[ 20 ans déjà... 10 ans déjà...
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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      20 ans déjà... 10 ans déjà...

20 ans déjà... 10 ans déjà...

Il y a 20 ans, le père Alain était ordonnée par Mgr Raymond Séguy.

Il y a 10 ans, le père Rémy était à son tour ordonné par Mgr Séguy.

La Père Alain retrace ici quelques moments-clefs de son parcours, en forme d’Action de Grâce.



Voici 20 ans, le 27 juin 1993, je recevait le sacrement de l’Ordre des mains de Mgr Raymond Séguy. À l’époque, vingt années de sacerdoce me semblaient le bout du monde !

Vingt ans déjà, donc, et pourtant, je ne dirais pas que le temps passe vite. Il passe, tout simplement, avec son lot quotidien de leçons qui font que je ne crois pas, sur toute cette période, m’être jamais couché comme je me suis levé. Un temps qui passe, donc, mais qui surtout nous élève vers l’essentiel.

Quelques figures ont jalonné ce chemin dont j’aimerais ici faire mémoire.

Période africaine


- La première est celle du père Joseph Bourcereau, un religieux Fils de Marie Immaculée — connus aussi sous le nom des Pères de Chavagne — qui m’a accueilli lorsque je suis arrivé à Dapaong, au Togo, comme formateur en biologie au Séminaire des Aînés dont il était le Supérieur [1]. Quelle patience ! Autant pour supporter un jeune hystérique comme moi que pour me former : moi qui n’y connaissais rien, j’étais pourtant bien assuré, en descendant de l’avion, que j’allais apprendre leur métier aux missionnaires !!! Quel culot ! Merci, père Joseph, de votre sourire et de votre confiance.

J’ai profondément aimé ces deux années africaines, et j’y ai d’ailleurs attrapé le virus de l’Afrique. Plusieurs noms de séminaristes me reviennent en mémoire. Ils avaient mon âge. Ils n’avaient pas fait d’études, raison pour laquelle nous étions chargés de leur donner un niveau qui leur permette de suivre le Grand Séminaire, mais ils me distançaient largement sur le plan de la Sagesse ! Ils avaient une qualité d’humanité telle que j’ai bien plus appris à leur contact qu’eux au mien.


- Que dire du « Vieux » qui m’a pris sous son aile et qui, tout animiste qu’il fût, a rabattu mon caquet de jeune blanc imbu de son scientisme… Avec lui, j’ai appris que le règne des esprits n’était pas une illusion ; que les rêves en disaient plus long que ce qu’on croit en Occident ; qu’il y avait un monde du mal et un monde du bien qui échappait largement à la domination des hommes. Heureusement que le père Joseph était là pour recueillir mes interrogations et les retranscrire en termes chrétiens, mais enfin : c’est tout de même à un animiste que je dois d’avoir trouvé une foi qui, enfin, portait en elle la vie !


- Enfin, de cette période, je retiens ma rencontre furtive mais dense avec Mgr Anselme Sanon, évêque de Bobo Dioulasso, au Burkina Faso. Sans lui, je n’aurais jamais compris l’importance de l’anthropologie. C’est de lui que j’ai appris les lois de l’initiation, le sens de l’épreuve qu’il faut traverser pour apprendre à se connaître, les règles qui président à la transmission de la tradition… Là encore, quelle sagesse !

Retour en France

Lorsque je suis revenu en France deux ans après, le doute n’était plus possible : je serais prêtre. Mgr Le Bourgeois m’a accueilli à l’époque et, vu mon chemin, m’a conseillé de rejoindre le séminaire de Paray-le-Monial. Je dois dire que, jusqu’à ce jour, j’ignorais jusqu’au nom de cette ville. J’y ai découvert tout un monde de profondeur et de vérité dont j’ignorais, en France, qu’il fût possible que cela existât. J’avais bien besoin d’une année entière de propédeutique pour remettre les pendules à l’heure : découvrir le sens de la liturgie, entendre pour la première fois parler d’une histoire de l’Église et de la philosophie…


- Je retiens de cette période la figure du père Henri Massé, qui fut, à la suite du père Joseph, celui qui m’accompagna humainement et spirituellement. C’est lui qui me permit de traverser l’épreuve du décès de mon frère et qui me tint la main pour regarder au plus loin possible du côté du Christ. D’autre part, innombrables sont ceux à lui devoir d’aimer la liturgie de l’Église comme une grande source à laquelle puiser la grâce de la prière et de l’offrande de nos vies à la suite du Christ.

