[ L'Église se construisait, avançait et se multipliait dans l'Esprit Saint
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
http://saintsymphorien.net/L-Eglise-se-construisait-avancait
        L’Église se construisait, avançait et se multipliait dans l’Esprit (...)

L’Église se construisait, avançait et se multipliait dans l’Esprit Saint

Homélie du 5e dimanche de Pâques (06 mai 2012)

• Livre des Actes des Apôtres 9,26-31
« L’Église était en paix dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie. Dans la crainte du Seigneur, elle se construisait et elle avançait ; elle se multipliait avec l’assistance de l’Esprit Saint. »

• Psaume 22(21),26-27ab.28-29.31-32
« Tu seras ma louange dans la grande assemblée. »

• Première lettre de saint Jean 3,18-24
« Voici son commandement : avoir foi en son Fils Jésus Christ, et nous aimer les uns les autres comme il nous l’a commandé. »

• Évangile de Jésus-Christ
selon saint Jean 15,1-8
« Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voudrez, et vous l’obtiendrez. Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous donniez beaucoup de fruit »

- lire l’intégralité des textes de ce jour



L’Église se construisait,
elle avançait et se multipliait
avec l’assistance de l’Esprit Saint


Qu’est-ce qui différentie l’Église d’un rassemblement politique ? C’est l’expérience du Christ que nous avons faite et qui permet que, si différents que nous soyons par nos tempéraments, nos origines, notre histoire... nous nous reconnaissons tous de la même famille. Non pas parce que nous avons des “idées communes”, mais parce que nous avons une même foi en Christ qui ne nous a pas fait de séduisants discours en tapant sur les autres — en sa bouche, il ne s’est trouvé aucun mal, dit Pierre —, mais qui a livré sa vie pour nous.

L’Église se construisait, avançait et se multipliait : voilà le souci du chrétien, que l’Église se construise, avance et se multiplie. On ne peut pas dire, quand on est chrétien, que l’Église n’a pas d’importance. C’est comme si l’on disait que notre propre mère n’avait pas d’importance ; que nos frères et sœurs — même père et même mère — n’avaient pas d’importance. Que serions-nous sans l’Église par qui des milliards d’hommes et de femmes ont accédé à la parole du Christ qui a changé leur vie, certes, mais qui a surtout changé la face du monde par l’Église, par cette famille spirituelle qui fait que nous avons des frères et sœurs jusqu’en Chine, en Australie, en Amérique Latine, au Groenland, tout autant qu’à la porte d’en-face ou travaillant sur le bureau d’à-côté. Et notre joie, c’est que l’Église se construise, avance et se multiplie avec l’assistance de l’Esprit Saint.

* *
Tu seras ma louange
dans la grande assemblée


Chose étrange pourtant... le silence que nous nous imposons au sujet de notre foi, de notre famille, du Christ. Comme si être chrétien était une “option personnelle” : “C’est ma vie : chacun ses choix, chacun chez soi” — tiens, essayez de dire ça dix fois de suite à toute vitesse, rien que pour rire ! — ; on a fait croire aux chrétiens que faire partie de l’Église consistait en deux mots d’ordre : se taire et militer. Il fallait se taire, s’enfouir, que personne ne voie plus les chrétiens qui se sont mis à longer les murs, comme en période de persécution... Et il fallait militer pour de grandes causes, s’indigner façon GreenPeace, Unicef, etc. Alors oui : il ne faut pas asséner, ni récupérer ni faire de prosélitisme de bas étage, d’accord. Oui, il faut prende fait et cause contre les injustices du monde, la torture, la misère, etc.

Mais il y a un critère de discernement que le monde nous a fait laisser de côté, et qui, peu à peu, nous a fait abandonner le cœur de notre présence dans le monde : la louange dans la grande assemblée. Les chants chrétiens sont devenus des chants patriotiques (Sauvez, sauvez la France !) d’un côté, et de l’autre, on a transformé le prophète Isaïe en tête de file syndicale (Si tu dénoues les liens de servitudes, si tu libères ton frère enchaîné...) Et les Églises se sont vidées justement à ce moment-là, parce qu’on avait pas besoin des chrétiens pour faire ce qu’on faisait très bien sans eux. Nous avons oublié que nous n’étions pas sous le joug de mots d’ordre complètement mondains, mais d’un commandement qui ne nous disait pas : “tais-toi et milite”, mais loue ton Seigneur et aime ton frère.

* *
Avoir foi en son Fils Jésus Christ,
et nous aimer les uns les autres


Voilà ce qui est notre force, frères et sœurs, aimés de DIEU. Voilà ce qui fait notre identité, mais surtout, voilà ce que nous avons à transmettre si nous voulons éviter que notre société se divise en partis revanchards.

Ce soir, certains d’entre nous seront dans la joie, d’autres dans l’inquiétude. Moi, je serai dans la chapelle en train de prier pour les uns comme pour les autres. Ce soir, l’exultation ne sera pas paisible, de quelque bord que ce soit : ce sera l’exultation d’un peuple dont les enfants ont été mis en guerre les uns contre les autres, et il n’y a pas de quoi en être fier. Cela n’a rien d’un jeu. C’est triste.

Ce soir, j’aimerais que tous, nous tous, de droite comme de gauche, quelles que soient nos idées qui ont toutes leur part de générosité et d’espoirs, nous ayons une bougie, un lumignon éclairé dans la pièce à côté de la télévision ou de la radio, et que cette lumière nous rappelle qui nous sommes, en qui réellement nous avons foi et quelle est la source de la vraie joie en ce monde, et que nous gardions en mémoire cette parole fondatrice de notre Seigneur Jésus Christ qui a livré sa vie pour nous pour nous faire vivre de sa résurrection.

Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voudrez, et vous l’obtiendrez. Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous donniez beaucoup de fruit

Ce soir, que je me pose la question : suis-je en train de vivre en ressuscité, ou suis-je en train de vivre selon le monde ? Ma foi est-elle dans un parti, ou en Christ qui est ma vraie joie, quel que soit le gouvernement sous lequel je suis placé pour un temps ? Mon voisin qui n’a pas les mêmes idées que moi est-il mon adversaire ou mon frère ? Bref : qu’est-ce qui me fait vibrer : que mon parti gagne les élections ou que le Fils de DIEU meure pour moi et me donne la vie, ici et maintenant, pour que je porte du fruit là où je suis, sans état d’âme, avec courage et amour ?

N’oubliez pas d’éclairer la bougie ce soir avant de vous plonger dans les affres guerrières de ce monde. Que les plus joyeux d’entre nous ce soir prient pour leurs frères et sœurs qui seront tristes, et que les plus tristes ne regardent pas les plus joyeux comme des ennemis, mais prient pour eux et pour l’engagement difficile dont ils seront les fers de lance. Une seule chose compte : que nous demeurions en Christ et que ses paroles demeurent en nous. Alors seulement, dans la paix, l’Église notre famille continuera de se construire, d’avancer et de se multiplier.


Avec mon affection fraternelle,

Père Alain


1 réaction


7 mai 2012 21:40

Merci Père Alain pour cette homélie qui apaise bien les choses.

- repondre message


 

Réagir à cet articleRéagir à cet article

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Dans l'Eglise

Diocèse d'Autun

Pastorale du Tourisme du diocèse d'Autun

RCF Parabole

Eglise de France

Nouvelles du Vatican

Suivre le Pape François avec L'Osservatore Romano

Zenit, le monde de Rome


(|non)]