[ Comme une surprise, comme un cadeau, comme une grâce
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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Comme une surprise, comme un cadeau, comme une grâce

•Livre des Proverbes 31,10-13.19-20.30-31
« La femme vaillante,
son mari peut avoir confiance en elle :
au lieu de lui coûter, elle l’enrichira »

• Psaume 128(127),1-2.3.4-5
« Heureux qui craint le Seigneur
et marche selon ses voies !
Ta femme sera dans ta maison
comme une vigne généreuse »

• 1ère lettre de saint Paul Apôtre
aux Thessaloniciens 5,1-6
« Le jour du Seigneur
viendra comme un voleur dans la nuit. »

• Évangile de Jésus-Christ
selon saint Matthieu 25,14-30
« Celui qui a recevra encore, et il sera
dans l’abondance. Mais celui qui n’a rien se fera enlever même ce qu’il a. »


- lire l’intégralité des textes de ce jour



La femme vaillante,
son mari peut avoir confiance en elle :
au lieu de lui coûter, elle l’enrichira


La femme vaillante du livre des Proverbes est aujourd’hui la figure de l’Église, et par l’Église, la figure du véritable disciple. N’oublions pas que, depuis le prophète Osée, DIEU manifeste l’Alliance avec son peuple à travers l’image du mari et de la femme. DIEU et le couple s’éclairent à ce point l’un l’autre que découvrir le DIEU de l’Alliance, c’est découvrir la vocation de tout couple humain ; et découvrir le couple humain, c’est découvrir DIEU en sa Vérité la plus féconde...

Première réalité du disciple : il sait que DIEU a confiance en lui.
Notre regard sur DIEU est encore trop souvent un regard de païen : nous nous situons pas rapport à lui comme des esclaves qui auront à rendre des comptes à leur chef. Dès lors, soit nous avons peur de DIEU et nous “filons doux”, mais nous sommes alors des disciples ténébreux ; soit nous faisons un acte de rébellion contre ce DIEU despotique, et nous ne sommes plus disciples du tout...

Donc : DIEU a confiance en nous. Et nous savons, aujourd’hui plus qu’hier, que la confiance en un être humain est ce qui le met debout. Faire confiance en l’autre, c’est aimer ! C’est pourquoi amour et foi vont ensemble, et sont avant tout des vertus théologales, au sens où DIEU, le premier, les met en œuvre ! Et en les vivant à notre tour, elles nous font vivre de la force même de DIEU ; elles nous divinisent.

Quant à la troisième vertu théologale, elle est tout entière inscrite dans la fin du verset : au lieu de lui coûter, elle l’enrichira. Celui qui a foi en l’autre espère inéluctablement en lui. DIEU espère en nous ; de sorte qu’espérer DIEU, pour le disciple, c’est vivre de l’espérance même de DIEU en tout homme. Oui, une humanité qui se sait aimée et être objet de foi est une humanité qui enrichit la création. Ce n’est pas rien. C’est tout un art de vivre.

Pourquoi aujourd’hui notre société va-t-elle si mal ? Parce qu’elle ne sait plus qui lui fait confiance. Quand personne n’a foi en vous, vous êtes le plus malheureux des hommes ; la plus malheureuse des femmes. La véritable misère est là.
En contrepartie, le disciple sait que DIEU a foi en lui : c’est là son trésor le plus précieux, la source de son énergie vitale et spirituelle. Un tel homme, une telle femme, alors, se donne. Il se sent appelé et, plutôt que de tout garder pour soi, ou de monter des idéologies où il va s’instituer lui-même DIEU, récompensant les uns, punissant les autres (toujours à travers le pouvoir de l’argent), le disciple donne tout ce qu’il a, tout ce qu’il est pour les siens, c’est-à-dire au nom de l’Église, pour ses frères en humanité.

* *
Heureux qui craint le Seigneur
et marche selon ses voies !
Ta femme sera dans ta maison
comme une vigne généreuse


Le disciple vaillant craint le Seigneur. Je vous ai déjà souvent dit qu’il ne fallait pas confondre la crainte avec la peur. J’ai peur de l’ennemi, mais je crains celui ou celle que j’aime. Je le crains, parce que je sais qu’en lui réside un mystère qui ne m’appartient pas, sur lequel je ne mettrai jamais la main, de sorte que l’aimé reste libre : libre de s’offrir à moi, d’une offrande qui sera toujours pour moi une surprise, un cadeau, une grâce.

Ainsi, le disciple vaillant craint le Seigneur : il L’aime, il a foi en Lui et espère tout de Lui. Ce faisant, le disciple ne met pas la main sur DIEU, et donc ne le jalouse pas. Et lorsque DIEU ouvre son disciple à son Mystère, c’est une surprise, un cadeau, une grâce. La conséquence ne se fait pas attendre : le disciple devient fécond, comme une vigne généreuse : il livre sa vie et fructifie en surabondance. Parfois même, son vin est répandu à terre, comme le sang de la vigne, mais ce sang répandu est encore une semence, une semence de chrétiens.