Je ne saurais ici passer sous silence la rencontre avec la Communauté de l’Emmanuel. Avec elle, j’ai découvert la joie de la foi et la grâce de Vatican II qui permet aux prêtres et aux laïcs d’avancer ensemble comme des frères sur le chemin de la sainteté. Ce fut l’époque de mes premiers groupes de prière, mes premières maisonnées de partage, mes premières sessions… C’est à cette communauté que je dois d’avoir pu poursuivre mes études auprès des Jésuites de l’Institut d’Études Théologique de Bruxelles.

J’aimerais ici faire mémoire d’un ami décédé trop tôt : Nicolas-Maria Ruis-Vivo, qui m’a accueilli dans la communauté et qui a été le premier à croire à mon appel. Il est mort quelques années plus tard, alors qu’il était diacre. Sa mémoire ne m’a jamais quitté.

Quatre ans en Belgique

Autant le dire tout de go : je dois toute ma théologie aux Jésuites belges, et surtout ma passion pour l’étude de l’Écriture Sainte. La figure qui me vient ici est celle du père Jean Radermakers et du père Albert Chapelle.


- Le père Jean Radermakers m’a fait aimer la Bible, aimer la raconter, en chercher les arcanes en nous ouvrant à la littérature rabbinique. Nous avons animé ensemble des sessions sur les Psaumes où j’ai vu la vertu curative de la pénétration intérieure qu’opérait chacun de ces textes. Je ne vais jamais en Terre Sainte aujourd’hui sans penser à lui chaque jour. Je lui dois tout ce que je peux aujourd’hui enseigner de l’Écriture et de l’importance des figures qui jalonnent l’histoire de l’Alliance de DIEU avec son peuple.

- Le père Chapelle, cet immense intellectuel, m’a patiemment reçu pour me faire revoir ma philosophie… quelle patience, là encore. Je me souviens d’une phrase qui revenait à chaque fois que j’allais le voir : « Alors, qu’as-tu à m’apprendre aujourd’hui ? », et venant de lui, je sais que cela n’était pas feint… Bigre !

- Je ne peux pas non plus passer sous silence son frère Paul qui m’a accompagné tout au long de ces années et qui m’a appris mon job d’accompagnateur spirituel à l’école des exercices de Saint Ignace.

Et voilà qu’au bout du chemin, me voici prêtre, ordonné le 27 juin 1993 à Autun par Mgr Raymond Séguy, aux côtés du père Antoine Bergeret et du père Éric Reboul.

Paray-le-Monial

Après mon ordination, j’ai commencé à apprendre mon métier auprès du père Bernard Veaux comme vicaire. De lui, je retiens une joie de vivre et l’importance de la convivialité dans la vie d’une communauté paroissiale. C’est lui qui m’a accompagné lors de la mort de mon père, et je lui en sais gré.

Puis j’ai rejoint les chapelains. Là, j’ai appris à travailler avec les laïcs. Que ne m’ont-ils pas appris ? !? Ils m’ont d’abord fait confiance en me confiant divers projets concrets à mener : nous avons fait passer les sanctuaires à l’ère des médias informatiques ; travaillé à la promotion des sessions d’été de l’Emmanuel ; accueilli des centaines de milliers de pèlerins… Ici, plusieurs figures montent à ma mémoire.

- D’abord le père Jean-Marie Baguenard qui a toujours cru en moi ; il a été le patient relecteur de nombre de mes écrits et je garde en mémoire les longs échanges qui m’ont souvent permis de faire le point sur ma vie de prêtre et de chapelain.

