[ La MISÉRICORDE = la Vie de DIEU qui mène à la JOIE
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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        La MISÉRICORDE = la Vie de DIEU qui mène à la JOIE

La MISÉRICORDE = la Vie de DIEU qui mène à la JOIE

Livre des Actes des Apôtres 4,32-35.

« Les Apôtres rendaient témoignage de la résurrection du Seigneur »

Psaume 118(117),2-4.16ab-18.22-24
« Voici le jour que fit le Seigneur,
qu’il soit pour nous jour de fête et de joie ! »


Première lettre de saint Jean 5,1-6
« Celui qui rend témoignage, c’est l’Esprit, car l’Esprit est la Vérité »

La Passion de Jésus Christ selon saint Jean 20,19-31
« Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »

- lire l’intégralité des textes de ce dimanche




« Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! » Avouons-le, cette phrase nous pose problème. On veut bien l’admettre, mais tout de même : « Si on voyait Jésus, on serais plus sûr, non ? » Eh bien non ! Lisez bien l’évangile : les disciples ont rencontré Jésus, ils l’ont suivi, ils l’ont écouté pendant trois ans. Résultat ? Ils n’ont R-I-E-N compris. Au moment de la Passion, ils ont tous disparus, ou à peu de choses près. Et nous, si nous voyions Jésus, ce serait terrible ! Imaginons par impossible qu’il ait vécu 2000 ans, qu’il soit encore là, au milieu de nous ? Qu’est-ce qu’on comprendrait de Lui ? On en ferait un gourou ; un leader politique qui s’imposerait au monde… Mais nous, est-ce qu’on travaillerait sur nous-mêmes ? Est-ce qu’on grandirait ? Est-ce qu’on réfléchirait ? Non. On se reposerait sur Lui comme on tente de se reposer sur l’État providence, et on deviendrait des rentiers de la foi, dégénérés et prétentieux. Donc quand Jésus dit : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu », Il sait ce qu’Il dit.

En revanche, c’est quand Il disparaît à leurs yeux que les disciples commencent à réfléchir. C’est quand Il n’est plus là que leur mémoire se met en action, et qu’ils se rendent compte, en particulier après la Pentecôte, que Jésus a imprégné leur chair, leur mémoire, leur histoire. C’est parce qu’Il a disparu qu’ils commencent véritablement à « croire », et donc à VIVRE de sa VIE. Avant, quand ils étaient avec Lui, ils savaient qu’Il était le Messie, mais dans le fond, il ne croyaient pas en Lui, en sa divinité. Maintenant qu’Il est mort et ressuscité, ils croient, et en croyant, ils savent qu’ils vivent de sa VIE.

* * *
Changer de regard

Qu’est-ce qui a changé ? Leur regard, justement. Vivant de la VIE du Christ, ils ne se regardent plus les uns les autres comme le monde leur impose de se regarder. Les Actes des Apôtres nous en livrent un indice : « Ils mettaient tout en commun ». Qu’est-ce que ça veut dire ? Qu’ils avaient lu le Manifeste du Parti Communisme de Karl Marx ? Qu’ils mettaient en commun les « outils de production » ? C’est ce qu’ont cru de nombreux chrétiens dans la seconde moitié du XXe siècle. Et ça n’a pas forcément fait d’eux de mauvais chrétiens. Sauf que cette mise en commun idéologique n’a pas forcément plu à tout le monde ; ni même aux générations qui ont suivi. Alors la technique communiste a été la même que celle de toute idéologie : elle s’est imposée par la force et par la rétorsion… Et là, on voit bien que ça n’a plus grand chose à voir avec le christianisme. [1]

