[ L'Esprit et l'Épouse disent : “Viens !”
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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        L’Esprit et l’Épouse disent : “Viens !”

L’Esprit et l’Épouse disent : “Viens !”

• Livre des Actes des Apôtres 7,55-60
« Seigneur Jésus, reçois mon esprit.. »

• Psaume 97(96),1-2b.6.7b.9
« Le Seigneur est roi ! »

• Livre de l’Apocalypse 22,12-14.16-17.20
« L’Esprit et l’Épouse disent : “Viens !” »

• Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 17,20-26
« Que tous, ils soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. »

- lire l’intégralité des textes de ce jour




L’Esprit et l’Épouse disent : “Viens !


Une fois n’est pas coutume, écoutons ce dimanche d’abord l’Apocalypse. Nous sommes tout à la fin du livre, et ces derniers versets nous dévoilent [1] quel est le cœur de la prière chrétienne, ce qui la rythme et la fait palpiter : encore et toujours le désir de DIEU (cf. homélie de l’Ascension).

Mais qu’est-ce que le "désir de DIEU" ? Il est d’abord le désir de Jésus qui nous enseigne quel est l’objectif premier de toute prière : l’unité avec le Père. Hors de cet objectif, DIEU reste un étranger : un Roi, un Juge, ce que vous voulez, mais en définitive un étranger. Donc le premier point d’attention, alors que nous allons faire mémoire dimanche prochain du don de l’Esprit à la Pentecôte : faire de ma prière avant tout une recherche du Père. Demande, en tout premier lieu, à être unis intimement au Père, comme Jésus le demande Lui-même et devient pour nous un modèle : un modèle filial.

Souvent, on prend un passage d’évangile qu’on “médite”. Mais on médite quoi ? En général, on s’en sort par des considérations "morales" / moralisantes en se disant : "Oui, peut-être que je devrais faire ceci ou cela”, "Sans doute est-ce que je n’en fais pas assez”, etc. On évacue l’être au profit du “faire” ; au profit des "valeurs", comme on dit aujourd’hui dans les milieux autorisés. Et en général aussi, on en reste là : une jolie petite considération sur ce qu’on devrait faire ou ne pas faire, on range l’évangile et la journée se poursuit en rangeant la lecture du matin dans un coin tellement reculé du cerveau que si j’essaye de me souvenir à midi du passage que j’ai "médité" le matin, je n’arrive plus à mettre la main dessus... [2].

Pourquoi, à ne s’en tenir qu’aux “valeurs”, cela ne porte pas de fruit ? Parce que des "valeurs" n’ont de raison d’être que lorsqu’elles sont incarnées. Mieux : lorsqu’on peut suivre ceux qui les incarnent. C’est bien la raison pour laquelle on peut s’inquiéter de lire M. Peillon et son programme révolutionnaire qui consiste à « dépouiller les élèves de leur passé pré-révolutionnaire pour en faire des citoyens » :

Le citoyen est ici parfaitement désincarné, privé de son histoire propre pour ne revêtir que celle de la révolution qui devient le mythe fédérateur, mais qui n’engendre que des orphelins : ils n’ont aucun "père" à suivre, et surtout pas celui de leur propre famille puisque le risque serait “trop grand de laisser naître des sectes dans la société” (cf. la vidéo de M. Puppinck).

Or que dit le Christ dans l’Évangile ? Il parle à son Père. Il ne vit que d’être uni à son Père comme le cœur de sa liberté qui lui donnera de porter témoignage jusqu’au bout, jusqu’à la Croix. Ce faisant, il nous ouvre le chemin filial qui nous mène nous-mêmes au Père. Oublier cela, c’est passer totalement à côté de ce que le Christ vit et enseigne, c’est régresser au niveau des seules valeurs, toutes chrétiennes qu’elles soient [3]. Lire l’Évangile en se demandant simplement si on en suit les "valeurs", c’est jeter la chair du poisson pour n’en sucer que les arrêtes...

Donc que nous rappelle le Christ alors que nous allons célébrer dimanche prochain la Pentecôte ? Que nous avons besoin du Père. Nous avons besoin de découvrir notre être filial, d’entrer dans cette intimité divine qui n’est autre que celle d’un fils (ou d’une fille) avec son Père. Et pour cela, il nous faut nous rappeler de commencer chaque prière par cet appel lancé au Christ : “Viens !”, car le Christ est la Figure par excellence qui nous précède sur ce chemin. Nous ne savons pas le prendre seul.

C’est un long chemin sur lequel il nous faut être courageux. Certains saints l’ont emprunté toute leur vie durant pour se rendre disponibles à leur être filial. Cela peut nous faire peur : nous sommes tellement conditionnés à la satisfaction immédiate de nos pulsions, à bénéficier immédiatement ce dont nous avons envie et que nous acquérons contre argent comptant... La société néo-libérale n’engendre pas de fils, mais des consommateurs compulsionnels. DIEU, le Père, n’appartient pas à ce système. C’est sans doute la raison pour laquelle il nous faut, plus que dans les temps anciens, prier ; réapprendre à prier pour retrouver une identité filiale qui nous offrira une véritable liberté. Celle du Christ exprimée dans cette grandiose prière qui précède sa Passion.

Du cœur de cette racine filiale éternelle, le Christ peut alors franchir toutes les épreuves qui déchireront sa chair, c’est-à-dire qui tenteront d’anéantir sa mémoire filiale (car cette mémoire est celle de la chair, non pas celle des valeurs). Il est celui qui a incarné, donné chair à la vie filiale dans laquelle l’Esprit Saint nous fera pénétrer toujours plus profondément. Être fils, être fille, c’est alors nous réconcilier avec notre propre chair et en faire le lieu d’une liberté souveraine : celle de l’amour que nulle idéologie ne pourra anéantir.

Que le Père nous donne de nous préparer à cette redécouverte de nous-même qui nous est offerte chaque fois que nous disons au Fils : “Viens !" ; chaque fois que nous laissons l’Esprit Saint venir habiter en nous comme en son Temple. Alors nous sentirons à quel point nous faisons partie de la famille de DIEU : par le choix libre d’ouvrir au Père le porche de notre cœur, dans la patience de celui qui sait attendre joyeusement la venue de son Père et qui rayonne de la liberté même de toute l’Église.

+ Père Alain


Notes

[1Apocalypse signifie “dévoiler

[2Je sais : certains diront : "Mais si mon Père, moi, je m’en souviens !” Bravo ! Plût à DIEU que ce soit le cas de tous, mais l’expérience mondre que loin s’en faut...

[3Le maître de cet oubli est ici le philosophe Emmanuel Kant, petit universitaire allemand qui a écrit des traités entiers de “systèmes de pensée", mais qui n’a jamais incarné les idées qu’il a élaborées. Il n’a réfléchi qu’au plan des “valeurs” et n’a engendré qu’un moralisme idéologique qui a nourri les pensées révolutionnaires au cœur de la “religion laïque” que tente d’instaurer M. Peillon.

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