* *
Le jour du Seigneur
viendra comme un voleur dans la nuit


Pourquoi alors avoir peur du Jour du retour du Christ ? La liturgie, ici, nous prépare déjà à entrer dans le temps de l’Avent. L’attente de ce Jour est un bon test pour nous rendre compte si nous sommes un chrétien vaillant ou un chrétien apeuré. Le chrétien vaillant fait fructifier chaque jour l’héritage de la foi, de l’espérance et de l’amour ; il reconnaît que DIEU lui a confié un trésor. Le chrétien apeuré gère sa vie comme un bureaucrate : il ne sait pas que sa vie est un trésor. Il n’a pas vraiment la foi, puisqu’il ne voit pas que DIEU a foi en lui. Il n’espère ni en DIEU, ni en les autres qu’il suspecte dès qu’ils empiètent sur son territoire ; DIEU et enseveli dans quelques minutes le dimanche — et encore ! gare si la messe dure plus d’une heure ! — ; ou éventuellement à Noël, aux Rameaux, aux Mariages et aux Enterrements. Il oublie que DIEU l’aime, et il oublie d’aimer ceux qu’il considère comme ses ennemis.

L’ennemi est un bon test. DIEU nous sauvés, nous qui étions ses ennemis, comme le rappelle saint Paul dans sa lettre aux Romains : « Dieu nous a réconciliés avec lui par la mort de son Fils quand nous étions encore ses ennemis, à plus forte raison, maintenant que nous sommes réconciliés, nous serons sauvés par la vie du Christ ressuscité. » [1]. Alors, nous qui ne sommes pas en période de guerre armée, comment considérons-nous ceux qui sont pour nous des ennemis, c’est-à-dire qui piétinent nos plates-bandes, qui disent différemment de nous, qui vivent différemment de nous tout en vivant sur notre “territoire” ? Et ne nous cachons pas la face : nous avons tous des “ennemis”, de ces personnes que nous voulons éviter, ne plus voir, parce que nous ne pouvons pas les supporter. Quelques fois, nous mettons en œuvre des stratégies diaboliques pour chasser cet “ennemi” du giron sur lequel nous régnons. Tout simplement parce que nous oublions, gravement, que DIEU nous aime, que DIEU a foi en nous et espère en nous, de sorte que nous soyons, non pas des désherbants, mais de précieux engrais pour le monde. À commencer par notre entourage ecclésial.

Celui qui fait fructifier le trésor reçu de DIEU aime, jusqu’à ses ennemis. Ce disciple-là est un disciple vaillant qui attend le retour de son Seigneur.

* *
Celui qui a recevra encore, et il sera dans l’abondance.
Mais celui qui n’a rien se fera enlever même ce qu’il a


Tout est résumé dans la parabole d’aujourd’hui. À moi de considérer le trésor que j’ai reçu en héritage. À moi de m’ouvrir à l’amour, la foi et l’espérance dont je suis l’objet de la part du Maître.

Un Maître qui est venu jusqu’à moi ; qui a livré sa vie pour moi. Qui ne pouvait pas faire plus que ce qu’il a fait : nous qui étions ses ennemis, qui L’avons mis en croix, voilà que, dans l’offrande de sa vie, il nous a réconciliés avec Lui et a fait de nous ses amis.

Dorénavant, si nous avons encore peur, c’est à nous, et à nous seul qu’il nous faut nous en prendre. Tu ne veux pas de cette amitié ? Alors l’amitié te sera enlevée. Non par punition, mais par respect de tes convictions. Quant aux pleurs et aux grincements de dents, ils ne commencent pas avec les ténèbres : les ténèbres sont déjà là dans le cœur, avant même la décision du Maître ! C’est cette animosité, ce regard accusateur, ces manipulations dont je suis l’auteur et qui enténèbrent mon cœur dès aujourd’hui ! Le Seigneur ne fera jamais qu’entériner ce que notre liberté nous aura dicté : soit je décide d’être fécond et d’aimer, espérer et avoir foi en DIEU comme en tout homme ; soit je décide d’être stérile, de garder la VIE de DIEU comme un domaine réservé, et là, rien ne restera pour moi dans l’éternité qui, elle-même, se reçoit comme une surprise, comme un cadeau, comme une grâce.

Cette éternité est tout entière inscrite dans l’Eucharistie de ce dimanche.

Seigneur, mon péché a fait de moi ton ennemi, mais Tu as donné ta Vie pour moi et Tu as cru en moi, Tu m’as aimé et tu as espéré en moi. Tu m’as donné la VIE comme un trésor et Tu m’as sauvé. Dans cette communion, je veux te recevoir comme cet ami que Tu t’es réconcilié. Comme une surprise, comme un cadeau, comme une grâce.



Fraternellement,
+ Père Alain


Notes

[1Rm 5,10

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