[ J'ai soif !
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
http://saintsymphorien.net/J-ai-soif,419

J’ai soif !

• Livre d’Amos 6,1.4-7
« Malheur à ceux qui vivent
bien tranquilles dans Jérusalem,
et à ceux qui se croient en sécurité
sur la montagne de Samarie. »

• Psaume 146(145),5-6.7.8-9.10
« Le Seigneur soutient la veuve et l’orphelin,
il égare les pas du méchant »

• Première lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 6,11-16
« Mais toi, l’homme de Dieu,
cherche à être juste et religieux,
vis dans la foi et l’amour, la persévérance et la douceur.

• Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 15,1-32
« Envoie Lazare tremper dans l’eau le bout de son doigt pour me rafraîchir la langue ! »

- lire l’intégralité des textes de ce jour



Malheur à ceux qui vivent
bien tranquilles dans Jérusalem,
et à ceux qui se croient en sécurité
sur la montagne de Samarie

Nous restons dans la thématique de ces derniers dimanches concernant le choix entre DIEU et l’argent. Mais ce dimanche, les lectures nous poussent à réfléchir sur le rapport entre le riche et le pauvre.

Une tendance habite le cœur de l’homme, qu’on retrouve en partie dans l’Ancien Testament, et que DIEU va combattre à travers ses prophètes : on pense que le signe de la bénédiction de DIEU est dans la richesse terrestre. L’Au-delà n’est compris que comme un "séjour des morts" assez morne, situé sous la terre : le Shéol.

Or DIEU envoie ses prophètes rappeler un enseignement essentiel : il n’y a aucun rapport entre la bénédiction et les richesses. Ou s’il y a un rapport, il est inversement proportionnel ! Pourquoi ? Parce que la richesse fait oublier le pauvre en se creusant des petits cocons...

Jusqu’à ne rien imaginer de mieux à faire qu’inaugurer des fontaines d’eau pétillantes pour le gosier de nos petit parisiens, alors qu’en 2007, sur 6,4 milliards d’êtres humains, plus d’un milliard n’a pas du tout accès à l’eau potable, plus de 2,5 milliards ne disposent pas de système d’assainissement d’eau et 2 milliards dépendent de l’accès à un puits. Il faudrait mobiliser 30 milliards de dollars par an pour répondre au défi de l’eau potable (ce qui n’est pas grand chose à l’échelle mondiale), et les riches préfèrent s’installer des fontaines d’eau pétillante... Amos ! Au secours !

* *
Le Seigneur soutient la veuve et l’orphelin,
il égare les pas du méchant

A vrai dire, le méchant s’égare tout seul ! En l’occurrence, à quoi voit-on qu’on est riche ? Quand on ne voit plus le pauvre, et où l’on commence à accumuler les biens pour accumuler les biens. Pour mieux se vautrer dessus, dirait Amos... Pour être sûr de ne rien en perdre et se sécuriser par le confort... Et surtout ne pas se dire que des pauvres auraient besoin que je partage, que je perde mes biens pour eux... Jusqu’à... tout perdre !

Il ne s’agit pas de “s’occuper” des pauvres, encore qu’il faille le faire, et beaucoup d’entre nous le font avec courage : Secours Catholique, Habitât et Humanisme, Les AFC, l’investissement dans la vie politique locale, dans la vie de la communauté paroissiale... Mais aussi dans l’annonce de la foi : la catéchèse, La Vie Est Belle pour les collégiens, le Parcours Alpha, le CPM, la préparation au Baptême, l’animation de groupes comme le MCR, etc. Sans oublier l’investissement dans la vie de famille, dans la vie professionnelle, etc., etc.

Pourtant, il faut aller plus loin. Plus loin que la simple générosité. Quand j’ai travaillé dans les cités, il y a quelques années, les jeunes des quartiers haïssaient d’autant plus les bourgeois qu’ils étaient généreux avec eux ! Le pauvre n’a pas besoin de ma générosité. Il a besoin de MOI. Et de vérité entre ce que je suis et ce que je vis.

C’est là toute l’intuition missionnaire de l’Église. C’est là tout le secret de l’Histoire du Salut : DIEU n’est pas généreux : il a tout perdu pour MOI, sur la croix. Et c’est cela qui me sauve : j’ai une place dans son cœur. Pascal disait : « Je ne vis que d’avoir une place dans le cœur d’autrui, et c’est la plus belle place du monde »

* *
Mais toi, l’homme de Dieu, cherche à être juste et religieux,
vis dans la foi et l’amour, la persévérance et la douceur

Qui est l’homme juste ? Non pas celui qui “pense” aux pauvres, mais celui qui vit avec eux. Et c’est là le signe de la vérité de notre foi. Car la pauvreté creuse en nous le désir de DIEU, le désir de la justice, dans la douceur et la persévérance de l’amour.

Mais comment vivre pauvrement ? En attendant la Vie Eternelle !. Le riche se caractérise par le fait qu’il n’attend pas la vie éternelle. Le pauvre, lui, n’attend que cela ! Non au sens où il attend la mort, mais où, dès cette vie, il a mis son cœur dans l’essentiel !