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- M. Rui Esteves, le directeur des pèlerinages à l’époque : c’est avec lui que j’ai appris à travailler et à mener des projets concrets ; il m’a souvent poussé à aller jusqu’au bout de moi-même, à ne pas reporter des projets à de trop longues échéances ; il m’a appris à travailler en équipe. Bref, je lui dois une grande part de mes compétences aujourd’hui.


- M. Dominique Raymond qui m’a appris ce que donner sa vie voulait dire quand on avait déjà quatre enfants et qu’on en accueillait encore deux, atteints de trisomie 21.

Les laïcs ont ici été mes professeurs, et j’ai, de cette époque, gardé le goût de travailler avec eux non comme des sous-fifres, mais comme des frères et sœurs à part entière la plupart du temps bien plus qualifiés que moi dans les décisions concrètes du travail et de l’existence.


- Une figure encore a marqué cette période : celle du père Denis Sonet. Grâce à lui, j’ai pu travailler plus à fond l’accompagnement des couples, saisir l’importance d’une vraie formation pour acquérir la compétence nécessaire et trouver un lui un grand mentor sur cet immense champ de la mission.

Chalon et la paroisse Saint-Symphorien

Au bout de dix années comme chapelain, j’ai été appelé à faire un rapide passage sur Chalon, comme vicaire à la Cathédrale, avant de rejoindre depuis cinq ans la paroisse Saint-Symphorien comme curé.

Sur ces cinq années, je dirais que j’ai eu la joie de mettre en œuvre tout ce que j’ai appris et que j’ai essayé de résumer ci-dessus. Là encore, quand on me demande comment je vis cette mission, j’ai toujours envie de répondre : « Mieux ne serait pas supportable ! » Et c’est vrai ! Voir grandir les jeunes, voir venir les familles, accueillir les uns, les autres à l’occasion des baptêmes, des mariages… Aller visiter les anciens, célébrer l’Eucharistie le dimanche avec des églises vivantes et surtout chantantes ! Vivre des formations par l’étude de l’Écriture, partir en Terre Sainte pratiquement chaque année avec eux,, lancer des projets comme La Vie est Belle, Alpha, Aimer & Servir, etc. Que demander de plus ? J’ai même eu la joie d’accueillir un super-vicaire l’an dernier, alors que je pensais que je serais toujours le seul prêtre sur la paroisse…

Bref...

En tout cela, je suis donc un prêtre heureux. Heureux de vivre en paroisse, heureux d’appartenir à la Communauté de l’Emmanuel qui reste la source de ma vie spirituelle comme de la louange qui ne cesse de m’habiter en vue de l’évangélisation toujours à reprendre dans notre monde.

À tous, le seul mot qui me vient est : « Merci ». Merci pour ces vingt années traversées, avec leurs hauts et leurs bas, avec leurs combats et leurs victoires, et surtout avec ce chemin de foi emprunté avec les uns et les autres dans l’amour commun du Christ et de son Église. C’est avec vous que je peux faire mien les propos de Saint Paul : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2,20), et comme nous avons l’habitude de dire dans ma Communauté : « Et ça n’est pas fini ! »

Je ne saurais terminer ces lignes sans évoquer ma famille et mes parents. Ils ont su supporter tous les aléas de ce chemin, parfois de près, parfois de loin, mais toujours avec cette bienveillance qui permet à un enfant de prendre son envol et de trouver en ce monde le chemin d’un bonheur véritable.

Soyez tous assurés de ma prière quotidienne, et encore une fois : MERCI à tous, ceux que j’ai nommés et tous ceux que je n’ai pas nommés mais qui restent dans mon cœur comme des icônes vivantes de l’action du Christ au plus profond de l’humanité.

+ Père Alain

Notes

[1Ce qui ne m’a pas empêché d’enseigner le français, la physique, les mathématiques, la musique, le sport et j’en passe et des meilleures

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