[ L'ambiance préoccupante de notre société
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      L’ambiance préoccupante de notre société

L’ambiance préoccupante de notre société

Extrait du discours de Mgr Vingt-Trois à l’ouverture de la conférence des évêques de France le 26 mars 2012

Nul ne s’étonnera de voir aujourd’hui les chrétiens pleinement engagés dans le débat politique auquel notre pays est entraîné par les échéances électorales prochaines.

Extrait de la fin du discours du Cardinal Vingt-Trois



Nul ne s’étonnera donc de voir aujourd’hui les chrétiens pleinement engagés dans le débat politique auquel notre pays est entraîné par les échéances électorales prochaines. Il est trop clair que la médiatisation effrénée de cette campagne provoque des sollicitations multiples pour engager l’Église dans une prise de position particulière. Le message du Conseil Permanent du mois d’octobre dernier et les points de vigilance qu’il a soulignés nous permettent de nous situer d’une façon juste dans ce débat. Nous ne sommes pas chargés de répondre quotidiennement aux déclarations variées et variables des candidats. C’est plutôt à eux de s’exprimer par rapport aux préoccupations que nous avons énoncées. La réponse à leurs propositions viendra des urnes et du vote des Français. Dans ce vote, les chrétiens auront à se déterminer en conscience devant les graves enjeux humains, anthropologiques et éthiques qu’il implique. Je voudrais seulement vous partager ici deux préoccupations par rapport au déroulement de cette campagne, du moins tel que nous le percevons à travers les informations diverses qui nous sont distillées.

Ma première préoccupation concerne le risque de scepticisme des électeurs à l’égard de l’action politique, du personnel politique en général et des candidats aux élections en particulier. La gravité de la crise de notre société, amplifiée encore par la dramatisation de l’information, pourrait susciter chez certains une sorte de fatalisme. La réduction des analyses aux éléments économiques, sociaux ou financiers de la crise risque de masquer ses dimensions culturelle, morale et spirituelle. Nous serions devant une situation impossible à maîtriser et qui échapperait à toute volonté politique des gouvernants. Cette impression ne peut que se fortifier dans la mesure où les propositions faites ou les projets annoncés ne semblent pas toujours à la hauteur des défis à relever.

Si la crise est vraiment aussi profonde, comment pourrait-on éviter de proposer des remèdes proportionnés ? Ce serait une défaite de la démocratie si les électeurs renonçaient à voter parce qu’ils doutent des solutions présentées. Dans une crise grave, il est important que chacun prenne sa part de responsabilité en votant. L’histoire, y compris contemporaine, nous montre que des hommes et des femmes décidés et qui déclarent ouvertement leurs projets peuvent changer quelque chose, même si c’est douloureux pour tous.

Ma seconde préoccupation concerne l’ambiance de notre société. La confrontation démocratique ne peut pas faire l’économie de débats vigoureux et musclés, et c’est sans doute sain. Mais quand la confrontation se transforme, plus ou moins, en appel à la haine envers d’autres candidats et à l’expression du mépris de l’autre, elle engage l’avenir de manière inquiétante. Dans une élection où les résultats sont nécessairement serrés, il n’est pas sain que les positions adverses soient diabolisées. Comment oublier que, derrière les candidats que l’on démolit, il y a des électeurs qui constituent un pourcentage important de la population et qui ne doivent pas être rejetés dans une sorte d’opprobre ? Le pays ne peut se rassembler dans un effort commun si sont semées la haine et la violence.

Sur ces deux préoccupations, je sais que les chrétiens sont attentifs et veillent à mener le combat politique dans le respect mutuel. Nous devons les y encourager et leur en rappeler les obligations quand besoin est. Notre Église n’est ni un parti politique, ni un groupe de pression qui défendrait des intérêts corporatistes. Ses membres sont simplement des citoyens sérieux et respectueux des institutions. Mais notre mission d’annoncer le Christ mort et ressuscité nous permet de contribuer efficacement au service du bien commun. En annonçant que les institutions sont au service du respect de la personne humaine, nous rappelons le sens des fonctions sociales. En invitant les chrétiens à prier et approfondir leur vie intérieure, nous contribuons à former des citoyens libres à l’égard des idoles du moment, notamment la frénésie financière. En invitant les personnes à servir comme le Christ a servi, nous développons le sens de la responsabilité, nous encourageons l’émergence de militants bénévoles, d’élus dignes de confiance.


2 réactions


18 avril 2012 11:08

Merci pour ce message.
Il recentre la mission du chrétien : être acteur dans la société dans laquelle il vit,
s’y engager véritablement au niveau qui est le sien,
être ferment dans la pâte afin de témoigner de la Lumière du Christ dans Son Corps,
tout cela appuyé sur la prière.
En désertant, cette place qui est la sienne selon la Volonté du Père resterait sans effet.

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18 avril 2012 16:23, par Wetzel

En réponse à un journaliste du Figaro (31 mars) le cardinal indique "qu’il y a 13 critères- dans la déclaration des Evêques- qu’un catholique doit avoir présent à l’esprit en votant" et réaffirme "nous pensons qu’il est meilleur pour un enfant d’être élevé par son père et sa mère...qu’il est plus humain d’accompagner les gens dans leur fin de vie que d’accélérer ou de décider leur fin de vie"
Ma conviction et mes divers engagements sociaux me conduisent à penser que nous devons être au coeur des projets visant à soutenir les blessés de la vie, c’est en offrant près de chez nous des solutions alternatives concrètes que l’engagement moral prend tout son sens ; le reste est baratin pour bonnes consciences. Nous ne sommes pas engagés disait bernanos, nous sommes fidèles.

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