Question pour aujourd’hui :
- Est-ce que j’attends la Vie Eternelle, ou est-ce que je préfère ne pas y penser ?
- Quand ai-je parlé la dernière fois avec ma femme, mon mari, mes enfants, de la vie éternelle ? Et comment en ai-je parlé ? Comme une chose que je repoussais au maximum, ou que j’attendais avec impatience ?

Celui qui attend la Vie Eternelle, celui-là s’investit vraiment dans le monde et méprise les richesses. Et il annonce le Christ, qui est la Vie Eternelle. Et il a soif du Christ, au point de le prier chaque jour, chaque heure, chaque minute de sa vie ! Voilà le Juste.

* *
Envoie Lazare tremper dans l’eau le bout de son doigt
pour me rafraîchir la langue !

Attention : cette parabole n’est pas une description de l’enfer et du paradis ! Elle décrit la situation du riche et du pauvre. Et elle ne dit pas non plus que les pauvres doivent se sentir heureux, parce qu’ils seront consolés plus tard ! Une telle interprétation tombe sous le couperet de Marx : c’est de l’opium pour permettre une meilleure exploitation de l’homme par l’homme !

Le riche, qui n’a pas de nom puisqu’il ne vit que pour l’argent, et l’argent est impersonnel, est celui qui ne voit pas le pauvre. Ses richesses lui semble lui suffire. Il ne sent pas la soif qui est en lui, qui est la même que pour le pauvre.

Le pauvre, lui, a un nom : car DIEU connaît et soutient le pauvre. Il vit auprès de lui, il se fait pauvre jusqu’à la croix pour lui, en Jésus. Sur la croix, Jésus dira : « J’ai soif ! ». Le pauvre est celui qui a soif et qui a faim. Matériellement, bien entendu, mais surtout humainement et spirituellement. Ici, seuls les chiens s’intéressent à Lazare. Voilà sa véritable misère.

Alors, après la mort, que se passe-t-il ? Si l’on pense que DIEU montre sa bénédiction dans la richesse, dans la santé, dans le bien-être et le confort, nous dit Jésus, on risque d’être très déçu dans l’Au-Delà ! C’est ce qui fait que le riche se reconnaît à ce qu’il ne parle jamais de la mort ; à ce qu’il parque la mort à l’extérieur, et ne la voit que comme ce squelette menaçant de tout lui faucher (c’est de là que vient cette expression)...

Dans le fond, le riche de la parabole découvre tout simplement que dans l’Au-Delà, il est un homme qui a soif. Il n’a pas voulu le voir avant, et c’est cela qui a égaré ses pas. DIEU l’a laissé libre.

Alors pourquoi attendre ? Quel est mon désir de la Vie Éternelle ? Il faudra abandonner veau, vache, poulet... comme dit la fable. Il faudra abandonner maison, piscine, tableaux, piano, télé plasma giga...

Dans la vie Éternelle, seules les relations que j’aurai établies en vérité m’abreuveront, pour une joie, une plénitude infinies ! Et nous ne voulons pas en parler autour de nous ? Le monde n’a pas besoin d’entendre parler de Jésus, de la Vie Eternelle ?

* *
La mission cette année

Cette année encore, nous devons être missionnaires. Ne pas oublier l’annonce explicite de la foi, du nom de Jésus que notre société veut laisser dans l’anonymat, à la porte.
- Appeler à la foi,
- vivre de la foi,
- et inviter à l’Eucharistie tous ceux que nous rencontrons !

L’Eucharistie, c’est la Vie Éternelle qui est tellement impatiente de se donner à nous qu’elle se livre à nous dans le pain et le vin chaque dimanche. Et nous disons encore que la messe n’est pas importante ?

On nous a tellement martelé que la messe n’était pas obligatoire qu’on l’a cru... Certes, si ce n’est qu’une loi, elle n’a aucune saveur. Mais quand on a compris le cœur, quand on a compris qu’à la messe, DIEU se fait pauvre pour nous rejoindre dans notre pauvreté et nous abreuver, nous qui crions notre soif, alors cela change tout : la messe n’est plus obligatoire, elle est tout simplement nécessaire !

Nos savons donc ce que nous devons annoncer autour de nous, avec courage et vérité. Pour cela, nous allons demander la bénédiction de DIEU, tous ensemble. Et nous plonger pour cela dans la prière, nous mettre à genoux devant DIEU pour nous tenir debout dans le monde.

Merci à tous pour le don de vous-mêmes !
Merci à tous de crier votre soif vers le Seigneur !
Merci à tous d’aller abreuver le monde qui a soif !

C’est là le cœur de notre vie, le cœur de notre mission, le cœur de la mission de l’Église.

Avec toute mon affection fraternelle,

+ Père Alain

Réagir à cet articleRéagir à cet article

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Dans l'Eglise

Diocèse d'Autun

Pastorale du Tourisme du diocèse d'Autun

RCF Parabole

Eglise de France

Nouvelles du Vatican

Suivre le Pape François avec L'Osservatore Romano

Zenit, le monde de Rome


(|non)]