[ L'Esprit Saint dans la vie du chrétien
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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L’Esprit Saint dans la vie du chrétien

Homélie du 6e dimanche de Pâques – Premières communions (29 mai 2011)

• Livre des Actes des Apôtres 8,5-8.14-17
« Pierre et Jean imposèrent les mains [aux Samaritains],
et ils recevaient le Saint-Esprit. »

• Psaume 66(65),1-3a.4-5.6-7a.16.20
« Toute la terre se prosterne devant toi,
elle chante pour toi, elle chante pour ton nom »

• Première lettre de saint Pierre Apôtre 3,15-18
« Dans sa chair, [le Christ] a été mis à mort ;
dans l’esprit, il a été rendu à la vie. »

• Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 14,15-21
« [Le Père] vous donnera un autre Défenseur
qui sera pour toujours avec vous. »

- lire l’intégralité des textes de ce jour



Pierre et Jean imposèrent les mains [aux Samaritains],
et ils recevaient le Saint-Esprit


Aujourd’hui, nous vivons avec les CM2 un moment important de leur vie chrétienne : l’accès à la “première communion”. Magnifique moment où vous dites à la communauté qui vous entoure : je crois en l’Église et je viens avec vous participer à la fraction du pain comme le Christ nous a demandé de le faire : « Prenez et mangez, ceci est mon corps livré pour vous. Prenez et buvez, ceci est mon sang versé pour vous. Vous ferez cela en mémoire de moi. »

Ce pain est le pain de Dieu. Apparemment, ce n’est que du pain, même après les paroles de la consécration. Si ce n’était pas le cas, ce serait terrible ! Si le pain devenait visiblement le corps du Christ, de la chair, d’une part nous n’aurions plus le choix de croire ou non, devant l’évidence du miracle ; et d’autre part, nous ne serions plus dans l’ordre de la foi mais de la magie... Nous ne serions plus libres, et nous serions obligés de nous soumettre à l’évidence. Certains pensent que ce serait plus facile... alors que ce serait insupportable : nous serions sous l’emprise tyrannique d’un Dieu qui ne chercherait pas à nous faire grandir mais à nous assujettir devant l’évidence de sa supériorité toute puissante.

Heureusement, la vérité de Dieu n’est pas dans l’évidence. Elle est dans l’invitation ; elle est dans l’attention, dans l’écoute et dans la liberté. Personne ne vous obligera à continuer à venir communier tous les dimanches suivants. Il faudra que vous fassiez un choix, et vous verrez que c’est difficile.

Pourquoi est-ce si difficile de choisir de venir communier ? Parce que nous oublions que quelque chose nous précède toujours. Nous voulons être maîtres des choses, de la vie : « Je veux ! », « Je suis libre parce que je veux », « je fais ce que je veux »... Mais dans le fond, que veux-tu ?

Tu veux que quelqu’un t’aime. Que quelqu’un t’aime jusqu’au bout, livre sa vie pour toi pour te dire combien tu as de la valeur, combien tu es important, et t’invite ainsi à te donner à ton tour.

Seulement voilà : dans l’ordre de l’amour, nous sommes des réservoirs percés ! Nous avons besoin qu’on nous redise tous les jours : « Je t’aime », parce qu’on a beau le savoir, dans le fond, on n’y croit jamais vraiment... Or c’est précisément le rôle de l’Esprit Saint que de nous rappeler tous les jours, à chaque instant, que nous sommes aimés infiniment de Dieu.

L’Esprit Saint est celui qui nous rappelle chaque jour, à chaque instant, que le Christ est mort pour nous ; qu’Il a livré sa vie pour nous et qu’à travers Lui, le Père nous aime de toute éternité. Sans l’Esprit Saint, nous oublions d’où nous sommes et où nous allons. L’Esprit Saint illumine chaque jour de la Lumière de l’amour éternel qui brille entre le Père et le Fils, qui déborde sur la Création et sur tout homme s’ouvrant à cette lumière. Voilà pourquoi les Samaritains avaient besoin de recevoir l’Esprit Saint.

* *
Toute la terre se prosterne devant toi,
elle chante pour toi, elle chante pour ton nom

Sans l’Esprit Saint, aucun homme ne peut découvrir de l’intérieur ce que le monde, la vie, sa vie recèle de plus précieux et de plus noble au regard du sacrifice de la Croix du Christ.

Et le mystère s’accroît lorsqu’on songe que « la création tout entière attend la révélation des Fils de Dieu » [1]. Il ne s’agit plus seulement de recevoir l’Esprit Saint “pour soi”, mais pour la création... Pour qu’à travers nous, la création tout entière accède à la louange de son Créateur, à la gratitude.

Nous avons du mal à entrer dans la dimension cosmique de la foi et de la louange, parce que pour nous, la création n’est qu’un lieu de consommation, un milieu de vie biologique, une réserve à exploiter, un matériau à user... Nous ne regardons pas le monde avec les yeux de Dieu, mais avec ceux de consommateurs.

