[ Quand la vérité appelle la justice
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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        Quand la vérité appelle la justice

Quand la vérité appelle la justice

• Livre d’Isaïe 40,1-5.9-11
« Élève la voix, ne crains pas.
Dis aux villes de Juda : “Voici votre Dieu.” »

• Psaume 85(84),9ab-10.11-12.13-14
« la vérité germera de la terre
et du ciel se penchera la justice. »

• Deuxième lettre de saint Pierre Apôtre 3,8-14
« Le Seigneur n’est pas en retard
pour tenir sa promesse ;
mais il veut que tous
aient le temps de se convertir. »

• Évangile de Jésus-Christ
selon saint Marc 1,1-8
« Voici que j’envoie mon messager devant toi
pour préparer la route. »


- lire l’intégralité des textes de ce jour



Élève la voix, ne crains pas.
Dis aux villes de Juda : “Voici votre Dieu.”


Magnifique Isaïe qui tient là son rôle et sa mission : en période de désolation, de désespérance, il annonce la consolation. Autant, au moment de l’injustice des rois et du peuple, il avait annoncé le dégoût de Dieu et son retrait imminent ; autant, maintenant que l’Exil est là, il annonce la venue de Dieu.

Tel est le rôle et la mission de tout prophète, résumée par Jean-Baptiste et portée aujourd’hui par l’Église. Et dans tous les cas, c’est de justice qu’il est question. Pourquoi ?

Parce que tout se joue autour de la venue de Dieu, justement. De l’espérance. Quand vous vivez dans l’injustice, c’est que vous n’attendez rien de personne, ni de Dieu, ni de vous-mêmes. Alors vous prenez, au lieu de donner. Vous obscurcissez au lieu d’illuminer. Vous confinez au lieu d’aérer. Vous fermez au lieu d’ouvrir, de peur que la lumière, que l’oxygène, que l’ouverture ne manifeste votre injustice et que vous soyez assommé de honte...

* *
La vérité germera de la terre
et du ciel se penchera la justice


Or précisément, ce que proclame le Psaume à la suite d’Isaïe, c’est que l’homme, tout homme, est pris entre la vérité qui monte de la terre et la justice qui descend du ciel. Quoi qu’il fasse, il est pris entre ces deux pôles, et si la liberté est sa part d’héritage, elle ne consiste pas à choisir entre la vérité et le mensonge, pas plus qu’entre la justice et l’injustice.

L’injustice commence d’ailleurs par le voile posé sur la vérité. Aujourd’hui où la règle d’or est celle du “pas vu, pas pris”, celui de la honte en lieu et place de la culpabilité, on en vient comme naturellement à justifier l’injustice, ce qui est le comble de la perversité. Et ce faisant, on n’espère plus rien, puisque qu’on ne peut justement espérer que la vérité et la justice.

Vérité et justice sont les désirs, les besoins les plus profonds de l’homme. La vérité comme venant de la terre, c’est-à-dire à assumer par l’homme comme sa plus noble quête en lui-même, comme ce qu’il doit de plus précieux à l’autre ; et la justice comme venant du ciel, c’est-à-dire comme une reconnaissance par un autre de cette vérité.

Dans le fond, la vérité n’est jamais que l’ouverture de soi à l’autre en acte ; elle n’est que l’espérance placée en l’autre. Et la justice, non pas la répression, mais l’accueil par un autre de la vérité que je lui présente pour espérer la rencontre, inattendue, de l’amitié.

* *
Le Seigneur n’est pas en retard pour tenir sa promesse ;
mais il veut que tous aient le temps de se convertir


Seulement voilà, il nous faut du temps pour laisser la vérité faire en nous son œuvre. Le comble, c’est que la vérité nous fait peur, alors qu’elle n’a qu’un but : nous rendre libres. Mais la liberté nous fait peur... Et nous ne l’espérons plus. Nous n’osons espérer une liberté qui sera nécessairement exigeante, dans la mesure où elle se conjugue précisément avec vérité et justice, avec la terre comme avec le ciel...

La justice semble tarder, alors qu’elle est là en permanence. Le regard de DIEU est là, non comme un accusateur [1], mais comme celui qui nous reconnaît, comme cette lumière à laquelle nous aspirons tellement, mais qui est paradoxalement une source inimaginable d’angoisse... tellement notre rapport à la vérité est ambigu.

Alors DIEU merci, il y a la conversion. Dieu merci, il y a la confession qui nous restitue à la vérité, et nous rend à la joie d’un DIEU dont le regard ne nous fait plus peur. Il faut du temps, mais DIEU n’a pas peur du temps. Il n’en a pas peur : il entre dans le temps afin de nous précéder sur ce chemin.

* *
Voici que j’envoie mon messager devant toi
pour préparer la route


Préparer la route ? Mais laquelle ? Celle de DIEU ? Allons donc ! Quelle prétention ! DIEU n’a pas son propre chemin. Le chemin de DIEU, c’est le cœur de l’homme. C’est mon cœur habité par la vérité de sorte qu’advienne, en toute justice, le regard de DIEU qui me donnera la joie d’exister, non plus pour moi-même, mais pour un autre. Qui me donnera de le recevoir et de l’accueillir pour une amitié enfin partagée.

Alors faisons en sorte que ce temps de l’avent soit pour nous celui de la vérité. Noël fera alors illuminer pour nous l’étoile de la justice. La terre et le ciel se rencontreront et les fils de DIEU, enfin, seront révélés, par le Christ notre Seigneur, notre ami.

Avec mon affection fraternelle,

+ Père Alain


Notes

[1On confond d’ailleurs trop souvent le juge et l’accusateur, ce qui n’a rien à voir !

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