[ La Miséricorde pour la joie !
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
http://saintsymphorien.net/La-Misericorde-pour-la-joie

La Miséricorde pour la joie !

Homélie du Dimanche de la Divine Miséricorde (1er mai 2011)

• Livre des Actes des Apôtres 2,42-47
« Dans les premiers jours de l’Église,
les frères étaient fidèles à écouter
l’enseignement des Apôtres
et à vivre en communion fraternelle,
à rompre le pain et à participer aux prières »

• Psaume 118(117),2-4.13-15.22-24
« Voici le jour que fit le Seigneur,
qu’il soit pour nous jour de fête et de joie ! »

• Première lettre de saint Pierre Apôtre 1,3-9
« Tressaillez d’une joie inexprimable
qui vous transfigure,
car vous allez obtenir votre salut
qui est l’aboutissement de votre foi. »

• Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 20,19-31
« Mon Seigneur et mon Dieu ! »

- lire l’intégralité des textes de ce jour



Dans les premiers jours de l’Église,
les frères étaient fidèles à écouter
l’enseignement des Apôtres
et à vivre en communion fraternelle,
à rompre le pain et à participer aux prières

Que dire de plus ? Ce qui caractérisait la première communauté chrétienne était la joie de se rassembler pour :

- Écouter l’enseignement des apôtres, c’est-à-dire se mettre à l’écoute de l’Église. C’est une force inimaginable de pouvoir se rassembler et entendre une parole qui nous aide à comprendre qui l’on est, comment construire une vie fondée sur l’amour de la vie à la lumière de l’amour de Dieu ! Quand on se convertit, c’est une grâce que l’on perçoit en profondeur : avoir rencontré le Christ, sentir en soi une bouffée d’amour, un élan de vie, nous pousse à désirer ce rassemblement fraternel pour garder intacte cette joie, dans la foi.

- Vivre en communion fraternelle, c’est-à-dire expérimenter, par un travail intérieur, combien la communion avec le Christ ressuscité se vérifie dans celle que nous sommes appelés à vivre entre nous. Cela n’a rien de spontané : cette communion fraternelle est une épreuve, au sens où c’est par elle que l’on grandit, que l’on prend conscience des réalités de ce monde où rien n’est simple... Et c’est en elle que nous découvrons qu’une espérance est néanmoins toujours possible. Qui refuse la communion fraternelle refuse d’éprouver sa vie au contact des frères... C’est malheureux, parce qu’on devra de toute manière éprouver sa vie, mais dans un monde dur où la miséricorde n’est pas de mise...

- Rompre le pain et à participer aux prières, c’est-à-dire participer à l’Eucharistie dominicale et à la prière quotidienne. Sans l’Eucharistie et la prière, nos frères et sœurs des premiers temps de l’Église ont tout de suite compris qu’ils ne pourraient rien construire dans le monde qui était le leur, ni transmettre aux générations futures, ni se préparer à entrer dans la Vie éternelle. Il ne s’agit pas seulement d’être “gentil” ou de ne “faire de ma à personne”. Il s’agit de s’engager dans le monde à l’image du Christ qui s’est engagé pour nous et pour notre salut. Il faut acquérir une véritable “compétence” chrétienne qui ne se trouve que dans la pratique eucharistique et dans une pratique de prière quotidienne.

Tout cela, l’Église l’enseigne et l’encourage depuis 2000 ans. C’est comme la charte de base de la vie chrétienne. Pour cela, nous avons besoin d’hommes et de femmes qui sont des témoins privilégiés, pour nous rappeler non seulement qu’une vie de pratique religieuse est importante, mais qu’elle est même nécessaire.

Jean-Paul II fut l’un de ceux-là. C’est bien cela que sa béatification signifie : si un homme a pu être cette figure de proue qui a marqué des milliards d’hommes et de femmes sur plusieurs générations, c’est que cet homme était attentif à la parole des apôtres, vivait de la communion fraternelle, aimait rompre le pain chaque jour et participait attentivement aux prières de l’Église. Comment pourrions-nous penser qu’il en soit autrement pour nous ?

* *
Voici le jour que fit le Seigneur,
qu’il soit pour nous jour de fête et de joie !

