notre Pâque " (PO 5).

1325 " La communion de vie avec Dieu et l’unité du peuple de Dieu, par lesquelles l’Église est elle-même, l’Eucharistie les signifie et les réalise. En elle se trouve le sommet à la fois de l’action par laquelle, dans le Christ, Dieu sanctifie le monde, et du culte qu’en l’Esprit Saint les hommes rendent au Christ et, par lui, au Père " (CdR, instr. " Eucharisticum mysterium " 6).

1326 Enfin, par la célébration eucharistique nous nous unissons déjà à la liturgie du ciel et nous anticipons la vie éternelle quand Dieu sera tout en tous (cf. 1 Co 15, 28).

1327 Bref, l’Eucharistie est le résumé et la somme de notre foi : " Notre manière de penser s’accorde avec l’Eucharistie, et l’Eucharistie en retour confirme notre manière de penser " (S. Irénée, hær. 4, 18, 5).


C’est à ce point vrai qu’il nous faut être persuadés qu’il n’est pas possible d’être chrétien pleinement sans la nourriture eucharistique. C’est là, non une idéologie sectaire, mais le recueil de l’expérience de nos pères. L’Eucharistie est ce que nous avons à transmettre à nos enfants de plus précieux. Nous pensons à leur assurer un bon métier pour qu’ils ne manquent de rien en ce monde, mais qu’en est-il de leur assurer une vie éternelle ? Bien sûr, nous leur inculquons des valeurs, mais ce qui fait le sel de la vie ne sont pas seulement des choses à faire ou à ne pas faire. Le sel de la vie est dans la rencontre de Celui qui nous invite. La chose est vraie en amitié, elle est encore plus vraie en ce qui concerne la vie spirituelle, la vie en DIEU.

* *
Venez, mes fils, écoutez-moi !


Entendons le Psaume : il est une invitation pressante d’un père pour ses fils. Il n’y a pas de joie plus grande pour un père ou pour une mère que de voir ses fils s’épanouir, non seulement humainement, mais spirituellement.

Mais, me direz-vous, comment transmettre ? Marguerite Léna aime à rappeler que 90% de la transmission se fait par l’exemple. L’exemple d’une vie "honnête", bien sûr, mais aussi l’exemple d’une vie eucharistique. Une vie qu’on ne va pas se contenter de vivre "parce que c’est la tradition", mais qu’on va reprendre en famille, par exemple lors du repas du dimanche. Nos frères protestants mettent un point d’honneur à parler d’abord de l’évangile du dimanche lors du repas familial. Pourquoi n’en faisons-nous pas autant ? C’est le lieu où la communauté familiale se construit spirituellement, et non pas seulement fonctionnellement. C’est le lieu où les parents témoignent, répondent aux questions, parfois osent dire : “Je ne sais pas”... Ne pas reprendre en famille ce que les uns ou les autres vivons spirituellement, c’est vivre comme des fous, dit saint Paul.

* *
Ne vivez pas comme des fous, mais comme des sages,
chantez le Seigneur et célébrez-le de tout votre cœur


Le sage est celui qui oriente toute sa vie sur la célébration du Seigneur. Non pas DIEU comme un à côté, comme quelqu’un à qui l’on pense quand on traverse des moments difficiles — d’ailleurs, cela n’a qu’un temps : rapidement, les moments difficiles qui ne se vivent pas sur un fond de vie régulièrement nourrie de la présence de DIEU se change en révolte —. Un DIEU dont les enfants sentent qu’il habite le cœur, l’amour des parents l’un pour l’autre ; qui habite les combats comme les joies ; un DIEU qui tient la place centrale de la famille et des perspectives d’avenir des enfants.

>>>>>>>>>>>>>Pour rester dans la louange cette semaine, cliquez ici<<<<<<<<<<<<<

* *
Qui mange ce pain vivra éternellement


Que veut dire “vivre éternellement” ? Le père Zundel aimait à dire qu’il ne s’agissait pas tant de se demander s’il y avait une vie après la mort que de se rendre compte qu’il y avait une vie avant la mort. Une vie qui n’est pas seulement la gestion des événements au moment où ils se présentent : une telle vie n’est jamais que subie, et n’ouvre pas de perspective heureuse. Un Vie, avec un grand “V”, qui est fondée sur la louange, sur le chant à DIEU, sur l’assurance que tout concourt au bien de celui qui aime DIEU, dit saint Paul [2].

