[ Ce qu'on attend d'un prêtre, selon Madeleine Delbrêl
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
http://saintsymphorien.net/Ce-qu-on-attend-d-un-pretre-selon-Madeleine-Delbrel
      Ce qu’on attend d’un prêtre, selon Madeleine Delbrêl

Ce qu’on attend d’un prêtre, selon Madeleine Delbrêl

Merci de prier pour que nos prêtres soient tels que cette grande Dame les espère.

Témoignage paru dans Essor ou déclin du clergé français (1950)



L’absence d’un vrai prêtre est, dans une vie, une détresse sans nom.

Le plus grand cadeau qu’on puisse faire, la plus grande charité qu’on puisse apporter, c’est un prêtre qui soit un vrai prêtre. C’est l’approximation la plus grande qu’on puisse réaliser ici bas de la présence visible du Christ...

Dans le Christ, il y a une vie humaine et une vie divine. Dans le prêtre, on veut retrouver aussi une vie vraiment humaine et une vie vraiment divine. Le malheur, c’est que beaucoup apparaissent comme amputés soit de l’une, soit de l’autre. Il y a des prêtres qui semblent n’avoir jamais eu de vie d’homme. Ils ne savent pas peser les difficultés d’un laïc, d’un père ou d’une mère de famille, à leur véritable poids humain. Ils ne réalisent pas ce que c’est vraiment, réellement, douloureusement, qu’une vie d’homme ou de femme.

Quand les laïcs chrétiens ont rencontré une fois un prêtre qui les a “compris”, qui est entré avec son cœur d’homme dans leur vie, dans leurs difficultés, jamais plus ils n’en perdent le souvenir. À condition toutefois que, s’il mêle sa vie à la nôtre, ce soit sans vivre tout à fait comme nous. Les prêtres ont longtemps traité les laïcs en mineurs ; aujourd’hui, certains, passant à l’autre extrême, deviennent des copains. On voudrait qu’ils restent pères. Quand un père de famille a vu grandir son fils, il le traite désormais en homme et plus en gamin, mais il le considère toujours comme son fils : un fils, homme.

* * *

On a besoin également que le prêtre vive d’une vie divine. Le prêtre, tout en vivant parmi nous, doit rester d’ailleurs.

Les signes que nous attendons de cette présence divine ?

- la prière : il y a des prêtres qu’on ne voit jamais prier (ce qui s’appelle prier) ;
- la joie : que de prêtres affairés, angoissés !
- la force : le prêtre doit être celui qui tient. Sensible, vibrant, mais jamais écroulé ;
- la liberté : on le veut libre de toute formule, libéré de tout préjugé ;
- le désintéressement : on se sent parfois utilisé par lui, au lieu qu’il nous aide à remplir notre mission ;
- la discrétion : il doit être celui qui se tait (on perd espoir en celui qui nous fait trop de confidences) ;
- la vérité : qu’il soit celui qui dit toujours la vérité ;
- la pauvreté : c’est essentiel. Quelqu’un qui est libre vis-à-vis de l’argent ; qui ressent comme une loi de pesanteur” qui l’entraîne instinctivement vers les plus petits, vers les pauvres ;
- le sens de l’Église : qu’il ne parle jamais de l’Église à la légère, comme étant du dehors ! Un fils est tout de suite jugé, qui se permet de juger sa mère...

L’absence d’un vrai prêtre dans une vie, c’est une misère sans nom, c’est la seule misère.


Réagir à cet articleRéagir à cet article

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Dans l'Eglise

Diocèse d'Autun

Pastorale du Tourisme du diocèse d'Autun

RCF Parabole

Eglise de France

Nouvelles du Vatican

Suivre le Pape François avec L'Osservatore Romano

Zenit, le monde de Rome


(|non)]