[ L'Esprit de la Joie
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
http://saintsymphorien.net/L-Esprit-de-la-Joie

L’Esprit de la Joie

Livre des Actes des Apôtres 10,25-26.34-35.44-48.

« Pierre parlait encore quand l’Esprit Saint descendit sur tous ceux qui écoutaient la Parole. »

Psaume 98(97),1.2-3ab.3cd-4
« Acclamez le Seigneur, terre entière,
sonnez, chantez, jouez ! »


Première lettre de saint Jean 4,7-10
« Ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés »

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 15,9-17
« Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. »

- lire l’intégralité des textes de ce dimanche




Nous voici à quelques jours de l’Ascension qui précède la fête de la Pentecôte, et la liturgie commence à nous parler de plus en plus fébrilement de l’Esprit Saint. Alors interrogeons-nous encore et encore sur la raison d’être de cet Esprit.

L’Esprit Saint est d’abord, pour ainsi dire, l’Esprit du Christ Jésus ; l’Esprit et qui animait Jésus, qui vient du Père et que le Christ transmet à l’Église par sa mort et sa résurrection. Or que produisait l’Esprit ? Il faisait que les communautés chrétiennes avaient une manière de vivre qui interrogeait. Les gens se demandaient : "Mais de quel esprit vivent ces gens ?", et eux de répondre : "Nous vivons de l’Esprit de Jésus". Et hop : c’était l’occasion d’évangéliser et de parler de ce fameux Jésus sauveur.

Que veut dire : "Vivre de l’Esprit de Jésus" ? Cela signifie que les communautés avaient à cœur d’obéir au commandement de l’amour mutuel laissé aux disciples. Est-ce que cela veut dire que tout était parfait ? Non ! On n’est pas dans le monde des bisounours !!! Mais ils avaient cet art, lorsqu’il y avait des tensions, de savoir se pardonner les uns aux autres, et ça, c’était profondément nouveau. Ils vivaient ce que nous essayons de vivre dans la communauté paroissiale : tout est-il parfait ? Non. Mais j’y reconnais tous les jours un vrai travail d’écoute, d’accueil, de pardons quand c’est nécessaire, etc. etc. Et non pas seulement comme la mise en œuvre de “valeurs”, mais comme un véritable travail dont le but est de nous conduire… à la JOIE !

J’insiste énormément sur cette question de la JOIE, parce qu’elle est essentielle. Non pas pour nous exhorter simplement à avoir des sourires niais, mais parce que la véritable JOIE naît précisément du travail de l’amour mutuel vécu dans l’Esprit du Christ. Assez de ces chrétiens soi-disant “sérieux” qui tirent une tronche de 15 km sous prétexte qu’ils sont les seuls à s’occuper des difficultés du monde. Le saint ne se reconnaît pas à sa tristesse mais à sa JOIE ! C’est parce que nous l’oublions trop souvent que nous ne sommes pas crédibles. Car ce monde attend des pourvoyeurs de JOIE. Non pas des pourvoyeurs de bonheur, parce que les bonheurs que le monde propose sont des bonheurs tristes. Des pourvoyeurs de JOIE. Redisons-le : Jésus n’est pas venu apporter le bonheur, mais la JOIE. Quand il parle de bonheur, c’est toujours pour dire : "Bienheureux ceux qui ont soif, ceux qui ont faim, ceux qui pleurent, etc." Drôle de bonheur !!! Sauf que c’est effectivement le bonheur de ceux qui ont soif de la JOIE et qui savent que la JOIE ne paraît que lorsqu’on s’est mis à l’ouvrage, et en particulier à l’ouvrage de la charité.

