[ Arrêtez de dire : “Je ne suis pas saint” !!!
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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        Arrêtez de dire : “Je ne suis pas saint” !!!

Arrêtez de dire : “Je ne suis pas saint” !!!

Homélie pour la Toussaint (1er novembre 2012)

• Livre de l’Apocalypse 7,2-4.9-14
« Ne dévastez pas la terre, ni la mer, ni les arbres, avant que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre DIEU. »

• Psaume 24(23),1-2.3-4ab.5-6
« Qui peut se tenir dans le lieu saint ?
L’homme au cœur pur, aux mains innocentes,
qui ne livre pas son âme aux idoles. »

• Première lettre de saint Jean 3,1-3
« Tout homme qui fonde sur lui une telle espérance se rend pur comme lui-même est pur. »

• Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 7,31-37
« Heureux les cœurs purs : ils verront Dieu ! »

- lire l’intégralité des textes de ce jour





Ne dévastez pas la terre, ni la mer, ni les arbres, avant que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre DIEU


Saint Jean parle d’un sceau qui marque les serviteurs de DIEU. Quel est ce sceau ? Bien entendu le sceau du Baptême. C’est le côté “sympa” du Baptême : une fois marqué, no more souci ! Mieux qu’une compagnie d’assurance !

Soyons sérieux : le Baptême n’a qu’une fonction, faire de nous des saints. Ce qui suppose que les parents parlent de la sainteté à leurs enfants. Ce qui suppose qu’ils sont au point pour parler de sainteté entre eux.

J’ai une requête : pourrions-nous arrêter de dire en permanence : “Je ne suis pas saint” ? Et surtout de nous servir de cette affirmation pour nous dédouaner de nos comportements mauvais ?...

D’où vient cette expression ? Sans doute de ce qu’on ne retient de la vie des saints que l’extérieur sans jamais se poser la question de leur vie intérieure. On retient de saint Vincent de Paul son œuvre auprès des plus pauvres, des galériens, des prêtres... On retient de Mère Teresa son action auprès des miséreux... De Maximilien Kolbe son travail de journaliste et le don de sa vie à Auschwitz... De saint François d’Assise qu’il prêchait aux oiseaux... Une exception cependant : la Petite Thérèse dont la mère supérieure, à l’époque où on la proposera à la canonisation dira : “Mais elle n’a rien fait !”. Et oui... C’est tout l’intérêt de la Petite Thérèse : elle nous dit ce qu’est le cœur de la sainteté : d’abord vivre une véritable intimité avec le Christ, vivre dans sa lumière comme avec un ami. Dans le fond, dire : “Je ne suis pas saint”, c’est dire : “Jésus n’est pas mon ami.” Pourquoi ? Parce qu’avoir un ami, c’est avoir quelqu’un auprès de qui on peut être pur, c’est-à-dire sans mélange...

* *
Qui peut se tenir dans le lieu saint ?
L’homme au cœur pur, aux mains innocentes,
qui ne livre pas son âme aux idoles.


DIEU est notre ami, non pas parce qu’Il nous passe tout ou je ne sais trop quoi de rassurant à bon compte. DIEU est notre ami parce qu’Il nous offre au moins un lieu dans notre vie où nous pouvons être purs ; ou nous apprenons à être purs de sorte que cette pureté, reçue de cette proximité, rejaillisse sur toute notre vie, toutes nos relations, tout ce que nous entreprenons.

Être pur = être sans mélange = être dans la Lumière. C’est cela, le Baptême : aimer et fréquenter la Lumière. Le Baptême n’est pas un “état”, c’est un chemin, une école, une motivation, un désir, un entraînement, un combat, une épreuve et donc une joie, un bonheur offert à tous ceux qui acceptent de jouer le jeu. Un baptisé qui reste coincé volontairement devant ses écrans de télévision, d’ordinateur ou de console est un traître (n’ayons pas peur des mot !). C’est dire à son ami : je ne peux pas venir te voir, j’ai un jeu à terminer. C’est exactement ce que nos jeunes générations vivent lorsqu’à table, ils ne peuvent pas s’empêcher de pianoter sur leur téléphone portable ! Le téléphone portable avant 18 ans, c’est l’idole à qui on a livré son âme, parce que toute notre espérance se focalise sur un petit écran : la preuve ? Les parents eux-mêmes disent : ça nous rassure... À se demander comment mon père et ma mère ont pu m’élever sans téléphone portable... Dans le fond, peut-être que depuis 10 000 ans que l’homo sapiens sapiens existe, il n’attendait que l’avènement du téléphone portable ! Misère de misère !!!!!

