[ Ils lèveront les yeux vers Celui qu'ils ont transpercé
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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            Ils lèveront les yeux vers Celui qu’ils ont transpercé

Ils lèveront les yeux vers Celui qu’ils ont transpercé

Homélie du 12e dimanche ordinaire de l’année C (20 juin 2010)

• Livre de Zacharie 12,10-11.13,1
« Ils lèveront les yeux
vers celui qu’ils ont transpercé. »

• Psaume 63,2.3-4.5-6.8-9
« Dieu, tu es mon Dieu,
je te cherche dès l’aube. »

• Lettre de saint Paul Apôtre
aux Galates 3,26-29
« Vous tous que le baptême
a unis au Christ,
vous avez revêtu le Christ. »

• Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 9,18-24
« Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup,
qu’il soit rejeté (...), tué,
et que, le troisième jour, il ressuscite. »

- lire l’intégralité des textes de ce jour



Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé

Ces paroles ont été prononcées tardivement dans l’histoire d’Israël, après les conquêtes d’Alexandre le Grand. Tout semble anéanti : on attendait, après le retour d’Exil, que le Messie vienne pour rétablir le royaume de David, or, pour ainsi dire, c’est tout l’inverse qui se passe... La culture grecque s’impose, l’occupant est partout, et le peuple est menacé d’oublier son DIEU et son histoire...

Et voilà que Zacharie survient et déclare que, malgré les apparences, la dynastie de David n’est nullement rejetée ; que l’histoire du peuple de DIEU se poursuit bel et bien. Le prophète en donne la finalité : la naissance imminente d’un peuple différent des nations, non par des privilèges extérieurs, mais par deux caractéristiques du cœur : la bonté et la supplication.

Mais il faut pour cela que ce peuple soit façonné de l’intérieur ! Par l’Esprit répandu sur Jérusalem. Et cela se fera grâce à un mystérieux personnage que le peuple aura transpercé, c’est-à-dire rejeté, avant de reconnaître en lui la présence de DIEU. Curieux message, qui rejoint la prédication d’Isaïe concernant le Serviteur Souffrant (Cf. Is 42,1-7 ; 49,1-9 ; 50,4-9 ; 52,13-53,12) que les rois des nations auront supplicié, et devant qui ils resteront bouchée bée alors qu’ils comprendront qu’à travers ses souffrances, c’était le péché de tous les hommes qu’il portait...

La bonté et la supplication ne peuvent donc surgir que d’un cœur qui comprend qu’il est lui-même pécheur ; qui comprend qu’en lui, une peur très profonde le pousse à rejeter DIEU alors même qu’il voudrait l’accueillir. Cette peur qui est aussi celle des autres, du "prochain" : soit que sa présence nous mette sur la défensive, soit que nous nos disions que nous n’avons rien à lui apporter.

C’est alors que bonté et supplication viennent à notre secours, grâce à l’Esprit répandu par DIEU. La bonté qui me fait accueillir DIEU avec bienveillance, qui combat en moi cette défiance des autres qui m’isole en croyant me protéger... Et la supplication qui surgit d’un regard profond sur soi et les autres ; un regard qui nous pousse à lever les yeux vers celui que notre péché à transpercé : le Messie de DIEU, pour intercéder pour la multitude des hommes. Nous ne faisons pas autre chose lorsque nous célébrons l’Eucharistie, au moment de la Prière Universelle.

On voudrait tellement croire que la bonté et la supplication ne sont que des vertus humaines, des valeurs qu’il suffit d’apprendre pour les appliquer... Mais non : il faut aller par un autre chemin. Il ne s’agit pas seulement de valeurs, mais d’humilité devant le mystère du Messie transpercé... par nous.

* *
Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube

Et voilà le psaume à notre rescousse : oui, c’est DIEU qu’en définitive, nous cherchons, comme une terre aride cherche l’eau vive.

« Ton amour vaut mieux que la vie ! » : tout est là ! Mais comment faire, puisque nous avons en nous cette puissance de mort qui s’appelle le péché et qui nous fait refuser de puiser à la source, alors même que nous avons tellement soif !...

* *
Vous tous que le baptême a unis au Christ,
vous avez revêtu le Christ

Il nous faut « revêtir le Christ ». Pourquoi ? Parce que le Christ est précisément celui qui a été transpercé, celui en qui le DIEU vivant agit pour le relever et l’exalter et qui, parce qu’il est en nous, nous entraîne avec lui dans sa victoire contre le péché.

C’est en revêtant le Christ que bonté et supplication surgissent comme les signes de la vie en nous ; comme les signes que nous sommes, par le baptême, le peuple que DIEU voulait susciter en le transformant de l’intérieur. Bonté et supplication sont l’héritage promis aux fils d’Abraham que nous sommes devenus par le Christ Jésus.

Ce que vit l’Église n’est donc pas autre chose que l’accomplissement que visent les prophéties de l’Ancien Testament : l’amour ne s’enracinera pas dans le monde par un autre chemin que celui du Christ transpercé par nos péchés, et que l’Esprit nous fait reconnaître comme DIEU, Celui par qui DIEU nous redonne la bienveillance, la confiance, le courage de nous relever avec Lui. Bref, la foi qui nous rend libres.

* *
Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup,
qu’il soit rejeté (...), tué,
et que, le troisième jour, il ressuscite

On saisit mieux peut-être pourquoi les apôtres ont eu du mal à comprendre le message du Christ. Le chemin n’est pas facile. Et pourtant, il nous faut l’accepter comme un fait : nous sommes pécheurs, c’est-à-dire que nous avons en nous cette dynamique de mort qui nous fait rejeter DIEU à travers son Christ que nous avons transpercé.

MAIS le Christ est ressuscité ! Et par le baptême, nous avons accepté de le laisser travailler en nous en profondeur. Non que nous ne soyons plus pécheurs : au contraire : nous ne savons que trop bien combien nous le sommes, et combien seule la présence du Christ en nous, par l’Esprit, nous permet de combattre efficacement ce péché. Par la foi, qui nous fait lever les yeux vers celui que nous avons transpercé.

MAIS encore : il ne s’agit pas pour nous d’espérer ne pas marcher sur le chemin où le Christ, Lui, a marché : « Celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi la sauvera ». « Perdre sa vie », c’est accepter d’être rejetés, transpercés lorsque nous nous prononçons en faveur de DIEU, du Christ et de son Église. Comment en serait-il autrement ?

Aujourd’hui encore, lorsque le monde rejette l’Église, c’est DIEU qu’il rejette. Ne pas le comprendre montre simplement que nous ne sommes pas allés jusqu’au bout du projet de DIEU sur nous, pour que surgissent en nous la bonté et la supplication qu’Il veut enraciner dans nos cœurs. Si nous regardons l’Église d’une manière trop exclusivement humaine, comment pourrons nous voir l’Esprit agir en Elle, en nous ? Comment pourrons-nous la voir sainte, comme DIEU la voit (cf. Eph 5) ?

Affirmer cela ne signifie aucunement que nous soyons des "parfaits", ou des privilégiés. Cela signifie que reconnaître le Christ nous impose une mission dans le monde : annoncer la Parole, agir selon la bonté et la supplication que DIEU nous inspire, quitte à être rejetés comme le Christ. Avec cette espérance que, pour tous les hommes aimés de DIEU, après avoir rejeté le Christ, la multitude lève les yeux vers le transpercé et comprenne où se trouve la véritable source de la liberté, là où « il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme, car tous, vous ne faites plus qu’un dans le Christ Jésus. »

+ Père Alain


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