[ 29e dimanche du Temps Ordinaire de l'année B
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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          29e dimanche du Temps Ordinaire de l’année B

29e dimanche du Temps Ordinaire de l’année B

Parce qu’il a connu la souffrance, le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes, il se chargera de leurs péchés. 

(Isaïe 53,10-11)

Nous attendons notre vie du Seigneur : il est pour nous un appui, un bouclier. 
(Psaume 33(32),4-5.18-19.20.22)

En toutes choses, [Jésus, le Fils de Dieu] a connu l’épreuve comme nous, et il n’a pas péché.

 (Hébreux 4,14-16)

Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur. 
Celui qui veut être le premier sera l’esclave de tous : 
car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. (Marc 10,35-45)



1. La souffrance du « Serviteur »

Qui est donc ce Serviteur que Dieu se plaît à « broyer » ? Ce verset est difficile à entendre, d’autant que le texte hébreu est encore plus violent : ce Serviteur, Dieu a « désiré le briser, le mettre en souffrance »… Pourquoi ? Afin de « justifier les multitudes en prenant sur lui leurs fautes ».

Prendre sur soi la faute d’un autre ?... Qu’est-ce que cela peut vouloir signifier ?
La faute est le mal qui jaillit d’un cœur qui a mal.
Le mal intérieur, pécheur, est ce “bouchon” incrusté sur le volcan d’amour qui brûle en tout homme. L’amour en nous ne demande qu’à jaillir, mais ce “bouchon” l’en empêche, de telle sorte qu’il ne reste plus à ce cœur que la révolte, le cri, le meurtre même parfois, pour tenter d’extirper ce qui brûle au plus profond de lui-même.

Ce qui nous fait mal n’est pas en nous la méchanceté. Ce qui nous fait mal, c’est l’amour que nous n’arrivons pas à exprimer. Il faut alors trouver celui qui sera capable de recevoir cette violence, cette hargne ; qui sera capable de se laisser tuer, crucifier par nous ( !)… pour recueillir en réalité le véritable cri intérieur, lui ouvrir une porte inespérée : le cri en nous de l’amour.

Et voilà le Serviteur… La sentence est terrible ! Qui voudrait être ce Serviteur de Dieu ?!? Qui aura le courage de se laisser haïr et tuer pour que le “bouchon” du péché saute et que surgisse du cœur de l’homme, comme la lave d’un volcan, son trop plein d’amour ? Aucun homme assurément. Alors, lorsque surgit du ciel la question : « Qui enverrai-je ? » (cf. Is 6,8), c’est du ciel que jaillit la réponse : « Me voici, envoie-moi ! » (cf. He 10,8). Le Serviteur sera Dieu Lui-même !

* *
2. Le Serviteur verra…

Il verra quoi ?

Lorsqu’un homme « voit », le péché provoque en lui la tentation du pouvoir. Celui qui a le pouvoir croit détenir le bouclier qui le protègera de sa douleur. Or il n’en est rien. C’est la tentation des disciples de Jésus : « Accorde-nous de siéger l’un à ta droite, l’autre à ta gauche, dans ta gloire. »

Avant de voir, il faut donc mourir au péché.
Mais nous ne le pouvons que si le Christ se présente devant nous comme le Serviteur : « Dans son corps, il a porté nos péchés sur le bois de la croix, afin que nous puissions mourir à nos péchés et vivre dans la justice : c’est par ses blessures que vous avez été guéris. » (1P 2,24). Saint Pierre répond à Isaïe qui prophétisait : « Parce qu’il a connu la souffrance, le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes, il se chargera de leurs péchés. »

Dieu seul voit. C’est déjà l’expérience qu’a faite Abraham lorsque Dieu lui a demandé de sacrifier son fils Isaac (cf. Gn 22). « Abraham eut foi en Dieu, et de ce fait, Dieu estima qu’il était juste. » (Ga 3,6) Abraham ne voyait pas ; Dieu seul voyait.
Mais Abraham a mis sa confiance totale en Dieu : il a accepté de mourir à son péché ; il a accepté de renoncer à l’Alliance que Dieu avait conclue avec lui. Il a refusé que cette Alliance soit en lui la source d’un pouvoir et qui aurait fait de lui un roi, non un père. Il a tout remis dans les mains de Dieu et, ce faisant, Isaac lui a été rendu : Abraham, transformé par l’épreuve, a reçu de Dieu de devenir véritablement le père d’une multitude.

Dieu seul voit. Et le Christ a accepté de ne pas voir… « Lui qui est vraiment Dieu, il s’est anéanti pour donner au monde la paix par le sang de sa croix », dit la préface de la liturgie eucharistique. Il accepte de ne pas voir pour s’en remettre intégralement à Celui qui voit. Le Christ accepte de revêtir l’aveuglement de notre péché ; de revêtir notre faiblesse ; de mourir, plutôt que de répondre à la tentation de Satan qui lui propose d’exercer le pouvoir à la manière des pécheurs.

* *
3. « Donne-nous de siéger auprès de toi dans ta Gloire »

Dès lors, parce qu’il a accompli ce qu’Abraham avait lui-même inauguré, mais sans pouvoir le porter à sa perfection, Dieu l’a relevé ; il l’a ressuscité. C’est ce que nous célébrons chaque dimanche.
Dieu a fait entrer le Christ dans la pleine vision de la Gloire, et nous avons l’assurance qu’Il n’exerce pas sur nous un “pouvoir”, mais qu’Il devient pour nous la Lumière qui nous permet de voir, de reconnaître le Père éternel. Le Christ nous permet de devenir des fils adoptifs, et de siéger avec Lui dans la Gloire.

Dès lors, la prière des disciples est accomplie. Mais au travers de la Passion et de la Résurrection.
« Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations païennes commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir. 
Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur. 
Celui qui veut être le premier sera l’esclave de tous : 
car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

Le baptême nous plonge dans la mort du Christ pour renaître avec Lui ; il nous plonge dans la mort au péché, au pouvoir, pour que l’amour déposé en nous comme un volcan jaillisse en un flot de louange, de joie et de paix.

C’est cela que chantait le psaume : « Nous attendons notre vie du Seigneur : il est pour nous un appui, un bouclier. »

Que le refrain que nous avons chanté nous accompagne tout au long de cette semaine :
«  Vous serez vraiment grands dans la mesure où vous êtes petits ; Vous serez alors grands dans l’amour.  »

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