[ Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés

Homélie du 5e dimanche de Pâques (2013)

• Livre des Actes des Apôtres 14,21b-27
« Il nous faut passer par bien des épreuves
pour entrer dans le royaume de Dieu. »

• Psaume 145(144),8-9.10-11.12-13ab
« Que tes œuvres, Seigneur, te rendent grâce
et que tes fidèles te bénissent ! »

• Livre de l’Apocalypse 21,1-5a
« J’ai vu descendre du ciel, d’auprès de Dieu,
la cité sainte, la Jérusalem nouvelle »

• Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 13,31-33a.34-35
« Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. »

- lire l’intégralité des textes de ce jour




Il nous faut passer par bien des épreuves
pour entrer dans le royaume de Dieu


Nous voici au 5e dimanche de Pâques. Nous savourons depuis plus d’un mois la résurrection du Christ dans la joie et les chants, mais sans oublier que le relèvement du Christ Jésus d’entre les morts est le fruit d’une épreuve terrible que le Christ a traversée pour nous.

Que veut dire : « passer par bien des épreuves pour entrer dans le Royaume de DIEU » ? Cela signifie nous dépasser. N’entrera dans le Royaume de DIEU que celui qui, avec le Christ, sera allé au-delà de lui-même dans cette vie. Pas de place dans le Royaume de DIEU pour les profiteurs ou les vidéo-gamers. Pas de place dans le Royaume de DIEU pour les paresseux, c’est-à-dire ceux qui n’en font qu’à leur tête et se croient au-dessus des lois qui fondent la vie en société. Pas de place dans le Royaume de DIEU pour les petits-chefs qui disent et ne font pas, qui aiment les places d’honneur dans les hémicycles parlementaires et font peser au peuple des fardeaux qu’eux-mêmes ne soulèvent pas du doigt.

Je reviens de Jérusalem, et notre périple nous a amenés à mieux comprendre ce qu’appartenir au peuple de DIEU signifie : cela signifie que là où est le désert, c’est à moi que DIEU demande de planter la vigne, et le blé, et les arbres. Il y a une différence essentielle entre simplement vivre en fonction du soleil en restant sous la tente toute la journée et se dépasser pour permettre à la nature de fructifier dans le désert, pour qu’y coulent le lait et le miel promis par DIEU. Et c’est alors que naît la fierté de faire partie du peuple de DIEU : là où il n’y a que la mort prévisible dans une nature laissée à elle-même, ou tout au plus une vie nonchalante et sans perspective, la pensée du Royaume de DIEU déploie en l’homme les ressources nécessaires pour aller au-delà de lui-même, par des épreuves qui vont lui permettre de s’émerveiller de l’énergie que DIEU a mis en l’homme pour participer à la fructification de la création (cf. Gn 1).

Or la résurrection procède du même mouvement. Elle l’accomplit même : là où la mort semblait avoir tout vaincu, la Vie, la Vie de DIEU a resurgi de plus belle. Là où les yeux des hommes ne voient que désert désormais, les yeux de DIEU voient depuis la fondation du monde la fructification éternelle et nous communique son Regard pour que nous vivions de la même espérance, de la même foi et surtout de la même charité. Car en définitive, l’épreuve dont parlent les Actes est celle de l’amour de charité.

* *
Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres


Il ne s’agit pas de sentiment ! Il s’agit de se dépasser dans l’amour. L’amour seul nous fait entrer dans la grande aventure qui nous fait nous engager au-delà de nos échéanciers, de nos planifications qui, dans le fond, ne sont jamais là que pour nous permettre de mieux maîtriser nos convenances. Je ne dis pas que cela n’est pas utile pour faire tourner l’économie, mais qui ne vit qu’au rythme de l’économie est comme le bédouin dans le désert qui passe sa journée à se protéger du soleil en attendant que les jours passent sans imaginer une seconde qu’en se dépassant, il pourrait faire surgir la Vie là où il ne fait que gérer son quotidien.

C’est d’ailleurs bien là le projet d’ Aimer & Servir . La paroisse organise des services, et c’est bien. Il le faut. Comment pourrions-nous faire sans tous ceux qui anticipent, préparent les participations de chacun, rappellent les dates de rencontres, s’occupent des comptes, participent à l’Équipe d’Animation Paroissiale, au Conseil Économique, etc.

