[ Aimer DIEU, ou passer de l'esclavage à la liberté
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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Aimer DIEU, ou passer de l’esclavage à la liberté

•Livre de l’Exode 22,20-26
« Vous étiez vous-mêmes
des immigrés en Égypte. »

• Psaume 18(17),2-3.4.20.47.51ab
« Le Seigneur m’a dégagé, mis au large,
il m’a libéré, car il m’aime. »

• Lettre de saint Paul Apôtre
aux Thessaloniciens 1,5c-10
« Quand les gens parlent de nous, ils disent comment vous vous êtes convertis à Dieu en vous détournant des idoles »

• Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 22,34-40
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur […] et tu aimeras ton prochain comme toi-même »

- lire l’intégralité des textes de ce jour



Vous étiez vous-mêmes
des immigrés en Égypte


L’Égypte est, pour l’histoire d’Israël, le synonyme d’une terre d’esclavage, à l’opposé de la Terre Sainte, la Terre mise à part par DIEU pour son peuple, une terre de liberté. Entre ces deux terres, toute la trajectoire biblique, toute la trajectoire de la foi, la trajectoire de la VIE : passer de l’esclavage à la liberté.

Lorsqu’en effet DIEU crée, c’est en amenant le tohu-bohu initial à la lumière ; en permettant aux choses du monde d’apparaître en devenant distinctes les unes des autres, en étant “séparées”, “mises à part” les unes des autres afin de mettre à jour l’identité propre, la valeur propre de chaque chose. Mettre à part, faire venir à la lumière chaque chose pour elle-même, tel est le chemin par lequel DIEU crée le monde, et c’est ce que nous traduisons pas sanctifier. Lorsque DIEU crée, Il sanctifie.

“Créer le monde” ne signifie donc pas seulement faire apparaître un univers. — La chose est déjà en soi étonnante, et devrait nous émerveiller chaque jour —. Créer le monde, c’est amener des ténèbres à la Lumière. Non point la lumière solaire, mais la Lumière des lumières, celle du Premier Jour [1] ; celle en laquelle s’enracine toute la création, et qui n’est autre que le rayonnement de la Liberté dont le sommet est l’amour. L’amour, ultimement, est le lieu d’une sanctification totale parce qu’il est le lieu d’une Création totale. L’amour seul, en effet, donne à l’autre de se saisir en son unicité, en son identité essentielle de Fils du Créateur.

Le Fils, dans l’Antiquité, est le contraire de l’esclave. L’esclave n’a rien ; il ne vient de nulle part et n’a pas d’héritage. Le Fils, lui, est l’héritier. Et c’est ainsi que toute l’œuvre de Moïse fut de donner au peuple hébreux un héritage : il leur a révélé la Lumière de DIEU, il a fait d’eux des Fils. C’est cela, et cela seul, que le peuple de DIEU est en demeure de ne jamais oublier. C’est le sens de la Pâque juive, lors du Seder [2].

Le Fils est celui qui sait célébrer le mémorial de sa liberté. Non pas celui qui vocifère : “Je suis libre, donc je suis mon propre maître !”, mais celui qui fait mémoire du DON de sa liberté par DIEU qui lui donne la Vie, le met à part, le sanctifie. Affirmer : “Vous êtes saints” ne signifie pas que l’on soit parfait. Cela signifie que l’on se sait Fils du Très Haut ; que nous savons d’où nous venons : nous étions esclave du péché, et DIEU nous en a libérés.

Cela, nous ne devons jamais l’oublier, et c’est pourquoi l’Eucharistie est pour nous tellement essentielle. C’est ce que chante le Psaume et que reprendront tous les saints qui façonnèrent les heures les plus lumineuses l’histoire de l’Église.

Quand les gens parlent de nous,
ils disent comment vous vous êtes convertis à Dieu
en vous détournant des idoles

Le peuple juif fut le premier à emprunter cette trajectoire de libération. Là se tient sa mission à la face de toutes les nations : un jour, un peuple a accueilli l’élection de DIEU et a abandonné les idoles de l’Égypte pour suivre le DIEU de Moïse ; le DIEU des pères Abraham, Isaac et Jacob.