Cette joie de l’Église s’enracine dans la joie qui envahissait les justes de l’Ancien Testament. Une joie qu’ils ont chantée, rayonnée, transmise en révélant la Source : le Jour du Seigneur, c’est-à-dire le Jour où le peuple de Dieu fait mémoire des bienfaits de Dieu ; le Jour qui illumine chaque jour ; le Jour où nous découvrons que nous sommes aimés de Dieu, que nous avons tellement de prix à ses yeux qu’Il est allé jusqu’au bout de l’amour en gagnant la victoire sur la mort dans la résurrection de son Fils.

* *
Tressaillez d’une joie inexprimable
qui vous transfigure,
car vous allez obtenir votre salut
qui est l’aboutissement de votre foi

En quoi consiste cette joie ? En ce que, dans le Mystère du Christ mort et ressuscité pour notre salut, nous découvrons que nous pouvons, à sa suite, faire de notre vie une offrande d’action de grâce.

La joie n’est pas ailleurs que dans l’offrande de nous-mêmes, en vérité et en toute simplicité. Le péché n’est pas autre chose que l’incapacité dans laquelle il nous jette de faire de notre vie une offrande : nous gardons tout pour nous, nous critiquons les gens d’alentour, nous nous refermons sur nous-mêmes... Tout ça pour quoi ? Pour nous pétrifier et nous enfermer dans une tristesse morbide. Les événements de la vie ne sont plus l’occasion d’un rebondissement, mais d’un enfoncement qui s’embourbe tant et plus, avec l’assurance qu’aucune autre vie n’est possible que dans la morosité et la révolte. Pauvre monde !

Non !
Nous pouvons faire de notre vie une offrande ! Même dans une vie trépidante, même dans une vie surbookée, un homme comme Jean-Paul II nous a montré que la joie était possible ! À condition de la choisir en choisissant d’offrir notre vie en nous attachant à l’amour du Cœur de Jésus, transpercé pour nos péchés, mais ouvert pour déverser sur nous les eaux du Salut.

En 1985, Jean-Paul II écrivait à Mgr Séguy à l’occasion de la fête du tricentenaire de la mort de sainte Marguerite-Marie, à l’origine de la dévotion au Cœur de Jésus :

C’est auprès du Cœur du Christ que l’homme retrouve sa capacité d’aimer


* *
Mon Seigneur et mon Dieu !

Magnifique cri de Thomas ! Thomas qui, avec toute sa fougue, était le seul qui n’était pas resté prostré après la résurrection par peur des juifs. Le seul à avoir osé sortir au-dehors avec courage... Mais son courage n’était qu’humain. Il n’avait pas compris qu’il devait, lui aussi, puiser son courage dans le Cœur de Jésus. Il était courageux, mais il était triste.

Plongeant sa main dans le Côté transpercé du Christ, il retrouve la joie ! Il ne perd pas son courage, au contraire ! Mais il en trouve la source. Cela n’est rien d’autre que l’effet de la Miséricorde. Dès lors, il pourra faire de sa vie courageuse une offrande d’Action de grâce ! Le voici debout, parce que quelqu’un, le Christ, a cru en lui jusqu’à livrer sa vie pour lui. D’un homme plein de fougue, mais présomptueux et douteux, il devient un homme “humanisé” en puisant à la source du Cœur de Jésus.

Aujourd’hui, l’Église met devant nous la figure du Bienheureux Jean-Paul II. Un homme de courage et de fougue à l’image de saint Thomas. Un homme qui a plongé toute sa vie dans le Cœur de Jésus dont il a promu le fruit exceptionnel de la Miséricorde. Un homme qui aimait le monde comme Dieu a aimé le monde. Un homme qui a puisé dans le Cœur du Christ la joie de faire de sa vie une offrande d’Action de grâce. Un homme qui a vécu de la Miséricorde.

Comment a-t-il fait ? Il a mis sa main dans celle de Marie :  Totus tuus . Marie l’a conduit, jusque dans la vieillesse et dans la maladie, au pied de la Croix pour que son Fils lui ouvre les canaux de la grâce, les sources du Salut et que, par lui, aujourd’hui encore et plus que jamais, les hommes du monde entier puisse accéder aux plaies du Christ d’où coulent les flots de sa Miséricorde.

Il nous reste à faire de même, là où le Christ nous a plantés. Il nous reste à mettre la joie au cœur du monde, comme un signe de l’Éternité déjà commencée ici-bas. C’est là la condition pour qu’une paix puisse advenir : la Paix que le Seigneur déposait en chacun de ses apôtres en leur disant : « La paix soit avec vous ».

Bonne fête de la Miséricorde !

Avec mon affection fraternelle,

+ Père Alain.


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