[ Dieu ne veut pas faire miséricorde sans nous
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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        Dieu ne veut pas faire miséricorde sans nous

Dieu ne veut pas faire miséricorde sans nous

• Livre de la Genèse 18,20-32
« Vas-tu vraiment faire périr le juste avec le pécheur ? »

• Psaume 138(137),1-2a.2bc-3.6-7ab.7c-8
« Le jour où tu répondis à mon appel,
tu fis grandir en mon âme la force. »

• Lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens 2,12-14
« Vous avez cru en la force de Dieu qui a ressuscité le Christ d’entre les morts. »

• Évangile de Jésus-Christ
selon saint Luc 11,1-13
« Le Père céleste donnera l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! »

- lire l’intégralité des textes de ce jour




Vas-tu vraiment faire périr le juste avec le pécheur ?


Curieuse, et pourtant judicieuse question, car c’est précisément celle que le Seigneur attendait qu’Abraham lui posât. Devant le mal commis en grand, faut-il taper dans le tas sans distinction ? Allez demander aux militaires ce qu’ils en pensent : vous verrez que la décision n’est pas si simple à prendre. C’est toute la question du fameux “bouclier humain” dont les terroristes savent très bien jouer face à des adversaires ayant, eux, une conscience morale. Se poser la question n’est pas une faiblesse, mais une force, parce qu’elle est précisément la question que DIEU veut que nous nous posions.

Donc ici, nous avons LA question que DIEU attend de notre part. C’est la question religieuse par excellence, face à une existence troublée par l’injustice qui fait feu de toute part. C’est la question qui habite les saints, qui habite les justes qui ont conscience que face à l’ampleur du mal qui déferle sur le monde, il n’y a guère que DIEU qui puisse agir. Mais comment agira-t-il ?

Il peut agir avec un gros coup de canon : c’est le dieu Zeus avec ses éclairs. C’est en fait l’impuissance humaine érigée en divinité. Cette impuissance qui nous fait prendre des décisions disproportionnées pour "en finir" une bonne fois pour toute. Vous savez, ce genre de réflexion qu’on fait quand on est énervé devant les enfants pas sages : "Puisque c’est comme ça, tout le monde est puni ! Na !"

Mais voilà que DIEU, le vrai DIEU, n’est pas le Zeus grec, ni le Grand Architecte de nos Franc-Maçons nationaux. Le vrai DIEU est celui qui trace un chemin pour que l’homme se prenne en main avec Lui. Il veut que nous soyons touchés par l’injustice de ce monde, et que nous sachions le porter humblement dans la prière.

Si nous ne le faisons pas, que va-t-il se passer ? Eh bien ce que nous constatons de plus en plus avec le père Rémy : quand quelqu’un est sur le point de mourir par exemple, on n’appelle plus le prêtre... on se dit : "en gros, il a été gentil, même s’il a été un peu bourru... il s’en sortira bien devant le Bon DIEU", pas besoin du sacrement des malades... Et nous en restons à la surface des choses. Qui nous dit qu’il n’y a pas eu dans cette existence quelque chose de dramatique qu’il ou elle n’a jamais pu avouer ? Qui sommes-nous pour décréter que la prière de l’Église est inutile ? Voyons-nous à l’intérieur des cœurs ? Et suffit-il de dire à quelqu’un qui a vécu des choses inavouables : "T’en fais pas mon p’tit loup, c’est pas grave !"... On le sait bien en éducation : quand un enfant vit quelque chose de grave à son niveau, c’est une erreur gravissime de lui dire :" T’en fais pas, c’est pas grave !". Parce qu’il ne sait plus quoi faire de sa culpabilité, et du coup, il la transforme en violence contre lui ou contre les autres...

Et puis pour nous-mêmes : on se dit qu’on n’a pas besoin de se confesser, parce qu’en gros, c’est pas si mal... Pire encore : on se dit qu’on n’a pas besoin de faire dire des messes : c’est vieux-jeu, tout ça ! Du coup, on transforme l’Eucharistie en démarche individuelle ; on y vient pour se faire du bien, pour avoir son petit temps spirituel, et ils ont bien raison alors, ceux qui nous voient, de se dire qu’ils peuvent avoir la même chose chez eux. Dire : "Je suis pratiquant parce que ça m’apporte quelque chose", c’est valider la réflexion de ceux qui ne viennent pas parce que ça ne leur apporte rien.

Alors que si nous venons parce que nous avons conscience de notre mission de "juste" qui nous a été donnée au Baptême et à la Confirmation, si nous comprenons que nous associer à l’intercession du JUSTE par excellence qui est le Christ, lui qui n’a jamais intercédé pour Lui-même mais pour nous, alors nous avons des raisons de venir célébrer l’Eucharistie du dimanche, et même de la semaine ! Nous ne venons pas pour nous, mais pour ceux que nous portons dans notre prière : nos défunts, ceux parmi nous qui sont malades ou vieillissants, ceux qui traversent des épreuves, ceux qui entreprennent de grandes projets, qui prennent des risques, etc.

Alors bien sûr, ce n’est pas du commerce : on n’aura pas de retour immédiatement visible, et c’est cela qui nous décourage. Mais c’est justement là où intervient la FOI. Non pas un vague "espoir", ou une "idéologie", mais la méditation de ce que le Seigneur a déjà fait pour tellement de nos frères et sœurs, à commencer par Abraham. Ce qu’Il a fait, Il le refera, à sa manière qui dépasse toujours nos petites visions individuelles. La foi qui ne consiste pas à "croire malgré tout", mais à prendre au sérieux notre mission de JUSTE dans le monde. Non parce que nous serions parfaits, mais parce que nous avons, plus que tout autre, conscience que le monde a besoin de notre prière et du sacrifice du Christ pour être sauvé.

L’intercession du JUSTE ne consiste pas à dire à DIEU : "Fais quelque chose !" Il l’a déjà fait ! Mais il attend de nous que nous nous associons à son sacrifice pour en faire porter les fruits là où se porte notre attention priante.

Si nous venions tous les dimanches avec un petit carnet sur lequel nous avons porté toutes nos intentions, nous viendrions avec tellement plus d’en-train ! Et si nous confiions ces intentions à toute l’assemblée, nous signifierions à tous nos frères que nous croyons à la puissance de l’intercession de l’Église entière ! Et croyez-moi, l’Église a œuvré magnifiquement dans l’histoire pour que le genre humain grandisse en conscience. Je sais aussi que les chrétiens n’ont pas toujours été à la hauteur, moi le premier. Mais plutôt que d’abandonner l’Église sous ce prétexte fallacieux, c’est une raison supplémentaire pour moi d’être cohérent avec ma FOI et de porter cette Église dans ma prière, plutôt que de la rejeter.

Alors c’est ce que nous allons faire aujourd’hui : je vais passer dans l’assemblée et recueillir au moins 20 intentions de prière que nous allons porter ensemble, en plus de celle qui ont été notée sur la feuille ; en plus de celles qui ont été notée dans les cahiers. Parce que nous avons besoin de redécouvrir la portée infinie de l’intercession de l’Église lorsqu’elle se réunit pour célébrer le sacrifice du Christ sur la Croix. Là, l’Église tient son rôle au cœur du monde pour que le Seigneur ne soit pas obligé de laisser agir la justice aveuglément.

Voilà le "travail" du chrétien, et ce serait pécher gravement que de passer à côté de cette mission qui nous a été révélée dès Abraham, comme le cœur même de l’Alliance qui nous fait marcher sur le chemin de DIEU.

Avec mon affection fraternelle,

+ Père Alain


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