[ Consacrer son enfant
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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Consacrer son enfant

Dimanche de la Sainte Famille 2009

• Premier livre de Samuel 1,20-22.24-28
« Anne conçut et mit au monde un fils, Samuel (= DIEU exauce) »

• Psaume 84(83),3-6.9-10
« Heureux les hommes dont tu es la force :
des chemins s’ouvrent dans leur cœoeur ! »

• Première lettre de saint Jean 3,1-2.21-24
« Voyez comme il est grand, l’amour dont le Père nous a comblés :
il a voulu que nous soyons appelés enfants de DIEU – et nous le sommes. »

• Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 2,41-52
« C’est chez mon Père que je dois être »



Anne consacre Samuel à DIEU

Nous sommes à la fin de la période des Juges, c’est-à-dire des gouverneurs locaux qui gèrent les peuplades installées en Pays de Canaan, juste avant la royauté. Jérusalem n’est pas encore la capitale, et les sanctuaires de DIEU sont diversement répartis sur le territoire. Samuel sera l’homme qui fera passer des Juges au temps des rois, vers 1030 avant J.-C.

Anne, sa mère, est stérile. Elle a porté inlassablement ses larmes devant DIEU qui entend sa prière et lui donne d’enfanter. Elle avait fait pour cela un vœu : celui de consacrer l’enfant. Aujourd’hui, elle vient fidèlement accomplir son vœu.

Naissance inespérée d’un côté ; naissance virginale de l’autre : on voit bien comment joue la Bible qui jonche son histoire de naissances miraculeuses. Comme pour dire à toute mère que leur enfant, quel qu’il soit, est toujours un miracle, un don de DIEU.
Et de fait, en consacrant, c’est-à-dire en mettant à part son fils, Anne nous livre un aspect important de la maternité : être une vraie mère ne consiste pas à garder pour soi son fils, mais à l’engager, dès la naissance, à suivre DIEU.

Pourquoi ? Il suffit de lire le psaume : quand on a DIEU dans sa vie, un chemin s’ouvre dans le cœur ! La plus grande joie d’une mère devrait être de voir se dessiner un tel chemin dans le cœur de chacun de ses enfants.

* *
« Voyez comme il est grand, l’amour dont le Père nous a comblés :
il a voulu que nous soyons appelés enfants de DIEU,
et nous le sommes. »

Le chemin qui s’ouvre dans le cœur de l’homme est celui de l’enfantement spirituel ; celui qui fait de lui un enfant de DIEU. Mais pour que l’enfant prenne ce chemin, la mère ne suffit pas : il faut la présence du père pour assurer le pas de l’enfant et lui permettre de s’éloigner du refuge maternel.

Le père est celui qui va accompagner les pas de l’enfant sur le chemin de sa consécration à DIEU. Non pour qu’il devienne prêtre ou religieuse (encore que...), mais pour qu’il puisse tout simplement prendre son essor et ne pas se contenter d’une vie riquiqui, centrée sur elle-même et confinée dans la maison maternelle. Cela peut évidemment déboucher sur le mariage et la fondation d’une nouvelle famille. Encore faut-il avoir le regard habitué à regarder plus haut.

Le père est là pour permettre cette mise au large, mais pas pour lui-même : pour DIEU. Le père est appelé, comme Joseph, à s’effacer pour laisser transparaître, à travers lui, la figure de DIEU, c’est-à-dire du Père des Cieux.
(Le grand drame de Luther a été précisément de déconnecter la paternité humaine de la paternité divine en décrétant que le mariage n’avait aucun caractère sacramentel. Les conséquences furent dramatiques, comme le montre le psychanalyste Claudio Risé dans son maître livre : Le père absent, aux éd. Rémy Perrin)

Comment devient-on enfant de DIEU ? En étant d’abord fils (ou fille) de notre mère, à la condition que celle-ci nous remette en confiance dans la bras du père. La mère est, non pas celle qui a enfanté mais celle qui sait montrer le père. Elle le fera d’autant plus volontiers qu’elle reconnaîtra derrière lui une paternité plus grande, seule capable de combler son enfant : la paternité de DIEU.
La véritable paternité est donc celle qui sait qu’elle doit disparaître pour offrir à l’enfant de trouver le chemin qui s’ouvrira dans son cœur par la rencontre avec le Père céleste, le Père par excellence, irremplaçable.

* *
« Vois comme nous avons souffert en te cherchant,
ton père et moi ! »

Trois jours après l’avoir perdu, la mère et le père de Jésus le retrouvent.
Trois jours... comme pour la résurrection.
C’est-à-dire, nous dit Luc, qu’ils ont réellement "perdu" leur enfant : il est mort en tant que "leur enfant", et il le retrouvent "ressuscité", dans le Temple, comme "enfant du Père". Ils ont donc dû abandonner Jésus pour lui permettre de trouver le chemin unique que le Père ouvrait dans son cœur.

Par là, ils nous montrent ce qu’est une véritable famille chrétienne : une cellule où la mère montre le père, et où le père travaille à être transparent de DIEU.

Être père, être mère, c’est donc avoir comme horizon la consécration de son enfant pour qu’il devienne, avant d’être un super commercial, ou un super ingénieur, un super enfant de DIEU. Ceci pour qu’un chemin s’ouvre, non pas tant dans le domaine financier, purement extérieur et mortifère, mais dans son cœur : le chemin de la VIE.

Voilà ce à quoi sont appelées spécifiquement les familles chrétiennes, et qui devrait être leur fierté : être des lumières dans ce monde rabougri et exclusivement centré sur soi pour la mort (cf. Heidegger).

Notre vie n’est lumineuse que si un chemin s’ouvre dans notre cœur, jamais sans notre mère ni notre père. Jésus le premier a marché sur ce chemin, non sans Marie qui l’a consacré à DIEU, comme Anne, en le confiant à Joseph, le père par excellence, totalement transparent du Père céleste. La preuve : il disparaît du récit, ce qui signifie qu’il a accompli sa mission dès les 12 ans de Jésus, l’âge de sa Bar-Mitzva...

Et l’Eucharistie est notre nourriture sur le chemin : c’est elle qui nous rend transparents de DIEU qui fait en nous sa demeure et nous transfigure pour faire de nous ses enfants.

Bonne fête à toutes les familles !
Je vous garde fidèlement dans ma prière.

+ Père Alain.

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