[ Au cœur de la Favela, le projet de rénovation...
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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Au cœur de la Favela, le projet de rénovation...

Cette année encore, nous poursuivons notre campagne de Carême en faveur de la paroisse des Alagados, au Brésil.

Au cœur de la Favela, le projet de rénovation de l’église se poursuit. Tout le monde est mis à contribution, à commencer par les paroissiens eux-mêmes.

En même temps, l’évangélisation se poursuit. Toujours dans la Favela, une école de formation pour de jeunes latino-américains vient de se monter pour former des "apôtres de la périphérie", comme les appelle le pape François.

Quelques nouvelles du curé de la paroisse : le père Étienne Kern.



Une journée à la paroisse des Alagados :


* * *
La conclusion du ‘piso’ (carrelage) de l’église



Connaître les mentalités facilite les choses. Ainsi, il existe un moyen assez simple pour que les travaux aboutissent sans trop de retard : fixer une échéance imprescriptible tout en étant assez accessible pour être respectée. C’est le défi que nous avions fixé pour notre ‘piso’ (sol) de l’église que nous voulions être terminé pour Noël. Comprenant bien qu’il était impossible de laisser l’église fermée pour les fêtes de fin d’année, tout le monde s’est efforcé pour qu’elle soit prête. Et nous avons réussi. Le dimanche 22 décembre, nous avons inauguré notre église toute rutilante, à la grande joie des paroissiens. Je vous passe les détails des 1001 problèmes qui ont surgi. L’important est que les anciennes plaques de béton armé aient fait place à un beau granit Blanc Dallas et Rouge Brasilia (pour l’allée centrale). Dans le quartier où la laideur domine, la beauté du lieu de culte est inestimable pour les gens simples. Et rien n’est trop beau pour le Seigneur.

Nous avons profité de ces travaux pour poncer le bois du chœur et de l’autel, jusqu’alors recouverts d’un affreux vernis. Est alors apparue la beauté originelle du bois Massaramduba de grande qualité, utilisé lors de la construction en 1980. Ainsi, brique, bois et granit s’harmonisent parfaitement.
Enfin, les murs ont été ornés de dix bannières aux effigies des saints qui ont marqué la paroisse, notamment nos trois bienheureux (Jean-Paul II, Mère Térésa et Sr. Dulce) mais aussi les française Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et Sainte Bernadette.
La deuxième grande victoire est que l’intégralité des coûts a été assumée par la paroisse, sans qu’il ait été besoin de recourir à des aides extérieures. Véritable exploit pour un budget global de 40.000 reais, soit près de 60 salaires minimum. Comme il est beau de voir les gens se motiver pour recueillir les fonds nécessaires par des donations personnelles (chacun étant invité à offrir un mètre carré et recevant en remerciement un petit carré de granit), les tombolas, les ventes du CD Cantai comigo ao Senhor. Le solde positif de l’année 2013 a permis de boucler le budget de cet ouvrage.

* * *
La pastoral de la dîme


Puisque nous parlons d’argent, outre vos dons qui assurent l’équilibre financier de la mission, notre paroisse peut s’appuyer sur la dîme, ou denier de l’Eglise (Révolution Française oblige, le terme dîme ne sonne plus très bien en France). La ‘pastorale de la dîme’ est en place depuis 10 ans. A chaque eucharistie, une permanence est assurée pour que chaque paroissien fasse son offrande mensuelle, guidé par le carnet qui lui est remis et qui permet de suivre de manière rigoureuse la circulation de l’argent.


Au mois de septembre, 3 jours de spiritualité redonnent tout le sens de cet engagement chrétien. Au cours de la soirée de témoignage, j’étais très touché d’entendre combien les personnes sont fières de contribuer à la vie matérielle de l’Eglise. A chaque fois, je ne puis m’empêcher de penser à ce qu’écrivait Père Joseph Wresinski, fondateur d’ATD Quart-Monde. Issu d’un milieu très pauvre, il raconte : "Dans mon enfance, j’ai connu un homme qui honorait ma mère. C’était le curé. Il venait chez nous pour le denier du culte. Il recevait avec grandeur les cinquante centimes que ma mère avait mis de côté. Il s’asseyait sur la table où les enfants enchâssaient le papier cigarette Zig-Zag. Nous lui en offrions un petit paquet en trichant sur les feuilles pour les autres, et il nous en remerciait avec gravité. A ma mère, il demandait des services, de faire un geste à l’égard de nos voisins non-croyants à l’étage au-dessus. Il l’honorait, il vivait avec nous l’honneur du partage, la possibilité de partager l’honneur et la confiance."