* *
Tout homme qui fonde sur lui
une telle espérance
se rend pur comme lui-même est pur


C’est en Christ que le Saint fonde son espérance, et non sur le téléphone portable. Parce que Christ est notre ami, et qu’avec cet ami, je peut goûter la joie d’être dans la Lumière. Et la Lumière seule nous permet d’être pur, sans mélange, et d’en être heureux !

* *
Heureux les cœurs purs :
ils verront Dieu !


Où trouver un lieu où être pur ? DANS LA CONFESSION. Et c’est ce que ne racontent pas, ou pas assez, les hagiographies. Où les saints tirent-ils cette force d’âme qui les fait agir auprès de leurs frères et sœurs ? Dans la confession. Un saint n’est pas celui qui fait des grandes choses, mais celui qui aime la Lumière de la confession, parce que là, et là d’abord, il est pur : son péché est brûlé au feu de la Lumière de l’Amour ; il se sait aimé par Celui qui a donné sa Vie pour lui sur la Croix. Non seulement il le sait, mais il y croit. Non pas d’un savoir intellectuel, mais pratique.

Que se passe-t-il pour le baptisé qui ne se confesse pas régulièrement ? Régulièrement, c’est-à-dire tous les mois. Que se passe-t-il chez le baptisé qui ne se confesse pas régulièrement ? Je vous le fais en très rapide : Peu à peu, il en vient à se dire que, dans le fond, ses péchés ne sont pas si graves, que le bien qu’il fait “contrebalance” suffisamment les peccadilles qu’il s’octroie pour se faire du bien. Qu’en toute justice, il devrait pouvoir s’en tirer. Et BING ! Ça y est, il est piégé !

Où est le piège ? "En toute justice". Méfiez-vous, frères et sœurs, de la justice à laquelle vous voulez faire appel, parce que la justice est sans miséricorde ! Ce n’est pas son rôle ! On ne demande pas à un juge de faire miséricorde, mais de juger. Un meurtrier pourra bien être un bon père de famille, le juge ne fera sûrement pas peser ça dans la balance ! Et ce sera la même chose pour nous. Car voici ce dont il est question :

Lorsque je fais le mal, en général, je trouve que ce n’est pas grave parce que n’est pas moi qui ai mal. Je lance des pics, je magouille, je manipule... tout ça en me disant que ce n’est pas grave. Sauf que le mal, d’une part, s’amplifie toujours de sorte qu’on est toujours effaré quand, par hasard, on apprend les conséquences désastreuses d’une critique qu’on a lancée “comme ça”, ou d’un système qu’on a créé qui s’avère humainement désastreux... Pas le temps ici de développer. En même temps, je suis généreux, je suis ému devant un reportage sur l’extermination des éléphants, je m’offusque devant telle ou telle décision politique... Donc je me dis qu’en termes de justice ultime, le bon DIEU saura faire pencher la balance du bon côté.

Sauf, encore une fois, que la justice est la justice, qu’elle vienne de DIEU ou pas. Et que ce qui est juste, en définitive, c’est que le mal que j’ai commis, je l’assume ! Et ce mal, il va me revenir en pleine figure, et je ne pourrai me plaindre à personne. Et ça, mes frères, c’est l’Enfer. L’Enfer, ce n’est pas le toto qui viendra me piquer les fesses ; c’est le mal que j’aurai moi-même généré qui m’explosera à la figure en toute justice ! Sans aucun moyen de faire appel, puisque précisément : c’est JUSTE !