Ce qui a changé chez les premiers chrétiens n’est donc pas qu’ils aient mis tout en commun, mais que leur regard les uns sur les autres a été marqué par la MISÉRICORDE. La MISÉRICORDE, voilà la VIE DE DIEU. Pourquoi ? Parce que c’est un regard imprégné d’espérance et de foi en l’autre. Une espérance et une foi qui se traduit par le travail de l’amour. Un amour qui m’apprend à ne pas regarder mon frère ou ma sœur avec un œil de défiance, mais de confiance. Un amour qui se présente comme une véritable épreuve, mais qui seul, donc, peut mener à la JOIE. Si la MISÉRICORDE mène à la JOIE, comme ne cesse de nous le rappeler le pape François, c’est qu’elle est un travail, un choix : un choix qui nous interdit de cataloguer l’autre, de le réprimer, de l’effacer, de le mépriser, de le jalouser, etc. La MISÉRICORDE, c’est l’amour qui n’est pas un sentiment, mais un véritable et difficile travail de la VOLONTÉ. Qui en grec s’appelle l’agapè. Un amour qui ne se réduit pas à la solidarité — nécessaire —, mais qui travaille à faire grandir l’autre. Et pour cela, il n’y a pas 36 000 moyens : il faut être MISÉRICORDIEUX, c’est-à-dire faire MISÉRICORDE et encourager la MISÉRICORDE partout où m’est allouée une responsabilité. Là, et là seulement, je vis de la VIE DE DIEU, et je suis fils / fille de l’Église.

Et c’est là que je comprends la nouveauté radicale du christianisme, même vis-à-vis du judaïsme. Car le judaïsme aussi enseigne que DIEU est miséricordieux, et qu’il faut faire miséricorde. Mais le christianisme découvre que cette MISÉRICORDE fait des chrétiens de réels FILS DE DIEU ; qu’elle les DIVINISE.

* * *
Vivre de la vie de DIEU
=
s’émerveiller

Alors maintenant, à quoi est-ce que je vois cette divinisation à l’œuvre dans ma vie concrète ? À la capacité qui m’est donnée de m’émerveiller. L’émerveillement est la clef de tout ! Ce qui fait le malheur de notre société, c’est qu’elle considère l’émerveillement comme l’affaire des imbéciles (heureux !). On n’est pas sérieux quand on s’émerveille. On est naïf, crédule, nigaud, simplet, etc. À croire que pour être sérieux, il faut être triste par définition — Attention : on peut être rieur et triste, quand on se rit des autres comme la plupart des animateurs de télévision. Or il n’y a rien de plus sérieux que l’émerveillement : il est l’outil du relèvement, de l’espérance et de la foi. Bref : l’émerveillement est la signature de l’amour véritable, en acte.

Alors il me semble que pour nous préparer à la Pentecôte, il n’est pas de meilleur moyen que de nous exercer à l’émerveillement. Et pour cela, je nous propose de nous obliger à poser jusqu’à la fête de Pentecôte, deux actes conscients d’émerveillement par jour :


- un émerveillement sur une autre personne — en particulier celles avec qui nous n’avons pas d’atome crochu —, pour reconnaître l’action de DIEU chez l’autre ;
- et un émerveillement sur nous-mêmes, pour reconnaître l’action de DIEU en nous.

Après toutes ces paroles que nous avons apprises par cœur tout au long du carême et de la semaine pascale, il me semble que nous restons dans le même mouvement : celui de l’accomplissement de la Parole en nous, et donc de la VIE de DIEU en nous.

Alors oui : heureux ceux qui croient sans avoir vu, et joyeux ceux en qui coule la VIE DE DIEU !

Je vous souhaite un très bon temps pascal,

Père Alain


Notes

[1Reconnaissons qu’à certaines périodes, certains chrétiens n’ont pas échappé au piège : je songe aux périodes où l’inquisition a dérapé ; où les croisades ont dérapé. Non pas l’Église, qui n’a jamais enseigné l’évangélisation par le glaive, mais certains chrétiens qui trouvaient que les choses n’allaient pas assez vite à leur goût… Résultat, ce sont nous, leurs descendants, qui payons encore aujourd’hui les pots cassés. Quand bien même ceux qui nous reprochent ces débordements ne savent absolument pas de quoi ils parlent, mais c’est dans la mémoire collective, bien aidée par les manuels scolaires. Bref.

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