[ Dieu se laisse trouver ! Encore faut-il le chercher...
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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Dieu se laisse trouver ! Encore faut-il le chercher...

•Livre de la Sagesse 6,12-16
« La sagesse se laisse trouver
par ceux qui la cherchent »

• Psaume 63(62),2.3-4.5-6.7-8
« Dieu, tu es mon Dieu,
je te cherche dès l’aube
tu es venu à mon secours :
je crie de joie à l’ombre de tes ailes. »

• 1ère lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens 4,13-18
« Il ne faut pas que vous soyez abattus
comme les autres, qui n’ont pas d’espérance.
Jésus, nous le croyons, est mort et ressuscité. »

• Évangile de Jésus-Christ
selon saint Matthieu 25,1-13
« Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre ! »

- lire l’intégralité des textes de ce jour



La sagesse se laisse trouver
par ceux qui la cherchent


Nul doute qu’aujourd’hui, la sagesse a bonne presse. On la souhaite, on en rêve, on l’envie à ceux qui semblent habités par elle... Mais comme toujours, c’est une espèce de nébuleuse : tout le monde en parle, mais personne ne sait ce que c’est. Pour les uns, c’est la tranquillité intérieure acquise par le recul sur les vanités du monde ; pour les autres, le sage est celui qui a l’expérience, qui a une certaine connaissance de ce qui est bien et de ce qui est mal ; pour d’autres encore, sagesse est synonyme de prudence, de prévoyance. Le sage est quelqu’un d’apaisé, qui a trouvé son équilibre intérieur et, d’une certaine manière, a trouvé son salut.

L’Antiquité aime la figure des sages. Les philosophe sont ceux qui aiment la sophia, c’est-à-dire la sagesse. Socrate est la figure du sage par excellence. Pour eux, la sagesse n’est pas une chose abstraite, mais une pratique : la pratique de la vie belle et bonne. Imprégnés de la culture grecque, les sages de la Bible sont habités du même idéal, mais éclairés par la mémoire de leur peuple. Le sage biblique est conscient qu’il ne tient pas sa sagesse de lui-même, mais de DIEU qui a accompagné l’histoire des pères. On peut dire qu’autant les sages de l’Antiquité l’ont été d’abord pour eux-mêmes, autant les sages de la Bible l’ont été pour leurs frères. Et la sagesse chrétienne est ici leur héritière, par le Christ que l’on a représenté, dans les premiers siècles, comme philosophe.

Pour la Bible, la Sagesse est de source divine. DIEU est le Sage par excellence, et la Sagesse émane de Lui comme son souffle, comme sa Parole [1], sa Lumière [2]. Elle n’est pas un principe inerte : elle est le miroir de l’activité de DIEU. Elle est associée à tout ce que DIEU accomplit dans le monde : elle régit l’univers, préside à l’histoire du Salut et se manifeste en particulier sous la forme concrète de la Loi [3].

La Sagesse est donc un trésor supérieur à tous les autres [4]. Elle est un don de DIEU [5] ; elle dispense tous les biens : vie et bonheur [6] ; sécurité [7], gloire, richesse, justice [8]... Elle se transmet de père en fils, comme un héritage de vie, de prudence et d’intelligence, déjouant les pièges des méchants qui mènent à la mort [9].

Mais encore faut-il la chercher, afin de l’acquérir comme une épouse [10]. C’est elle qui fait les amis de DIEU [11]. Être dans son intimité, c’est être dans l’intimité de DIEU. Dès lors, quand le NT identifiera la sagesse avec le Christ, la Parole de DIEU, s’unir au Christ sera épouser la Sagesse divine et entrer dans la communion intime avec DIEU qui se révèlera alors comme Père. Le Sage se découvrira, lui, comme fils de DIEU.

* *
Dieu, tu es mon Dieu,
je te cherche dès l’aube
tu es venu à mon secours :
je crie de joie à l’ombre de tes ailes


Ce passage nous fait mieux comprendre comment les Psaumes sont des écrits de Sagesse : ils sont le chant de ceux qui cherchent DIEU.

