[ L'embryon, corps et âme ?
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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L’embryon, corps et âme ?


Source : http://www.inxl6.org, remis en page.

Jean Michel Maldamé, dominicain, rappelle que "nul ne saurait bafouer le droit d’un nombre limité d’individus, même si le but est le bien-être de la majorité". Extraits.

Fr. Jean-Michel Maldamé, op
14/12/2003

Introduction

"La question du statut de l’embryon est nouvelle. Elle se pose en effet à partir des connaissances scientifiques qui permettent l’étude des tout premiers moments de la vie. On ne dispose donc pas d’une réponse toute faite à puiser dans les livres de théologie, comme le montre les controverses internes à l’école thomiste sur ce point. Il importe donc de mener une réflexion pour elle-même. Celle-ci est délicate, car sur le sujet plusieurs domaines du savoir se rencontrent.

En premier lieu, le biologiste a beaucoup à dire et des choses nouvelles ; mais il n’est pas le seul à avoir le droit de parler du sujet. Il y a aussi le médecin dont l’activité ne se réduit pas à la biologie ; il ne se contente pas d’un propos purement cognitif, puisqu’il doit soigner et qu’il prend en compte un malade qu’il considère comme une personne et pas seulement comme un cas. De même, le psychologue saisit une personnalité non seulement dans un moment de sa vie, mais dans son histoire et donc depuis le commencement de sa vie. Le philosophe a lui aussi beaucoup à dire sur le sujet, car il ne cesse de parler de l’homme ; il est attentif non seulement à ses relations et à ses activités, mais à son être même, qui est objet de respect. Le théologien a lui aussi quelque chose à dire, puisque non seulement il parle de morale, mais qu’il situe l’existence humaine dans la perspective du salut. Le politique lui aussi a le devoir d’agir pour donner un espace de liberté en fixant des limites qui doivent s’articuler à une exigence morale pour l’usage des pouvoirs que l’homme a sur son semblable. Les uns et les autres sont concernés par la question et sont invités à clarifier le statut l’embryon. Plus encore, tous les humains sont concernés, car parler de l’embryon c’est parler des tout premiers commencement de leur vie et se demander : « D’où venons-nous ? Où allons-nous ? »"

Conclusion

"La question de la dignité humaine est donc revisitée à partir de la question du statut de l’embryon. Il importe de relever que cette notion ne se suffit pas à elle-même. En effet, de son usage on peut tirer le meilleur et le pire. Le pire pour justifier, par exemple, l’eugénisme ou l’euthanasie. Le meilleur pour fonder des interdits qui ont force de loi pour interdire les abus en matière de bio-médecine. Il en va de même dans l’usage de la notion de personne. À vouloir employer des termes surchargés symboliquement et affectivement, on ne répond pas de manière assez précise aux défis posés par les nouvelles connaissances scientifiques et par les pratiques médicales.

Pour cette raison, cette brève étude sur le statut de l’embryon a invité à redonner sens aux concepts d’âme et de corps.

Ces concepts invitent à tenir le plus grand compte des connaissances nouvelles en matière de biologie et de médecine. Or, aujourd’hui, on perçoit mieux que l’être humain est inachevé. Il n’est jamais parfait et dans la plénitude de ses moyens ou de son âge. Mais il est néanmoins humain à toutes les étapes de sa vie, ce qu’expriment les notions d’âme et de corps (1). Parce qu’il a une âme humaine, l’embryon est un être humain, dès le commencement de sa vie.

Il résulte de cette reconnaissance qu’il a des droits. Il n’est pas totalement livré à la volonté de ses géniteurs, ni à fortiori à celle du législateur.

Les questions actuelles donnent également l’occasion de rappeler que la qualité morale d’une action humaine est liée à la totalité des actes posés. Pour cette raison, l’usage des embryons doit être réglé par le respect de tout être humain, et nul ne saurait bafouer le droit d’un nombre limité d’individus, même si le but est le bien-être de la majorité.

Cette considération ne saurait faire oublier qu’il faut aussi donc tenir compte des limites réelles de la vie et entrer ainsi dans une approche de la réalité qui tienne compte de la complexité des situations vécues. Ce principe repose sur la nature même de l’être humain qui vit toujours dans des situations particulières.

Au terme de cette réflexion, il importe donc de reconnaître l’embryon humain, corps et âme."

(1) Sur ce point, la loi française est ambiguë. Paradoxalement, la loi de 1975 sur la dépénalisation de l’avortement, loi votée sous la présidence de Giscard d’Estaing quand Jacques Chirac était premier ministre. Elle précise dans l’article premier : « La loi garantit le respect de tout être humain dès le commencement de la vie. » Ce principe est fondamental : il permet de comprendre que la loi française ne légalise pas l’avortement ; elle le dépénalise. Le texte poursuit : « Il ne saurait être porté atteinte à ce principe qu’en cas de nécessité et selon les conditions prescrites par la présente loi. »

Jean-Michel Maldamé op, est professeur à l’Institut Catholique de Paris.
Source : www.domuni.org

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