[ L'avent appelle de notre part attente et vigilance
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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          L’avent appelle de notre part attente et vigilance

L’avent appelle de notre part attente et vigilance

Les échéances et les dates importantes ne manquent pas dans notre calendrier mondial : prochaines élections présidentielles, non seulement en France mais dans beaucoup de pays aspirant aujourd’hui à la démocratie, début d’une nouvelle année civile, échéances économiques. Au milieu de tant d’événements, le commencement d’une nouvelle année liturgique risque de ne guère retenir l’attention.

Pourtant l’Église nous invite à vivre quatre semaines d’avent. Il est bon pour nous de voir comment ce temps est célébré par la liturgie. Temps de l’avènement ou de la venue du Seigneur, l’avent appelle de notre part attente et vigilance : une vigilance tournée vers Noël mais aussi vers Pâques, une vigilance qui trouvera son accomplissement dans la vigile pascale.



Les années succèdent aux années, mais elles ne sont pas identiques. Notre année 2011 a eu ses caractéristiques personnelles, familiales, professionnelles, politiques, internationales, et l’année 2012 sera différente.

De même, les années liturgiques se suivent, mais ne sont pas identiques. Si la liturgie célèbre la relation entre Dieu et les hommes, Dieu ne change pas, mais les hommes changent, dans leur situation personnelle et plus encore dans leur situation ecclésiale, nationale et mondiale. En cet avent 2011, un Sauveur vient dans le monde, mais le monde de 2011-2012, avec ses problèmes et ses conflits, n’est pas identique à celui de l’année dernière ou à celui de l’année prochaine. Du point de vue humain, chaque avent est unique et irréversible.

Le mot « avent » traduit le latin adventus qui signifie « avènement, venue ». En ce temps de l’avent, le Seigneur vient vers nous, et nous célébrons et attendons sa venue. Divers sentiments qui appartiennent à notre expérience humaine parcourent ce temps de l’avent, se retrouveront dans la liturgie, et caractérisent notre attitude chrétienne pendant ces quatre semaines.

L’attente

Nous avons tous l’expérience de l’attente : attendre un bus qui n’arrive pas, une lettre qui pour nous est importante, une personne qui est en retard. L’attente n’est pas seulement passive. Dans le verbe « attendre », il y a le mot « tendre », avec son élan, son mouvement, son dynamisme. Le temps de l’avent ne consiste pas à attendre de façon passive le jour de Noël, mais à nous mobiliser pour aller à la rencontre de celui qui vient. À notre attente de Dieu, répond l’attente de Dieu sur nous : Dieu nous attend, le Sauveur nous attend. Dans la Règle de saint Benoît, il est écrit : « Le Seigneur nous attend chaque jour ». Il y a donc une attente réciproque pendant ces quatre semaines.

La vigilance

Beaucoup de textes de l’avent nous invitent à la vigilance, et nous savons que l’attente s’accompagne d’attention et de vigilance : il ne faut pas laisser passer, sans nous en apercevoir, celui que nous attendons. Dans notre monde et notre langage, deux groupes de personnes semblent spécialistes de la vigilance : les vigiles qui de diverses manières assurent la sécurité, et les moines trappistes qui se lèvent la nuit pour célébrer l’office des vigiles. Les vigiles chargés de la sécurité ou de la protection regardent, observent, pour maintenir le bon ordre : sans eux, c’est le désordre et l’insécurité. La vigilance ou la veille des trappistes est différente : ils veillent tandis que les autres dorment. Ils veillent sur le monde, sur l’ordre entre le ciel et la terre. Leur regard est tourné à la fois vers Dieu et vers les hommes : contemplation et compassion.

Le désir

L’attente s’accompagne bien souvent du désir, de l’impatience du désir, et la liturgie de l’avent mentionne souvent le désir. Il vaut la peine de relever l’étymologie de ce mot, qui vient du latin desiderium, composé du préfixe de, qui marque l’absence, et de sidus, qui signifie « étoile » et que nous retrouvons dans « sidéral ». Le désir est donc, au sens premier, la recherche de l’étoile qui nous manque. Au temps de l’Épiphanie, les mages seront heureux de retrouver l’étoile qui les conduira à la crèche. Et durant l’avent nous sommes habités par le désir de contempler l’Étoile, l’Étoile de David, le Christ lumière.

La patience

Certains d’entre nous sont patients par nature, et d’autres sont impatients, comme l’enfant qui veut que son « désir » soit réalisé dans l’instant. Dans la vie humaine, la patience a une double signification et une double fonction. D’une part, elle représente la force de l’homme adulte qui accepte la durée, qui comprend le sens du temps, qui reconnaît la nécessité d’une élaboration et d’une maturation. La patience est donc signe de maturité et de maîtrise de soi. Elle peut certes être signe de faiblesse : se résigner à attendre, sans avoir le courage de prendre une décision. Il ne s’agit plus alors d’attente, mais d’attentisme. En réalité, seul l’impatient sait ce qu’ "être patient" veut dire. C’est pourquoi le temps de l’Avent, qui ne cesse de demander : "Viens !", est le véritable temps de la patience : il marque l’impatience des Chrétien à ce qu’advienne le Royaume.


D’après Philippe Rouillard, modifié à la fin

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