Voici la prière des dizimistes au Brésil :

« Reçois, Seigneur, ma dîme. Ce n’est pas une aumône, car tu n’es pas un mendiant. Ce n’est pas une simple contribution, car tu n’as pas besoin d’elle. Elle représente, Seigneur, notre reconnaissance, notre amour et notre participation à la vie de la communauté, car tout ce que nous avons, nous le recevons de toi. Amen. » Dernière précision : ici, on ne dit pas ‘payer’ la dîme, mais ‘rendre’ la dîme.


Le rapport des chrétiens brésiliens à l’argent étant plus décomplexé que chez les Français, nous pouvons parler plus simplement et directement de cet aspect de la réalité. Je leur ai dit que pour être financièrement autonome, il faudrait que la dîme atteigne 10.000 reais par mois et que nous allions y arriver par palier, avec un objectif pour
2013 de 7.000 reais. Et nous y sommes arrivés ! Pour
 2014, l’objectif est déjà fixé à 8.500 reais. Fixer des
tels objectifs – clairs, concrets tout en étant accessibles
- est quelque chose de très apprécié par les gens ici.

* * *
L’école Saint François Xavier et le Centre Emmanuel


À Paray, j’ai présenté notre nouveau projet, de l’école Saint François-Xavier. Ce saint missionnaire jésuite du XVI° siècle est le patron de la ville de Salvador. Lors des JMJ de Rio en juillet 2013, le pape François a exhorté l’Eglise et la jeunesse a investir dans la formation et à renouvelle son zèle missionnaire. Peu à peu, le P. Xavier Bizard et la Communauté de l’Emmanuel locale ont mûri cette proposition originale d’une école de formation, mission et compassion au coeur de paroisse des Alagados, ouverte à des jeunes du Brésil et d’Amérique Latine qui y viendraient pour 6 mois. L’originalité de ce projet est son enracinement paroissial, la place que va occuper la compassion, puisque les jeunes vont vivre dans notre favela et les bas coûts de fonctionnement qui en font un modèle plus facilement ‘exportable’ que les écoles de mission déjà existantes à Paray, Rome, Altötting et Manille.

Le 20 février l’aventure a commencé avec 10 jeunes de 5 nationalités : 3 du Pérou, 1 du Nicaragua, 3 de Colombie (dont un couple avec deux enfants de 4 et 2 ans), 2 du Brésil, 1 du Portugal. La mission s’internationalise ! La langue est le portugais. L’équipe est formée des membres de la Communauté de l’Emmanuel à Salvador, le responsable étant Anton Istuk, volontaire Fidesco, séminariste de la Communauté de l’Emmanuel, originaire de Munich. Le chapelain est le P. Xavier Bizard. En plus des cours du matin, les jeunes aideront aux œuvres sociales de la paroisse auprès des personnes malades, des enfants de la rue et des jeunes femmes enceintes ou seules. Plusieurs missions jalonneront ces six mois d’école : dans les collèges et lycées, dans des paroisses de la périphéries de Salvador, mais aussi dans la campagne bahianaise.

Le défi est énorme, nous plongeons dans l’inconnu et ce projet n’échappera pas à la précarité qui caractérise nos oeuvres ici. Cette première promotion va connaître les joies et surprises d’une année de fondation. Mais, l’expérience vaut la peine d’être tentée. La question délicate est celle du logement. Pour Oscar et Dimelza Bernal, couple de colombiens, une paroissienne a gentiment accepté de mettre à disposition un appartement à un loyer défiant toute concurrence. Quant aux quatre filles, elles logeront chez les volontaires Fidesco, Lucile et Jessica. Pour les garçons, nous avons profité de l’occasion pour réaliser, enfin, les travaux d’agrandissement de
l’appartement
l’immeuble paroissial,
travaux financés grâce aux bénéfices des JMJ 2013. La mission aide la mission. L’espace inutilisé du deuxième étage a permis de construire deux chambres supplémentaires et un salon. Ç’est un peu serré, mais tout le monde a son lit !

Parions que la collaboration entre la paroisse des Alagados et ce projet de la communauté de l’Emmanuel sera gagnant-gagnant : tandis que la paroisse offrira son implantation dans le quartier et ses ressources en locaux, l’école Saint François Xavier proposera une formation ouverte aux paroissiens, son aide dans les projets sociaux et contribuera au dynamisme missionnaire de tous.


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