[ 33e dimanche du Temps Ordinaire B (2e partie)
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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          33e dimanche du Temps Ordinaire B (2e partie)

33e dimanche du Temps Ordinaire B (2e partie)

... Suite de l’homélie.

- Première partie



« On verra le Fils de l’homme venir sur les nuées
avec grande puissance et grande gloire. »

Marc nous parle donc du Retour dans la Gloire du Fils de l’homme ...

Cette image ne nous parle guère aujourd’hui, mais à l’époque du Christ, elle était tout à fait claire

– – – –
Depuis 2 ou 3 siècles, en Égypte, en Grèce, en Mésopotamie, la littérature de divination faisait fortune. La question essentielle qu’on y posait était celle-ci : "Qui, du Bien et du Mal, aura le dernier mot ?".

Dans le Moyen-Orient, ces récits étaient illustrés par des descriptions de bouleversements cosmiques, de combats entre les êtres célestes, etc.
Imagerie qu’on retrouve aujourd’hui dans de nombreux films et dans tous les jeux virtuels. On peut dire que, quelle que soit la réponse qu’on lui donne, cette question reste LA question humaine par excellence.

Dès lors, les juifs, puis les chrétiens, ont eux-même adopté ce style, mais avec une lecture propre. Avec eux est né un nouveau genre littéraire qu’on nomme Apocalypse, c’est-à-dire Dévoilement.
- L’Apocalypse n’est pas d’abord un récit de destruction, comme on le pense souvent par ignorance.
- C’est au contraire un récit qui lève le voile de l’espérance lorsque tout semble s’effondrer autour de soi. Et c’est alors tout autre chose...

– – – –

Assez obscur pour nous, le style apocalyptique était, au temps de Jésus, transparent. Le langage était codé, et on le savait : derrière le Soleil, on reconnaissait DIEU ; derrière les étoiles, on reconnaissait les puissances célestes ; quand il s’agissait des ténèbres, on savait qu’il fallait scruter pour voir surgir la lumière ; etc.

Ainsi, les bouleversements décrits n’effrayaient que ceux qui n’étaient pas initiés à l’amour ; mais pour un baptisé, ces même événements étaient le signe avant-coureur de la venue attendue du Christ.

Une manière de comprendre ce "retour" fut de le proclamer chaque dimanche au cours de l’Eucharistie : le Christ vient pour se livrer à nous en nourriture chaque fois que nous faisons mémoire de Lui à l’autel. Cette venue est encore voilée, mais elle nous fait réellement expérimenter la transformation radicale qui se produira en nous au Dernier Jour.

Chaque Eucharistie est célébrée pour nous faire entrer dans l’Apocalypse : un bouleversement, une lutte dont ceux qui écoutent la Parole de DIEU connaissent sortent vainqueurs.
À chaque fois surgit un mouvement d’allégresse pour la victoire de DIEU sur le mal qui subsiste en nous.

* *

Comment DIEU est-il victorieux ?
Non pas comme un "Superman", mais en ne laissant aucune prise au mal. Jésus, le Fils de l’Homme ne répond jamais au mal avec les mêmes armes : il se laisse abattre, humilier ; comme s’Il attirait sur Lui toutes les puissances maléfiques, en les "absorbant", ne les laissant plus jamais, en quelque sorte, “rebondir” sur les hommes.
C’est ce Juste qui, abattu à mort, a été réveillé du sommeil de la mort par le Père, qui ne pouvait laisser son Juste « voir la corruption ».

Toute la vie du Christ, de son Incarnation à sa Passion, est marquée par son humilité et sa liberté vis-à-vis du mal. C’est ainsi qu’il a pu faire de sa vie un véritable sacrifice, une unique offrande par laquelle tous les hommes sont sauvés. À condition d’entrer dans cette lutte déstabilisante et de laisser le Seigneur repousser en nous les assauts du mal (cf. « Ne nous soumets pas à la tentation »), mettre à jour ce qui doit être dévoilé.

Venir communier, c’est avoir conscience que nous avons besoin que cette victoire du Christ ressuscité s’inscrive toujours plus profondément dans notre cœur. par sa résurrection, le Christ Jésus est déjà vainqueur de toutes les luttes qui se déroulent en nous !

C’est alors que le Christ nous redit : « Courage, j’ai vaincu le monde ! » (Jn 16,33). Chaque Eucharistie nous invite au repas de fête céleste qui célèbre cette victoire : HEUREUX LES INVITÉS AU FESTIN DES NOCES DE L’AGNEAU ! (Ap 19,7-9).

* *

Comment dès lors ne pas porter sur nos visages le signe de cette espérance dans le monde ? Comment ne pas désirer ardemment une victoire définitive manifestée aussi sur terre ?
C’est ce que signifie l’attente du Retour Glorieux de Jésus que nous proclamons dans l’anamnèse : Nous attendons ta venue dans la Gloire !

Évidemment, si nous pensons que ce Retour ne sera qu’une catastrophe, nous serons peu enclins à le désirer...
Mais si ce Retour est la signature définitive de toutes les souffrances qui engluent le bonheur de la Création, nous serions gravement fautifs de ne pas le hâter par notre prière insistante !

Ce sera notre exercice de cette semaine : dévoiler sur nos visages l’espérance que fait fleurir en nous la participation à la victoire du Christ sur le mal.
C’est ainsi que nous hâterons le retour glorieux et définitif de DIEU, pour l’allégresse de toute la Création qui attend le dévoilement des Fils de DIEU (Rm 8,19).

Sainte semaine à tous !

Père Alain.


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