[ Ce jour-là sera pour vous un mémorial
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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        Ce jour-là sera pour vous un mémorial

Ce jour-là sera pour vous un mémorial

Homélie pour le Jeudi Saint (5 avril 2012)

• Livre de l’Exode 12,1-8.11-14
« Ce jour-là sera pour vous un mémorial. »

• Psaume 116(115),12-13.15-16ac.17-18
« Comment rendrai-je au Seigneur
tout le bien qu’il m’a fait ? »

• Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 11,23-26
« Chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez à cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne. »

• Évangile de Jésus-Christ
selon saint Jean 13,1-15
« Vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. »

- lire l’intégralité des textes de ce jour



Ce jour-là sera pour vous un mémorial.

Cette phrase est essentielle pour comprendre le cœur de la foi judéo-chrétienne : elle est fondée sur un rythme mémorial.

La chose est très difficile à comprendre aujourd’hui. Nous ne voyons plus à quoi sert un mémorial : seul nous intéresse l’avenir, nous sommes tout tendus vers “demain” qu’il faut anticiper, prévoir, préparer... et nous tournons le dos à hier : le passé est, par définition, dépassé, obsolète, ringard. Nous avons dès lors créé une nouvelle religion, impérialiste : la religion du Progrès. Son commandement ? Ne jamais s’arrêter — sauf devant les écrans pour recharger le désir de consommer —, courir, être sous pression pour avoir l’impression de vivre, d’être quelque chose qui ne sera pas jeté trop vite à la poubelle. “Stress” est l’invocation fétiche de cette nouvelle religion, toute faite de prospectives, de calculs statistiques, de défis de plus en plus fous, de plus en plus risqués... Les Grands Prêtres de cette religion sont ceux qui ont pris le plus de risque, au bon moment, et ont gagné le droit de régner à l’intime de chaque existence grâce à la vertu de ”l’Écran“ ; cet “Écran” qui est passé de notre bureau à notre poche, et ne nous quitte plus désormais d’une seule semelle. Cette religion a aussi ses martyrs, qui donnent leur vie pour elle, et ses sacrifices : pour accéder aux promesses matérielles inscrites dans l’espoir du Progrès, on sacrifie la stabilité, on sacrifie la famille, on sacrifie les racines au profit de la surproduction, car enfin, le Progrès, comme toute religion, suscite crainte et tremblement : la peur de manquer !.

Or précisément, tout est là... On se rappelle ces versets de psaume :

« Le Seigneur est mon Berger, je ne manque de rien ! »


Nos anciens n’avaient pas grand chose. Ils ne vivaient pas vieux, n’avaient que leur certificat d’études grâce auquel ils savaient compter, écrire d’une belle écriture et ne pas faire de fautes d’orthographe (sic !). Ils avaient appris des poèmes, parfois même les tirades de pièces classiques qu’ils étaient fiers de déclamer le soir, à la veillée, quand tout le monde était réuni, parce qu’il n’y avait pas facebook ou msn pour aller chacun dans son coin s’enfermer dans sa chambre. On se parlait, on écoutait le silence, et on faisait mémoire.

* *
Comment rendrai-je au Seigneur
tout le bien qu’il m’a fait ?


La mémoire permet de se rendre compte de ce qu’on a reçu. Se rendre compte que le passé n’est pas obsolète, parce qu’il soutient le présent, et que c’est envisager l’avenir à long terme que de savoir faire émerger à notre mémoire ce passé dont nous sommes les fruits.

Or nous sommes les fruits de la VIE, nous sommes les fruits d’une VIE donnée par DIEU. Une VIE que nous gâchons souvent, mais qui, pourtant, est une grâce si l’on veut bien parfois prendre le temps de faire mémoire, de s’arrêter de courir et de prier.

* *
Chaque fois que vous mangez ce pain
et que vous buvez à cette coupe,
vous proclamez la mort du Seigneur
jusqu’à ce qu’il vienne


Eh bien : chaque fois que nous célébrons le mémorial du dernier repas pris par Jésus avec ses disciples, nous consolidons notre vie et son avenir. En marquant chaque dimanche et à chaque fête — comme celle que nous célébrons chaque année pendant trois jours — un véritable coup d’arrêt à la course perpétuelle dans laquelle nous entraîne le monde, nous illuminons notre avenir et nous l’assurons pour l’éternité. Pourquoi ?

Parce que quand quelqu’un a donné sa vie pour nous ; quand des millions d’hommes et de femmes se sont mis debout grâce à Lui en qui ils ont découvert qu’il était DIEU Lui-même. Quand on fait mémoire d’une telle figure, à la fois humaine et divine, on sait que ses promesses ne sont pas vaines, ni démagogiques.

* *
Vous aussi vous devez vous laver
les pieds les uns aux autres


Aujourd’hui, nous faisons mémoire d’un geste de Jésus qui n’est pas un sacrement, mais qui exprime profondément ce que le mémorial sacramentel signifie : l’amour de charité qui se donne à l’autre et refuse de lui prendre quoi que ce soit. La foi n’est pas une idée généreuse : elle est concrète et transforme les cœurs, les attitudes, illumine les véritables décisions et ouvre un avenir qui n’est pas seulement individuel, mais un avenir de salut pour le monde.

Voilà l’enjeu du lavement des pieds. Voilà le sens de toute Eucharistie. Voilà le sens de l’institution du sacerdoce. Voilà le sens de tout mémorial, pour un avenir ouvert sur la bénédiction du monde.

Avec mon affection fraternelle,

+ Père Alain


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