Or il n’y a pas de Vie possible sans l’invitation à un repas. La chose se vérifie dans toute existence : celui qui mange seul tous les jours de sa vie peu à peu se referme sur lui-même. Or elle se vérifie aussi dans la vie spirituelle : n’ayant jamais de moment où je me nourris de DIEU avec mes frères et sœurs ; ne vouloir entrer dans les église que lorsqu’il n’y a personne est toujours le symptôme d’une crise grave de la vie spirituelle.

Le repas, le vrai repas, celui qui donne la Vie, le voici : il est cette eucharistie qui nous rassemble. Non pas seulement un bout de pain et un peu de vin, mais une rencontre avec Celui qui nous nourrit, qui est notre Hôte et qui se réjouit de nous donner l’essentiel, son amour incarné — et non pas seulement moral — pour que nous vivions pleinement par Lui et en Lui tous les jours de la semaine. Que diriez-vous si, ayant invité des amis, ils repartaient en disant : "On a bien mangé et bien bu...", comme dit la chanson, et c’est tout ? N’est-il pas plus joyeux d’entendre dire : "Ce repas a été l’occasion pour moi d’un moment essentiel" ? Quand bien même n’avions-nous à offrir qu’un plat de pommes de terre à l’eau, l’essentiel n’était-il pas que notre relation grandisse et s’affermisse ? Si ces pommes de terre ont été préparées avec amour, elles suffisent pour que le repas soit bon.

Eh bien : nous voici réunis pour recevoir un morceau de pain, mais ce pain-là a été préparé avec le plus grand amour qui soit. Le Maître de maison est mort pour que nous puissions bénéficier de ce morceau de pain. Pour que nous restions pas affamés de Lui. Voilà une occasion, l’Occasion par excellence, de chanter le Seigneur avec nos enfants. Oh, je sais bien, au début, ils lèveront les yeux au ciel parce qu’ils préfèreront qu’on parle d’autre chose... Mais de quoi ? Bien sûr qu’il faut parler de la vie de tous les jours, mais la vie de tous les jours qui n’est pas habitée consciemment de l’eucharistie est une vie qui roule sur elle-même, et qui bientôt ne roulera plus, ou simplement par inertie...

Alors aujourd’hui, frères et sœurs, le Père invite ses enfants à ne pas vivre sur un mouvement d’inertie. Il nous transmet sa Vie. Il ne nous l’impose pas : il n’en a pas les moyens. Il témoigne que la Vie éternelle est Là, pour Lui, donc aussi pour nous qui sommes façonnés à son image. Ne considérons pas trop vite que cela serait superficiel, ou secondaire. Nous y perdrions la joie. Chantons, célébrons le Seigneur dans toutes ces œuvres, même si certaines d’entre elles nous paraissent douloureuses. Nous les traverserons si nous nous encourageons à le louer à toute heure du jour et de la nuit. Parce que le don le plus précieux de ce repas auquel la Sagesse nous invite, ce n’est rien de moins qu’une joie qui nous révèle que chaque jour est une épreuve qui nous a fait grandir et nous a révélé à nous-mêmes dans ce que nous sommes de plus beau et de plus grand. Alors nos yeux s’ouvrent sur nous frères pour, à notre tour, les inviter à communier à ce qui fait le coeur de notre Vie. Par l’exemple.

Avec mon affection fraternelle,

+ Père Alain

Notes

[1Lumen Gentium 11

[2Ro 8,28

Réagir à cet articleRéagir à cet article

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Dans l'Eglise

Diocèse d'Autun

Pastorale du Tourisme du diocèse d'Autun

RCF Parabole

Eglise de France

Nouvelles du Vatican

Suivre le Pape François avec L'Osservatore Romano

Zenit, le monde de Rome


(|non)]