[ Délivre-nous du Mal
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
http://saintsymphorien.net/Delivre-nous-du-Mal

Délivre-nous du Mal

Homélie du 6e dimanche du Temps Ordinaire (B)

Livre du Lévitique 13,1-2.44-46
« “Impur ! Impur !” »

Psaume 32(31),1-2.5.11
« Heureux l’homme dont la faute est enlevée »

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 10,31-33.11,1
« Imitez-moi, comme moi aussi j’imite le Christ. »

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 1,40-45
« Si tu le veux, tu peux me purifier. »

- lire l’intégralité des textes de ce dimanche




Curieux livre par lequel commencent les lectures de ce dimanche. Curieux pour nous qui sommes habitués aux soins médicamenteux, mais à l’époque, seul moyen pour prévenir la propagation des infections. Voir à ce propos une très intéressante vidéo sur la question :

* * *

Quoi qu’il en soit, ce texte nous fait comprendre que crier : "Impur" n’a rien d’une injure ou d’un fonctionnement de caste. Cela prévient simplement de la maladie contre laquelle, à l’époque, on ne savait pas lutter.

Ce qui est remarquable, c’est alors cette capacité de la Bible d’intérioriser le phénomène, ce dont notre époque est devenue absolument incapable et qui marque bien que ce que certains nomment le “progrès” est en réalité une formidable régression anthropologique. Car du mal extérieur, ici la maladie, nos anciens ont su déceler qu’il était le signe d’un mal intérieur bien pire que le mal extérieur, puisque cette fois, l’homme lui-même en était la cause. La grandeur de la Bible est d’apprendre à l’homme à cesser d’accuser les autres d’être à l’origine des maux qui l’atteignent. La décadence humaine consiste à l’inverse à toujours accuser les autres des maux qui l’atteignent et qu’elle a elle-même provoqués.

D’où cette recherche, non plus chez l’autre, mais chez soi, d’une mystérieuse origine du mal, dans la conscience plus ou moins diffuse d’une certaine complicité de l’homme avec ce mal, qui prendra le nom de "péché", de "faute". Et le réflexe religieux tout à fait exceptionnel qui va en naître va consister à se tourner vers DIEU, non pour faire avec lui du commerce : "Si je t’apporte tel sacrifice, toi, fais disparaître ce qui me fait mal"... ; mais pour lui demander de ME guérir de cette complicité avec le mal. « Délivre-nous du Mal… »

C’est alors que DIEU va pouvoir répondre à cette prière, qui est celle du lépreux de l’évangile : "Si tu le veux, tu peux me guérir". D’une guérison d’abord intérieure. C’est ce qui reste à apprendre à cet homme. Si Jésus lui demande de ne rien dire, c’est qu’il faut encore que la véritable source de cette guérison soit manifestée, et elle le sera à la Croix et la Résurrection. Cette puissance de guérison n’est autre que l’amour.

Mais attention : pas n’importe quel amour ! Là encore, nous sommes en ce moment dans une formidable période de décadence. L’amour qui refuse d’imiter le Christ est devenu un amour pour soi : “Je t’aime parce que tu me fais du bien”. Alors qu’imiter le Christ, c’est aimer consiste à faire du bien à l’autre ! Le seul amour qui guérisse ; le seul amour qui dure, c’est l’amour qui choisit d’abord de faire du bien à l’autre, dans les meilleurs comme dans les pires moments. C’est ce que les chrétiens nomment l’amour de charité. Si aujourd’hui les couples ont du mal à durer chez les plus jeunes, c’est simplement parce que leur amour ne parvient plus à dépasser l’amour de l’autre pour soi. Mais pour dépasser cet amour adolescent, il faut des modèles. Il faut des modèles à imiter, et des modèles qui montrent la source : le Christ.

C’est précisément la raison pour laquelle aujourd’hui, nous rendons-grâce tous ensemble pour les couples qui célèbrent cette année un jubilé. Non que ces couples soient meilleurs que les autres ; mais ils sont les témoins de la puissance d’un amour qui choisit de durer, d’aller jusqu’au bout de soi pour ensemble, être une lumière dans ce monde au nom du Christ. Le monde attend de telles lumières, car elles sont un signe d’espérance. Elles sont un signe de réelle guérison. La guérison d’un mal bien plus grave que la lèpre au temps de Moïse : le mal du bien-être à tout prix, où l’autre est réduit au rang de moyen pour aller bien. L’autre ne peut jamais être un moyen. L’autre ne peut jamais être un outil de bien-être. Mais il ne suffit pas de le dire : il faut le vivre, pour être crédible. Il faut le transmettre, il faut en être humblement fier pour redonner envie à la nouvelle génération de reprendre une route ouverte par le Christ que, pour l’heure, le monde tente d’effacer de sa mémoire.

Merci donc aux couples qui, aujourd’hui, fêtent leur jubilé de mariage. Hier était la fête de l’amour pour soi. Aujourd’hui, nous fêtons l’amour pour l’autre, se seul qui soit le véritable amour. Ces jubilés sont le signe de la grâce du Christ ; de sa présence agissante, guérissante. Ils sont les témoins de la puissance du véritable amour, qui est la charité : l’amour de l’autre pour l’autre, qui permet , avec l’autre, d’aimer les autres. Pour cela, nous avons besoin, non qu’on nous assène des valeurs à observer, mais qu’on nous donne des témoins. Merci à vous d’être, aujourd’hui, ces témoins que le Christ, aujourd’hui encore, guérit l’homme du mal, l’en délivre au Nom du Père.

Avec mon affection fraternelle,

Père Alain


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