Je rappelle une fois encore ce qui conduit à la véritable JOIE. Le principe est le suivant : il n’y a de JOIE que lorsqu’il y a eu passage [1], c’est-à-dire franchissement d’une épreuve. Je reprends toujours le même exemple : quand on subit un concours, ou un examen, on dit très justement qu’on les "passe". Parce que tout l’enjeu est là : il faut passer. C’est ce que signifie saint Jean lorsqu’il dit que l’heure est venue pour Jésus de « passer de ce monde au Père ». Jean ne parle pas d’une simple translation : il parle de passer une épreuve, en vue d’une JOIE. C’est encore la raison pour laquelle on ne comprend rien à la célébration de Pâques si on n’a pas vécu le Triduum qui précède ! Ça n’a rien de morbide, au contraire : il faut "passer" la Passion avec le Christ pour entrer avec Lui dans la JOIE du Salut. Pourquoi aujourd’hui nos contemporains ne comprennent plus l’importance du Christ dans leur vie ? Parce que le monde n’arrête pas d’essayer de leur faire “éviter” les épreuves, alors même qu’ils en traversent des tonnes. On leur propose des méthodes de "bien-être" pour qu’ils ne pensent plus aux difficultés de la vie, alors qu’il faut au contraire les vivre à fond pour leur donner le courage de les traverser et un sens qui est celui de la JOIE.

Mais revenons à l’exemple du passage d’un concours. Je le prépare pendant un an ; voilà le jour de l’épreuve ; je la passe du mieux possible et je vis ce moment assez pénible de l’attente des résultats. Le jour de leur proclamation, je m’avance pour savoir si mon nom est reçu sur les listes, et tout à coup, je le vois inscrit : EX-PLO-SION DE JOIE ! Maintenant, imaginons que je ne sois pas sûr de moi et que je triche, sans être pris. Je trouve mon nom dans la liste des reçus au concours le jour de la proclamation des résultats, mais je n’explose plus de joie. Tout au plus, je suis soulagé. pourquoi ? Parce que j’ai évité l’épreuve.

Quand on a compris ça, on n’est plus surpris que la vie dans l’Esprit n’écarte pas les épreuves, mais au contraire nous les fasse reconnaître, pour mieux les traverser au nom de et avec le Christ. Parce qu’alors, quoi qu’il arrive, nous savons que c’est pour la JOIE ! Étonnant témoignage de ce prêtre népalais qui disait sur Radio Vatican :
0

« Quand c’est arrivé, on a tous eu peur. Et puis on a été complètement abattus : Jamais on n’a connu ça. Et puis, sans savoir pourquoi, une force s’est installée en nous, et on ne s’est plus posé de questions : on reconstruit, et on se porte secours les uns les autres. Et si c’est difficile, LA JOIE DE L’ESPRIT SAINT NE NOUS A PAS QUITTÉS ! »

Eh bé ! Et nous qui nous complaisons à nous déclarer victimes de tout ; et cet État qui ne vise qu’à édicter des lois de tristesses parce qu’il n’y connaît rien à l’anthropologie et qu’ils ne connaît que les procédures de fonctionnements administratifs et anonymes au service de ses idéologies mortifères !!! Qui nous redonnera la JOIE ? Qui nous rouvrira le chemin de la JOIE ? Le chemin du vrai courage ? Seul l’Esprit du Christ, vécu d’abord dans nos communautés chrétiennes, puis dans nos familles, pour déborder ensuite dans notre travail et nos engagements dans la société, nous y conduira.

Ce n’est pas d’un autre chemin dont parle notre pape François depuis le début de son pontificat. Et ça n’est pas un autre chemin auquel nous convoque le Christ dans son Eucharistie : oui, l’Eucharistie fait mémoire de la mort tragique de Jésus sur la Croix, mais c’est pour entrer dans la JOIE de la Résurrection avec Lui. Les oraisons des dimanches de Pâques n’arrêtent pas d’appeler à la JOIE, parce qu’elles sont inspirées de l’Esprit de Jésus qui est à l’œuvre en nous par notre Baptême. Être fidèle à la grâce du Baptême, c’est être de JOYEUX CHRÉTIENS, tant il est vrai qu’un saint triste est un triste saint.

Avec toute mon affection fraternelle,

Père Alain


Réagir à cet articleRéagir à cet article

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Dans l'Eglise

Diocèse d'Autun

Pastorale du Tourisme du diocèse d'Autun

RCF Parabole

Eglise de France

Nouvelles du Vatican

Suivre le Pape François avec L'Osservatore Romano

Zenit, le monde de Rome


(|non)]