Alors comment faire ? Être purs, c’est-à-dire vivre dans la Lumière du Christ qui, précisément, est mort sur la Croix en prenant sur Lui ce mal que nous avons commis pour que celui-ci ne nous explose pas dans les mains au dernier moment. Or où est-on pur ? En face de l’ami : l’ami est celui devant qui je peux être moi-même, avec mes richesses et mes vulnérabilités, et aimé tel quel. L’ami, c’est celui qui me connaît mieux que moi-même, qui aura mal quand j’aurai mal ; qui déploiera toute son énergie pour que je ne souffre plus, jusqu’à prendre sur lui mon mal s’il le peut, uniquement parce qu’il/elle m’aime… Dès lors, l’ami est celui qui m’offre un espace où je peux être sans mélange, totalement moi-même. Et ce faisant, il me sauve.

La confession n’est pas autre chose que la rencontre de l’Ami par excellence, où je peux être sans mélange, où je peux exposer ma faute, mon péché, sans faux semblant, sans me justifier. Elle est Le Lieu par excellence où je suis SAINT car là, je peux VOIR DIEU !!! Et c’est là que se vérifie la parole du Christ : Celui qui a foi en moi échappe au jugement  :

Jn 3
16 Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle.
17 Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.
18 Celui qui croit en lui échappe au Jugement, celui qui ne veut pas croire est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.
19 Et le Jugement, le voici : quand la lumière est venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs oeuvres étaient mauvaises.
20 En effet, tout homme qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses oeuvres ne lui soient reprochées ;
21 mais celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses oeuvres soient reconnues comme des oeuvres de Dieu. »


Seul le Christ nous fait échapper à la Justice froide et sans miséricorde à laquelle nous pensons naïvement pouvoir nous raccrocher ! Pauvre fous que nous sommes ! Comment les saints que nous connaissons, canonisés ou non, ont-ils pu être les témoins qu’ils sont devenus ? Parce qu’ils étaient meilleurs que nous ? Allons donc ! Parce qu’ils étaient parfaits ? Quelle foutaise ! Parce qu’ils SE CONFESSAIENT, en toute humilité, aussi souvent qu’ils le pouvaient, et pas seulement à Pâques ou tous les 36 du mois.

En cette Année de la foi, il ne saurait être question de faire simplement des petites réflexions intellectuelles entre nous, ou de relire simplement les doctrines de la foi. Il faut faire une effort pour VIVRE CETTE FOI, qui est la foi en Celui qui nous SAUVE de la justice absolue qui nous condamnera sans miséricorde. Pour cela, cessons de dire que “nous ne sommes pas des saints", mais au contraire : proclamons que c’est là NOTRE SEUL DÉSIR ! Désirons de toutes nos forceS rejoindre cette multitude qui se présente devant l’Agneau en chantant sa joie d’avoir pu vivre pleinement leur vie dans la Lumière. Et si vous avez peur de vous confesser à votre curé ou à son vicaire, allez vous confesser tous les mois chez les frères de Saint Jean, à Rimont, à 10 mn de la paroisse. Faites comme vous voulez, mais RETROUVEZ LE GOÛT DE LA CONFESSION RÉGULIÈRE, et SOYEZ SAINTS COMME LE SEIGNEUR EST SAINT. Sans quoi notre fête d’aujourd’hui est inutile : elle ne fait que célébrer des moribonds dont la vie aura été sans fruit, puisque nous serons passés à côté d’eux sans recevoir ce qu’ils portaient en eux d’essentiel.

En cette Année de la Foi, SOYONS DES SAINTS ! Et faisons l’expérience qu’il est possible de VOIR DIEU, tous les mois, de sorte que cette vision se répercute sur toute notre vie qui devient un témoignage vivant de la présence de DIEU dans ce monde. Alors seulement cette année fera de nous des témoins crédibles, et des évangélisateurs que l’Église attend dans la force que notre Baptême nous procure.

Avec toute mon affection fraternelle,
+ Père Alain


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