Non pas ceux qui attendent une manifestation du ciel en dilettante, mais ceux que l’amitié avec DIEU hante dès le matin et jusqu’au soir. Cette amitié qui apporte avec elle le cri de joie dès que DIEU lui manifeste sa présence ; une présence que le sage va apprendre à reconnaître peu à peu partout... jusque dans les épreuves qu’il traverse avec son Ami, sur un chemin dont chaque pas donne à goûter la saveur de la vie, telle qu’elle est et non pas telle que l’homme la rêverait.

Pourquoi se méfier des rêves de l’homme ? Parce que quand l’homme se met à rêver d’un “monde meilleur”, c’est toujours d’un monde inhumain qu’il accouche... Il suffit de regarder les films qui traitent ce sujet [12] Obnubilé par l’idée de “perfection”, l’homme n’imagine que des mondes despotiques où disparaissent tout sentiments, espérance et liberté au profit d’un univers glacial, anesthésié et complètement manipulé. L’homme rendu à lui-même cauchemarde son avenir qu’il n’envisage que dans l’idéologie du progrès technologique dans lequel il se retrouve étranger dans un univers de pure violence où le seul mot d’ordre qui subsiste reste : “sauver sa peau !”

Qui lui redonnera une espérance, une foi, le goût d’un amour réel et entreprenant ? L’Amitié avec DIEU qu’il faut chercher, car DIEU se laisse trouver par ceux qui le cherchent. Telle est la grande sagesse que distillent les Psaumes et toute la Révélation de DIEU qu’ils résument.

* *
Il ne faut pas que vous soyez abattus
comme les autres, qui n’ont pas d’espérance.
Jésus, nous le croyons, est mort et ressuscité.


L’étonnant de cette affaire est que l’espérance nous est redonnée dans la mort et la résurrection du Christ. Le sage, en effet, est celui qui, d’une certaine manière, a vaincu la mort. Non qu’elle ne l’ai pas saisi au terme de sa vie, et même parfois violemment comme pour le Christ, mais elle n’a pas su le garder, tant le sage a apprivoisé la vie en lui.

Une différence notable existe pourtant entre le Christ et le sage : le sage vit et meurt pour son compte ; le Christ vit et meurt pour nous. Le sage vit par le souvenir dans la mémoire de ses disciples, alors que le Christ vit réellement en nous, comme nous le fait expérimenter la foi.

Mieux encore : par le baptême, nous mourons avec le Christ afin de vivre en Lui et par Lui d’une existence déjà ressuscitée, c’est-à-dire libérée du mal et en offrande de soi au Père. "Libérée du mal” ? Oui : libérée du mal commis. Nous apprenons, avec le Christ, à entrer dans cette sagesse chrétienne qui consiste à ne pas prolonger le mal subi par le mal commis, quel qu’en soit le prix, fut-il celui de la Croix.

C’est un challenge magnifique ! C’est là que se tient notre espérance ! La mort n’atteint que ceux qui la donnent par le mal qu’ils commettent, mais elle ne peut rien contre ceux qui combattent le mal en eux. Nous sommes loin des revendication illusoires de ceux qui descendent dans la rue pour dénoncer le mal “des autres” ! Combien descendent dans la rue pour dénoncer le mal que eux commettent ?!? Eh bien : quand vous descendez de chez vous pour venir vous confesser ; quand vous descendez de chez vous pour vous unir au rassemblement dominical, vous êtes de ceux qui descendent dans la rue pour combattre le mal qui vous tente, et vous vivez de la résurrection du Christ ! Et cela, c’est un formidable héritage qui nous vient du Christ : rien de moins que le goût de la Vie en accord avec notre vocation la plus profonde.

Vivre ainsi, c’est avoir la sagesse de toujours veiller à ce que nos lampes restent allumée par l’huile de la grâce que le Seigneur donne à profusion à ceux qui la lui demandent.

* *
Voici l’époux qui vient !
Allez à sa rencontre !


