[ Écoute !
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
http://saintsymphorien.net/Ecoute

Écoute !

Livre du Deutéronome 4,1-2.6-8
« Maintenant, Israël, écoute »

Psaume 15(14),2-3a.3bc-4ab.4d-5
« Celui qui se conduit parfaitement
demeure inébranlable. »


Lettre de saint Jacques 1,17-18.21b-22.27
« Devant Dieu notre Père, un comportement religieux pur et sans souillure, c’est de visiter les orphelins et les veuves dans leur détresse »

Évangile de Jésus Christ selon Marc 7,1-8.14-15.21-23
« Rien de ce qui est extérieur à l’homme et qui entre en lui ne peut le rendre impur. Mais ce qui sort de l’homme, voilà ce qui rend l’homme impur. »

- lire l’intégralité des textes de ce dimanche




« Écouter » : voilà certainement aujourd’hui l’un des exercices les plus difficiles. Écouter, c’est se recevoir d’un autre. C’est accepter de ne pas tout savoir, de ne pas tout connaître. Ou plus exactement, comprendre que je ne saurai jamais plus et jamais mieux que si, en premier lieu, je laisse mon frère me partager sa connaissance. Ce n’est pas être “nul” que de ne pas “tout” savoir. C’est de ne rien vouloir écouter qui rend “nul”. Je connais des personnes qui ne savent pas grand chose, encyclopédiquement parlant, mais qui savent si bien écouter... Qui savent si bien être présentes à ceux qui leur parlent.

Écouter est la première vertu de l’amitié ; du lien qui unit deux êtres. À quoi puis-je juger que j’aime quelqu’un ? À l’écoute que je lui accorde. Aimer sans écouter n’existe pas. Lorsque DIEU sauve son peuple, c’est parce qu’auparavant, lorsqu’il était esclave en Égypte, DIEU a écouté sa plainte (Ex 3,7). En retour, il demande à être écouté. Vous entendez ? Certes, DIEU donne une loi, une Torah ; mais cette Torah n’est pas le coran ! Cette Torah demande l’écoute, cette écoute qui est la marque de l’amitié. Tant qu’on n’a pas compris cela, DIEU reste un juge implacable face à qui la dignité de l’homme appelle sa révolte... Un maître dont on se sent l’esclave. Mais quand on a compris, avec Jésus, que c’est d’amitié qu’il est question ; une amitié qui est le sommet le plus haut de l’amour véritable, comme pourrions-nous ne pas écouter ?

L’ami écoute son ami, au plus profond de lui, charnellement, au plus intime ; et ce faisant, il se soumet à lui pour se recevoir de lui. Celui qui se présente devant l’autre en disant : “J’existe par moi-même !”, comment un tel individu peut-il espérer entrer en amitié ? Il se retrouve seul, et il n’est rien. « J’aurais beau avoir toute la science de tous les mystères, si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien », dit saint Paul (1Co 13). La charité qui ne vise pas l’amitié porte à fauxx. Si nous avons peu d’amis, c’est parce que nous ne savons pas écouter. Et de la même manière, les rituels qui ne visent pas l’amitié portent à faux. Jésus le dit fortement dans l’Évangile de ce dimanche.

C’est cette inaptitude à l’écoute qui vise l’amitié qui rend l’homme dur. La dureté de Jésus à l’égard des pharisiens de son époque n’est que le miroir de cette inaptitude-là. Ce n’est pas “écouter” que d’être procédurier. Cela veut-il dire qu’il faut s’affranchir de toute procédure ? Certainement pas. Mais il faut habiter la procédure, pour pouvoir la vivre librement. Ainsi en va-t-il de la liturgie chrétienne. Si la liturgie vise l’amitié avec le Christ, alors on ne sait pas s’en passer, et l’on y revient même quotidiennement. Peu importe alors que le curé soit ceci ou qu’il soit cela. Ce qui importe, c’est le Christ et l’amitié qu’il nous porte et dont la liturgie nous donne les signes, quotidiennement. Des signes qui nous fortifient dans un monde dur parce qu’il ignore l’amitié ; un monde qui ne connaît que la loi du plus fort, et dans lequel, pourtant, chaque homme, chaque femme attend cette amitié et à qui le Christ nous envoie. Je me souviendrai toute ma vie ce que m’a dit un jeune Burkinabais, à l’époque où j’étais coopérant, encore tellement imbu de moi-même : « Si tu savais combien on attendait les missionnaires avant même qu’ils n’arrivent ! Quand ils nous ont parlé de Jésus, on s’est dit : “Voilà ce qu’on attendait depuis toujours ! »

Donc aujourd’hui, Jésus ne condamne pas la liturgie, quelle qu’elle soit. Pas plus que saint Jacques, d’ailleurs. Ce qu’il condamne, c’est une liturgie qui n’est pas habitée par l’amitié envers DIEU. Une liturgie avec laquelle on prend ses aises, soit en l’appliquant trop rigoureusement, soit en la négligeant, mais dans un cas comme dans l’autre, qui ne reflète que la dureté de notre cœur qui croit avoir tout compris et qui se dispense alors d’écouter. D’écouter Jésus, même lorsqu’Il nous révèle la face sombre de notre cœur ; d’écouter nos frères, même lorsqu’ils n’ont pas les mêmes idées que nous ; d’écouter les pauvres qui n’ont rien à nous offrir et à qui, disait saint Vincent de Paul, il faut même demander pardon de la charité que nous leur offrons...

Vivons l’eucharistie de ce jour comme une rencontre d’amitié. Une rencontre non pas seulement rituelle, mais proprement charnelle, puisque nous allons communier à la chair du Sauveur, le seul et véritable Ami, comme aimait l’appeler saint Claude la Colombière.

Avec mon affection fraternelle,

Père Alain


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