Mais voilà : ce n’est pas pour lui seul que cette mise à part, cette sanctification, cette libération lui a été octroyée. C’est pour qu’à son tour, le peuple de DIEU appelle les nations sur ce même chemin de libération. Telle est la vocation du peuple juif : de porter et de garder la mémoire de l’événement par lequel la libération de tous les hommes a été révélée. Le chrétien ne peut pas faire l’impasse sur le peuple juif, qui n’est en rien “déicide”, mais au contraire révélateur de DIEU dans la conscience humaine. Nous sommes greffés sur le peuple juif qui, le premier, s’est converti.

Reste qu’un peuple, fut-il saint, ne peut pas opérer par lui-même la libération des nations. Il peut témoigner de la sainteté, il ne peut l’imposer. De même, donc, qu’il a eu besoin de Moïse pour prendre ce chemin, les nations ont besoin de Jésus pour abandonner leurs idoles. Les nations n’ont certes pas connu l’esclavage d’Égypte, mais elles connaissent l’esclavage du mal. C’est cet esclavage qu’on nomme “péché” et que leur révèle la Loi de Moïse. “Guérir” de ce péché consiste à prendre le chemin de la libération.

Ce que Moïse a permis, c’est la libération “politique” de ce peuple. C’est un premier pas qu’encore une fois, nul ne saurait oublier sans oublier le chemin de toute libération. Ce que permet Jésus, c’est la plénitude de cette libération, non plus seulement pour le peuple juif, mais pour toutes les nations qui se convertissent, abandonnent le chemin du mal pour suivre le Christ. Non plus comme un guide extérieur, tout proche de DIEU qu’il soit, mais comme un guide intérieur, c’est-à-dire qui est venu sur le chemin du mal en nous pour nous en détourner ; qui est venu sur ce chemin sur lequel nous étions exsangues, et qui a lutté Lui-même contre notre mal et nous a relevés pour marcher à nos côtés et nous redire notre dignité de Fils libres. Et pour aller jusque là, même nos frères juifs ont besoin du Christ Jésus...

Cela nous fait passer de la survie à la Vie, la vraie Vie, celle de DIEU, comme des Fils, en tenant la main de celui qui marche auprès de nous sur le chemin de la conversion.

Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur […]
et tu aimeras ton prochain comme toi-même

Alors :
- Tu aimeras le Seigneur ton DIEU de tout ton cœur ? Oui : en faisant mémoire de la libération qu’il a opéré en toi ; de la sanctification qu’Il a opérée en toi en te mettant à part, en te révélant ton identité de Fils et en te libérant de l’esclavage du péché.
- Tu aimeras ton prochain comme toi-même ? Oui : en témoignant de ce qui te fait vivre pour offrir à ton prochain, c’est-à-dire n’importe quel homme ou femme qui se présente à toi, de pouvoir à son tour se convertir et être libéré de son péché.

Vous voyez qu’on est loin d’une idéologie ! Que de témoigner de sa foi ne consiste pas à convaincre de rejoindre le “club des bons” ! Nous ne prêchons pas l’adhésion à un gourou que nous enrichirions ! On parle des richesses du Vatican... mais quand on sait que son budget est inférieur à celui d’une ville comme Angers, cet argument n’est plus qu’un prétexte !

Cette semaine, méditons sur la libération dont nous sommes l’objet, et regardons nos frères et sœurs dans le monde avec les yeux du Christ : eux aussi ont droit à connaître le chemin de la Liberté. Une liberté qui n’est pas une valeur démocratique, mais la condition pour que l’homme cesse de souffrir d’une vie mondaine qui le désespère et se vide à grandes eaux de son sens.

Vous n’en êtes pas convaincu ? Regardez cette vidéo qui donne une idée de l’état de désespérance de nos contemporains, en particulier des jeunes. Elle date du 20 octobre 2011, à l’occasion du lancement de la Fondation pour la Famille du CLER, en présence du ministre de la Famille :


ConfPresse5/6 - Accompagner les familles pour... par fondationdelafamille

Amener les hommes à la conversion, c’est-à-dire à retrouver le sens de ler vie, c’est cela, la Mission Universelle de l’Église. Et c’est à cela que nous participons ce dimanche à travers la générosité de notre quête qui sera entièrement reversée aux Églises pauvres par le soin du Vatican.

Avec mon affection fraternelle,

+ Père Alain


Notes

[1Cf. Gn1,3-5

[2Le Seder est le repas pascal juif au cours duquel on fait mémoire de la libération du peuple par DIEU Lui-même

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