[ Ils sont nombreux, les bienheureux
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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Ils sont nombreux, les bienheureux

Homélie de la Solennité de la Toussaint (1er novembre 2011)

•Livre de l’Apocalypse 7,2-4.9-14
« Après cela, j’ai vu une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer »

• Psaume 24(23),1-2.3-4ab.5-6
« Voici le peuple de ceux qui le cherchent ! »

• Première lettre de saint Jean 3,1-3
« Bien-aimés, dès maintenant,
nous sommes enfants de Dieu. »

• Évangile de Jésus-Christ
selon saint Matthieu 5,1-12a
« Heureux ! »

- lire l’intégralité des textes de ce jour



Après cela, j’ai vu une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer


L’Apocalypse est un livre magnifique qui nous ouvre à une vision grandiose de l’histoire. C’est en quelque sorte le livre prophétique du Nouveau Testament : il livre le sens du présent à la lumière du passé pour ouvrir un avenir. C’est ce qui fait de ce livre un Livre Saint, le Livre par excellence qu’il fallait proclamer le jour de la Toussaint.

Au moment de sa rédaction, il y a eu une dévastation de Jérusalem et du peuple juif. La question se pose alors : le peuple juif a-t-il été puni ? Non. Ils seront sauvés. C’est mystérieux, mais ils ont porté l’histoire qui a révélé aux hommes qu’ils étaient sur un chemin de sainteté. Alors, 144 000 se présenteront devant DIEU, c’est-à-dire tous, pour peu qu’ils auront travaillé à manifester la justice au monde, à vivre de la Loi. Cette Loi qui est assumée par l’Agneau, cet Agneau qui a été immolé pour manifester la détresse humaine marquée par le péché, et dont Il est venu les sauver.

Est-ce DIEU qui a voulu la dévastation ? Non. Mais c’est le péché en nous qui flirte avec le mal, sans comprendre qu’un jour ou l’autre, ce mal se retourne contre nous.

C’est vrai du peuple juif qui, malgré la Loi, malgré les prophètes, à travers leurs chefs, ont refusé le salut apporté par le Verbe de DIEU. Sont-ils condamnés pour autant ? Jamais de la vie, dira saint Paul. Ils sont marqués du Sceau de DIEU, et le mal, malgré le bruit et la peur qu’il suscite, ne pourra pas réduire à néant le salut.

C’est vrai aussi pour nous. Le baptême nous a marqués du sceau de l’Agneau qui enlève le péché du monde. Pour nous aussi, le mal que nous commettons revient sur nous, ou pire : rejaillit sur les autres. Cela provoque des dévastations. Mais plus je vis avec le Christ, l’Agneau, plus je reste une lumière au milieu d’un monde marqué par l’argent, le pouvoir et la détresse. Plus je deviens témoins, au milieu des ténèbres, d’une Vie qui est offerte à tout homme pour grandir, nous émerveiller et nous amener à l’unification intérieure. Bref, la sainteté.

* *
Voici le peuple de ceux qui le cherchent !


Car enfin, qu’est-ce qu’un saint ? Quelqu’un qui a été canonisé par ses pairs ? Oui, sans doute. Mais pas forcément donnés en exemple à la face du monde. Le Royaume de DIEU n’est pas “Vivement Dimanche” ou ne sont invités que les Stars… Ils sont nombreux, les bienheureux…

Ces bienheureux qui nous ont fait du bien, que l’on a rencontrés et qui, par leur regard, par leur parole, nous ont redonné courage ; nous ont fait nous sentir aimés jusqu’à l’intime. Qui nous ont témoigné la joie d’être enfants de DIEU, enfants de l’Église. Qui nous ont ouvert un avenir en faisant résonner en nous la vocation de l’amour. L’amour qui mène non au bien-être individuel ; l’amour qui n’est pas fait pour que je me sente bien, en sécurité, affalé devant les écrans d’ordinateur, mais qui fait de moi un martyr, un témoin. Un amour qui me porte vers mes frères et sœurs. Un amour qui ne me rapporte rien en termes d’argent ou de pouvoir, mais qui me fait vivre à la mesure d’une vie que je leur livre, que je leur consacre avec, simplement, le désir simple de la perfection dans le moindre acte d’amour posé.

* *
Heureux !


Dans la pauvreté choisie du cœur, parfois dans les pleurs devant l’inanité du monde (car les saints pleurent rarement sur eux-mêmes). Dans une soif de justice qui les a portés non à descendre dans la rue pour vociférer et se plaindre d’être des victime de tout, mais qui les ont fait aller frapper à la porte de leur voisin, passer du temps avec les plus humbles dans le seul but de partager la lumière qui était en eux. Dans un cœur qui ne voit pas le mal en l’autre, toujours prêt à pardonner au moindre signe de lumière. Dans un cœur pur de tout désir de vengeance, de revendication ou d’idéologie. Dans un rayonnement de paix, bien que critiqués, moqués, insultés parfois pour leur naïveté, leur foi ou leur amour de Jésus et de l’Église. Ces hommes et ces femmes qui gardaient un sourire en coin de leur bouche, qui chantaient dans leur travail pénible parfois, humble toujours, dans une mystérieuse certitude : ils avaient leur place auprès des leurs, une place qui leur avait été donnée par DIEU dont ils se savaient aimés, illuminés, et leur faisait donner le meilleur d’eux-mêmes.

Ces saints-là allaient à la messe chaque dimanche. Ils puisaient dans l’Eucharistie l’amour de leur prochain. Ils ne comptaient pas sur leurs seules forces : ils se savaient pécheurs, tellement fragiles et incertains… Alors ils disaient leur chapelet ; ils aimaient l’Église, le pape, leur curé, leurs frères et sœurs… Ils étaient heureux, et se préparaient, par ce bonheur simple, à une éternité de bonheur en plongeant dans le formidable paradis de DIEU où ils nous préparent activement une place en intercédant pour nous ; en agissant en nous, par cette mémoire qu’ils ont éveillée en nous et qui nous fait vivre dans le monde à la lumière, non du soleil seulement, mais la lumière de l’amour qui, à notre tour, fait de nous des martyrs, des témoins heureux qui croient autant en DIEU qu’en l’homme, en tout homme. Et qui amènent leurs frères au Christ, non par la conviction de leurs paroles, mais par la simple vocation de l’amour qui rayonne à travers nous.

* *
Bien-aimés, dès maintenant,
nous sommes enfants de Dieu


Tout est là. Dans l’accueil de cette Vie magnifique que nous recevons dans l’Eucharistie, c’est-à-dire dans la VIE que DIEU nous livre pour nous rendre victorieux de tout mal et nous amener à la vraie liberté des enfants de DIEU : ceux qui aspirent à rencontrer le Fils de DIEU, à le voir tel qu’il est. Ceux qui, par cette aspiration qui rejaillit sur toute leur vie, sont purs comme lui-même est pur.

Avec mon affection fraternelle,

+ Père Alain


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