[ L’Eglise s’est t-elle demandée si la femme avait une âme ?
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        L’Eglise s’est t-elle demandée si la femme avait une âme ?

L’Eglise s’est t-elle demandée si la femme avait une âme ?

Très régulièrement cette question revient à l’ordre du jour ; certains prétendent que pendant des siècles l’église l’a nié, les plus bienveillants répètent qu’elle s’est posée la question dans l’un ou l’autre Concile. Tout simplement, tout cela est faux et n’a aucun fondement... On peut chercher dans tous les compte rendus des conciles, on ne pourra jamais y trouver la moindre référence à une question de ce genre. Mais les vieux canulars anticléricaux ont la vie dure !


Source : Jean Sévillat, Historiquement correct, « Le Moyen Âge redécouvert », Perrin (2003), p. 22-24, extraits remis en page.


LA FEMME AU MOYEN ÂGE

Georges Duby, dans Le Mâle Moyen Age [1], a contesté le jugement positif porté par Régine Pernoud sur La femme au temps des cathédrales [2]. Un autre grand médiéviste, Jean Favier, considère que « dans l’ensemble, le Moyen Age protège la femme, tenue pour fragile et exposée » [3].

Évidemment, si l’on raisonne à partir du concept de « parité », il est certain que la femme, au Moyen Âge, ne jouit pas de la même autonomie que l’homme. Encore doit-on considérer les droits essentiels dont elle bénéficie.
- Dans les assemblées urbaines ou les communes rurales, les femmes, lorsqu’elles sont chefs de famille, possèdent le droit de vote.
- Chez les paysans, les artisans ou les commerçants, il n’est pas rare que la femme dirige l’exploitation, l’atelier ou la boutique. À la fin du XIIIe siècle, à Paris, on trouve des femmes médecins, maîtresses d’école, apothicaires, teinturières ou relieuses.

Régine Pernoud souligne que, contrairement à ce qui se passe en Extrême-Orient ou dans les pays musulmans, les progrès du libre choix du conjoint accompagnent la diffusion du christianisme.
Entre le Ve et le Xe siècle, l’Église se bat pour limiter les cas d’annulation de mariage et interdire la répudiation - coutume romaine et coutume germanique -, ce qui améliore considérablement la condition féminine.


L’ÂME DE LA FEMME ?
UN BOBARD ANTICLÉRICAL À LA VIE DURE !

En 1990, Laurent Fabius, alors président de l’Assemblée nationale, reprend devant l’hémicycle du Palais-Bourbon un vieux mensonge historique : « Les docteurs de l’Église ont discuté pendant des siècles pour savoir si les femmes avaient une âme »

Lancé au XVIIe siècle, ce bobard fait partie depuis du répertoire anticlérical. Quelle est son origine ?

Dans son Histoire des Francs, Grégoire de Tours, né en 539, raconte un incident survenu cinquante ans avant sa naissance. Au synode de Mâcon, en 486, un prélat aurait soutenu qu’ « on ne devait pas comprendre les femmes sous le nom d’hommes », utilisant le mot homo (= être humain) avec le sens restrictif du latin vir (= individu de sexe mâle).
Grégoire de Tours rapporte que, s’appuyant sur l’Écriture, « les arguments des évêques le firent revenir » l’intervenant de cette interprétation erronée, ce qui fit « cesser la discussion ».
En fait de controverse qui aurait duré des siècles, c’est tout.

Si l’Église avait douté de la pleine nature humaine de la femme (un corps et une âme, selon la théologie), comment aurait-elle pu vénérer la Mère du Christ, déclarer saintes tant de martyres de l’aube chrétienne (Agnès, Cécile, Agathe, Blandine, Geneviève...), et distribuer baptême et communion à des créatures sans âme ?


LES HAUTES FIGURES FÉMININES
ONT RYTHMÉ L’HISTOIRE DE L’ÉGLISE

D’Héloïse à Hildegarde de Bingen, on ne compte pas les hautes figures féminines de la chrétienté médiévale.

Au XIIe siècle, la première abbesse de Fontevraud, Pétronille de Chemillé, nommée à vingt-deux ans, commande un monastère double, regroupant une communauté d’hommes et une communauté de femmes.
Les moines ne se sont jamais plaints d’être dirigés par une femme.

Et les reines ? Couronnées comme le roi, elles exercent le pouvoir en son absence. Aliénor d’Aquitaine ou Blanche de Castille, quelques-unes de ces femmes dominent leur époque.

Notes

[1Flamarion, (1987)

[2Stock (1980)

[3Fayard (1993)


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