Nos frères orthodoxes sont plus sensibles que nous à la responsabilité de l’homme vis-à-vis de la création. Il y a ici comme un impératif écologique où la création manifeste vis-à-vis de l’homme une attente : que les fils de Dieu fassent monter la louange cosmique vers le Père.

Essayez ! Chantez au nom de la création ! Devenez sa voix Répondez à votre mission ! Vous vous sentirez habités d’une solidarité toute nouvelle et vous ne regarderez plus la terre, le ciel ou l’univers de la même manière...

* *
Dans sa chair, [le Christ] a été mis à mort ;
dans l’Esprit, il a été rendu à la vie

Au cœur de cette création, il y a la chair. Non pas une réalité “mauvaise”, mais une réalité périssable. Même Dieu – c’est le mystère de l’Incarnation – s’est soumis à la loi de la chair, qui est de mourir. Mais qu’est-ce que mourir ?

Mourir, dit le Christ, c’est faire de sa mort un acte de vie, c’est-à-dire un acte d’offrande de soi total et sans réserve pour que les autres aient la vie. Il ne s’agit pas seulement de mourir pour mourir, mais d’une mort féconde, qui porte du fruit. Alors, miracle de miracles, la chair revit. La mort n’a pas le dernier mot, elle n’a pas de prise sur la chair qui entre dans l’éternité.

Cette chair tellement essentielle, en qui est inscrite toute notre histoire, notre mémoire, nos relations les plus fortes de l’existence... Comment pourrait-elle mourir ? Comment tout ce que nous avons vécu pourrait-il s’évanouir dans le néant ?

Alors voici qu’est livré l’Esprit. L’Esprit donné par Dieu, par lequel Dieu a fait la création. Si nous croyons que Dieu a créé le monde, comment ne pourrait-il pas, par le même Esprit, rendre la chair capable de vie éternelle ? Mais encore faut-il le Lui demander, et vivre en conséquence... Car la vie éternelle est déjà commencée, ici et maintenant.

Comment ? Par la pratique religieuse, pardi ! Cette pratique, qui nous fait nous préparer à communier à Dieu chaque dimanche, nous prépare à communier à Dieu pour l’éternité. La pratique manifeste notre désir, ou notre refus d’une chair appelée à vivre éternellement.

Venir communier à la messe le dimanche n’est pas une “obligation”, mais le signe de notre désir à répondre au don de Dieu qui veut nous donner la vie éternelle. Sans la pratique, nous oublions la vie éternelle ; nous perdons les mots pour en parler ; nous perdons de vue la mort comme une porte vers la vie, même au cœur de mille souffrances.

Nos frères les plus pauvres sont ici nos maîtres : combien d’hommes, de femmes, d’enfants, en Éthiopie, au Soudan, en Corée du Nord, en Haïti, meurent de faim, et pourtant restent dans la louange ?!? Parce qu’ils n’ont pas les oreilles remplies de bruit ou l’estomac rempli de friandises, il ont un cœur prêt à louer, même à 8 ans ! Ils vivent plus que nous. Ils sont déjà dans l’éternité.

* *
[Le Père] vous donnera un autre Défenseur
qui sera pour toujours avec vous

Il ne s’agit donc pas de “faire sa première communion” pour “faire sa première communion”. Il faut venir communier comme le signe que nous voulons inscrire notre chair dans l’éternité, avec le Christ.

Pour cela, ma chair doit être habitée par l’Esprit qui vivait en Christ, et qui l’attachait à la source de Vie qu’est le Père. L’Esprit, c’est Celui par Lequel le Fils reste attaché au Père, et le Père au Fils. C’est Celui par qui nous restons attaché à Jésus et Jésus peut rester attaché à nous, au plus profond de nous. L’Esprit est Celui par qui nous vivons la communion, Celui par qui nous pouvons communier à la Chair du Christ marquée par la résurrection, mais qui, pour nous laisser libres, reste cachée sous les apparences du pain et du vin consacrés, vrai Corps et vrai Sang du Christ Jésus.
- Vivez de cet Esprit : il vous apprendra mille choses.
- Écoutez l’Esprit : il illuminera vos vies d’amour.
- Laissez-vous conduire par l’Esprit : Il connaît le chemin qui mène au Père, par le Christ.
- Laissez-vous brûler au feu de l’Esprit : vous découvrirez combien vous avez de la valeur au yeux de Dieu.
- Laissez-vous transformer par l’Esprit : vous découvrirez la louange, vous regarderez le monde avec le regard de Dieu, et vous verrez qu’il est bon, ce monde !

À travers tout cela, manifestez votre vraie liberté.

Avec mon affection fraternelle,

+ Père Alain


Notes

[1Rm 8,18-23

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