Nous avons parlé plus haut de la Sagesse comme celle qu’il faut désirer épouser. Le premier Époux de la Sagesse est DIEU Lui-même, de sorte qu’épouser la Sagesse, c’est entrer dans le mystère des épousailles mêmes de DIEU. Il y a là la première marche qui nous donne d’accéder à notre divinisation.

Seulement pour cela, il faut veiller à garnir notre lampe d’huile. Ces images nous semblent d’un autre temps, à une époque où il suffit d’appuyer sur un bouton pour éclairer une maison entière. À l’époque, un simple lampe était un trésor. Manquer d’huile nous plongeait dans le noir, et devenait le symbole de la mort.

Donc les Vierges attendent l’époux qui semble tarder. Comme aujourd’hui, le Christ semble tarder : on ne l’attend plus ; on se dit que ce sont des histoire antiques, naïves... Du coup, on fait fonctionner le monde comme s’il devait être pérenne... et l’on commence à s’ennuyer, à gaspiller, à vivre pour soi. On est bien un peu généreux, quand la télé nous présente des grandes causes, mais dès qu’une semaine est passée, on a tout oublié... Plus de constance, gaspillage, oubli de la valeur des choses et de la vie ; idéologie du progrès, de la croissance. On ne s’occupe plus de mettre de l’huile dans les lampes : on a les yeux rivés sur le NASDAQ de New-York, on ne peut pas tout faire !

Seulement voilà : un jour, la mort survient. Il y ceux qui auront travaillé à ne plus commettre le mal, à alimenter leur lampe avec l’huile de l’honnêteté, de la foi, de l’amour. Et ceux qui auront passé leur vie à courir après l’idéologie de l’argent au détriment de toute vision sur l’homme. Tous meurent. C’est le sens du sommeil des vierges.

Et quand l’Époux, c’est-à-dire DIEU, vient, il faut rallumer les lampes. Ceux qui auront combattu le mal dans leur cœur, qui auront alimenté leur vie à la source de l’Eucharistie où le mal est vaincu ; ceux-là auront de l’huile dans leur lampe. Les autres auront beaucoup combattu pour gagner leur vie au prix de l’argent trompeur, mais cet argent n’est pas de l’huile : il brûle les doigts, mais n’éclaire pas.

La question est donc pour nous : de quelle espérance vivons-nous ? Quels combats menons-nous ? Le seul combat qui vaille est celui du mal qui surgit en nous, soit lorsque nous avons mal, soit lorsque nous nous laissons aller à des idéologies sordides d’où l’homme, le vrai, est absent et d’où DIEU est viré comme un indésirable. La vie chrétienne est celle qui attend l’Époux. Qui sait qu’un jour, la mort viendra. Demain, aujourd’hui peut-être. Et qui se dit chaque jour : la seule chose qui compte, c’est que ma lampe ne s’éteigne pas. Eh bien : cette lampe, c’est nous ; l’huile, c’est l’amour puisé à l’Eucharistie ; et la mèche qui éclaire, c’est le Christ en nous.

Voilà notre espérance. Voilà ce qui fait que nous ne sommes pas abattus, mais au contraire : combattants. Voilà notre lumière. Voilà notre unique Sagesse : le Christ, vainqueur du mal et des ténèbres pour nous faire vivre aujourd’hui de la Vie éternelle. Ce n’est rien de le dire : c’est sensationnel de le vivre.

Avec mon affection fraternelle,
+ Père Alain


Notes

[1cf. Si 24,3

[2cf. Sg 7,25 et sv.

[3cf. Si 24,23-24

[4cf. Sg 7,7-14

[5cf. Sg 8,21

[6cf.Pr 3,13-18 ; 8,21.32-36 ; Si 14,25-27

[7cf. Pr 3,21-26

[8cf. Pr 4,8 et sv. ; 8,18 et sv. ; Sg 8,7 et sv

[9cf. Pr 1,1-19

[10cf. Sg 8,2

[11cf. Sg 7,27 et sv.

[12A.I. Intelligence artificielle de Steven Spielberg en 2001 ;
The Island, de Michael Bay en 2004 ;
I, Robot de Alex Proyas en 2004 ;
Tron des studios Disney en 2010 ; et j’en passe...

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