[ Au-delà de la sagesse humaine : la croix du Christ
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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Au-delà de la sagesse humaine : la croix du Christ

Homélie du 3e dimanche du Temps Ordinaire A (23 janvier 2011)

• Livre d’Isaïe 8,23.9,1-3
« Dieu a couvert de gloire la route de la mer,
le pays au-delà du Jourdain,
et la Galilée, carrefour des païens »

• Psaume 27,1.4.13-14
« Le Seigneur est ma lumière et mon salut,
Le Seigneur est le rempart de ma vie. »

• Première lettre de saint Paul Apôtre
aux Corinthiens 1,10-13.17
« Annoncer l’Évangile sans avoir recours
à la sagesse du langage humain,
ce qui viderait de son sens la croix du Christ. »

• Évangile de Jésus-Christ selon st Matthieu 4,12-23
« Jésus, parcourant toute la Galilée,
enseignait dans leurs synagogues,
proclamait la Bonne Nouvelle du Royaume,
guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple. »

- lire l’intégralité des textes de ce jour



Dieu a couvert de gloire la route de la mer,
le pays au-delà du Jourdain,
et la Galilée, carrefour des païens

C’est ici que, pour la première fois, l’on entend parler de la Galilée dans la Bible. Nous sommes au Nord d’Israël, dans une région fertile à la croisée de nombreuses routes caravanières et commerciales entraînant un mélange intense de populations. Cette vocation de la Galilée est tardive : elle date d’après l’Exil.

C’est la seule mention de ce territoire dans l’Ancien Testament. La honte de ces territoires renvoie à l’anéantissement par l’Assyrie de ce pays riche et prospère alors même que le territoire de Juda, lui, subsistait et tenait devant l’ennemi, au moins jusqu’à ce que Babylone ne déferle à son tour sur Jérusalem. Les régions de Galaad, Zabulon, Nephtali étaient à la frontière du royaume, et le lieu de nombreuses rixes frontalières. Cela n’a guère changé aujourd’hui...

Une fois revenus sur leur terre, après l’Exil, la Galilée est donc glorifiée par DIEU, non plus comme un territoire frontalier instable, mais comme le lieu où, à l’inverse, les nations sont rassemblées et mélangées. C’est là un signe de la paix telle que le Messie attendu doit apporter. Là où il y avait la guerre, la paix règne comme une lumière qui brille au milieu du peuple qui marchait dans les ténèbres de l’insécurité et l’ombre de la mort.

Le Seigneur est ma lumière et mon salut,
Le Seigneur est le rempart de ma vie

La paix reste donc la grande aspiration du peuple, la grande aspiration messianique. Par l’avènement du Messie, le peuple découvrira à quel point DIEU est son rempart et sa joie.

La paix n’est donc pas celle des nations, régiée par des accords intéressés et trop souvent soumise à la loi du plus fort. D’où l’exaltation du psalmiste qui proclame que la seule manière de faire advenir la véritable paix, c’est de s’attacher à la Maison du Seigneur, c’est-à-dire à son Temple qui est à Jérusalem. Mais aussi habiter sa Parole, car la demeure de DIEU est moins le Temple en lui-même que la Loi de Moïse, la Parole du Seigneur qui doit habiter dans le cœur.

Annoncer l’Évangile sans avoir recours
à la sagesse du langage humain,
ce qui viderait de son sens la croix du Christ

L’idée de saint Paul est du même acabit. Annoncer le Messie, le Christ, n’est pas le simple fait d’arguments humains, issus de la sagesse, c’est-à-dire de la philosophie Philo sophia, en grec, signifie soit l’amour de la sagesse). Non qu’il ne faille pas réfléchir ; non qu’il ne faille pas rendre compte intelligemment de la foi, et pour cela avoir recours à la philosophie. Mais il ne faut pas inverser les deux.

On ne vient pas au Christ uniquement par le raisonnement. On vient à lui par une rencontre, et par le bouleversement que provoque dans le cœur l’évènement de la Croix : DIEU m’aime jusque là ! C’est donc dans la preuve extraordinaire de cet amour que je découvre à quel point j’ai de la valeur, ce qui m’ouvre un horizon jusque là totalement obscurci.

On ne se rend pas suffisamment compte aujourd’hui à quel point cet avènement du Christ a été révolutionnaire au regard de la société Antique. C’est pourtant le cas : la dignité et l’égalité de tout homme sont des notions qui n’auraient jamais pu voir le jour sans l’épisode sanglant de la Croix du Christ qui imprègne la racine de nos sociétés occidentales.

La crucifixion du Christ ne fut pas le résultat raisonné d’un acte dont le fruit eut été de nous sauver. La croix du Christ est un acte d’amour gratuit, rationnellement incompréhensible, et qui, pourtant, est au cœur de l’Évangile, de la Bonne nouvelle du Salut. Si nous ne sommes pas sauvés gratuitement et par un amour véritable, alors nous ne sommes que le produit d’un pur commerce pervers qu’il nous faudrait rejeter au plus vite. Nous serions alors rendus à notre seule raison, dont la conclusion est sans appel : le monde et la vie sont absurdes. Ce furent les conclusions de Nietzsche, de Camus, de Sartre et de Heidegger... c’est-à-dire de la philosophie du XIXe et du XXe siècle.

Jésus, parcourant toute la Galilée,
enseignait dans leurs synagogues,
proclamait la Bonne Nouvelle du Royaume,
guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple

Ainsi donc, Jésus opérait des guérisons, mais c’était uniquement pour que le peuple comprenne que la prophétie d’Isaïe était en passe de s’accomplir. Jésus se présentait comme le Messie, le Prince de la Paix. Une paix qui n’était pas la conclusion de tractations humaines et politiques, mais le fruit d’un amour gratuit de DIEU qu’il avait pour mission de manifester.

Les disciples du Christ ne sont pas d’abord ceux qui travaillent à une paix extérieure, une absence de conflits et une gestion commerciale des rapports humains. Les disciples du Christ sont d’abord ceux qui sont touchés au plus profond d’eux-mêmes par l’amour gratuit dont ils sont l’objet, et qui se révèle d’une façon lumineuse à la Croix.

Tel est le contenu de la Première Annonce à laquelle nous invitent nos évêques aujourd’hui : témoigner de la manière dont cet amour gratuit me bouleverse et m’appelle à rayonner d’une lumière qui devance tout raisonnement pour donner à la sagesse humaine de nouveaux fondements et de nouveaux horizons : le rassemblement et la réconciliation intérieure de tous les hommes, eut égard à leur égale dignité et à leur fraternité.

Là sont les prémices du Royaume inauguré par Jésus, et qui nous prépare à entrer dans l’éternité bienheureuse.

Cette semaine, frères et sœurs, rappelons-nous que nous sommes aimés, et que là s’enracine toute notre valeur. Trouvons là la paix, et apaisons les guerres autour de nous pour ne pas vider de son sens la Croix du Christ.

Avec mon affection fraternelle,

+ Père Alain


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