Mais là où une communauté paroissiale se dépasse, c’est quand elle fait surgir la Vie là où la mort se profile. Et pour cela, il faut passer par l’épreuve du Don de Soi, au nom du Christ, à sa suite, dans l’Amour de Charité. Certains d’entre nous le vivent : ils vont visiter les malades, donnent du temps pour les anciens, portent la communion, et c’est là un ministère essentiel dans lequel s’engageront encore d’autres frères et sœurs dimanche prochain. Mais il faudrait — nous prendrons tout le temps qu’il faut pour que cela entre dans nos cœurs — aussi que toute la communauté paroissiale, en particulier les jeunes et les familles — envisagent le dépassement de soi pour mettre un grain de "non prévisible" dans l’amour du prochain, plus largement que le conjoint, que les enfants… De plus en plus vont se multiplier les personnes seules, et de plus en plus jeunes. On se gargarise des divorces et des séparations au nom de la liberté et de l’égalité, mais notre société génère des millions d’individus qui se retrouveront seul, avec le sentiment d’avoir été jeté après avoir été utilisé, usés jusqu’à la moelle par une société impersonnelle et bureaucrate. Et là, l’Église, ses paroisses et toutes les communautés qu’Elle engendre ont toute leur place !, qu’il faut anticiper dès aujourd’hui.

C’est pourquoi nous mettons en place le ministère d’ Aimer & Servir , qui ne fait pas nombre avec le Service Évangélique des Malades mais l’étend à toute la communauté. Vous relirez l’article du dernier Marcher Ensemble et vous essaierez de réfléchir en famille à un voisin, une voisine qui aurait besoin non pas seulement d’une visite, mais d’un accueil, d’un souci, d’une invitation… Non pas seulement à l’occasion, mais régulièrement. Non pas pour prendre en charge sa pension alimentaire ou sociale, mais simplement pour être là, l’inviter un dimanche ou deux par trimestre, passer un morceau d’après-midi avec elle. Bref, s’attacher à cette personne par la charité… non pas pour un an, ou pour deux, mais jusqu’au bout… Et là, vous sentez bien qu’il y a quelque chose de nouveau !

J’entends déjà les réflexions : "Je n’ai pas le temps", "avec tout ce qu’on a déjà à faire !", etc. Toutes considérations humaines légitimes, mais qui ne prennent pas le temps de se placer sous le regard de DIEU. Et c’est à cela que nous vous invitons jeudi prochain pendant le temps de prière qui, tous les quinze jours depuis deux ans déjà, porte devant le Seigneur toutes les intentions déposées sur les cahiers de Touches et de Givry déposés à l’entrée des églises.

Avant de dire : "je ne peux pas”, comme le Bédouin devant sa tente qui dit : "Il fait trop chaud pour travailler", venons demander ensemble à Jésus ce qu’il en pense. « Il faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le Royaume de DIEU » : oui : l’épreuve de l’amour qui est visionnaire, non pas simplement pour soi mais pour répondre à l’appel fou auquel Jésus nous demande de répondre. “Mais je n’aurai plus de temps pour moi", dira-t-on. Non, mais tu auras du temps pour l’autre, pour ton frère et ta sœur qui n’a pas l’appui d’une famille, ou qui a perdu tant d’êtres chers qu’il ou elle se retrouve seule à manger le dimanche pendant que tu fais un barbecue dans ton jardin et que tu pourrais sans difficulté partager une côtelette de plus et un verre de vin avec la personne que le Seigneur t’aura fait voir et demandé d’Aimer et de Servir. Gratuitement. Simplement parce qu’il y a ce commandement : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » .

Que le Bon DIEU me pardonne cet exemple un peu simple : chez Lui, dans son Royaume, il pourrait se faire des barbecues éternels avec les anges — quoi que les anges, eux, ils ne savent pas ce que veut dire “manger”… les pauvres Ils n’ont jamais fait de dégustation d’un bon Bourgogne de la Côte Chalonnaise ! — Seulement il a vu combien nous étions perdus, seuls et tellement vulnérables. Et il est venu nous chercher pour nous inviter aux festins des Noces de l’Agneau. Il a tout abandonné pour nous. Et il nous redit aujourd’hui : Fais descendre le Royaume de DIEU dans le monde ! Aime comme je t’ai aimé. Ne compte pas. Ne te soucie pas d’un avenir planifié, orchestré, cocooné… Peut-être que tu perdras ta vie dans ce monde, mais en fait, tu la gagneras pour l’éternité parce que tout ce que tu auras ensemencé dans ce désert, les générations qui viennent le récolteront et le boiront comme du lait et du miel que tu leur auras préparé, simplement par amour, gratuitement, en ayant obéi au commandement du Christ qui, le premier, a tout perdu pour venir te chercher et te sauver d’une mort sans gloire. Alors tu verras ce que le monde ne saura voir : descendre la Jérusalem céleste d’auprès de DIEU, belle comme une épouse parée pour son époux (cf. Ap 21-22), et tu béniras ton DIEU pour son œuvre et ses merveilles.

Avec mon amitié fraternelle,
+ Père Alain.


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