[ La Résurrection
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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La Résurrection

Par le Cardinal Jean-Marie Aaron Lustiger

Tout ce qu’implique la foi au Christ a un porche d’entrée : c’est sa Résurrection, gage de la résurrection des morts



Tout est dans ce point décisif : l’existence humaine de Jésus, la crédibilité de ses paroles affirmant sa nature divine, l’unité des deux natures unies dans la personne du Verbe, et tout ce que confesse la foi catholique.

On ne peut se contenter de la figure compatissante d’un frère miséricordieux, recueillant en ses mains les larmes des pauvres. Ce n’est pas assez que de reconnaître en Jésus toute la fascination exercée par l’homme sur l’homme à son plus haut degré de perfection et de beauté. Car on pourrait proposer d’autres types d’homme : plus puissant, plus stoïque, plus volontaire. Nombreux sont ceux qui aimeraient modeler le visage de Jésus sur leurs propres désirs.

En fait, croire au Christ, Verbe de Dieu fait homme, c’est croire en sa Résurrection. C’est accepter d’être mené par Dieu jusqu’à ce seuil et en faire, comme nous y invite la liturgie, le centre de notre foi.

Pourquoi ?
Parce que c’est précisément la frontière sur laquelle achoppe notre propre esprit. Le fait de la résurrection semble impossible, y croire paraît inconcevable pour la raison humaine. Car ce qui semble impossible à notre expérience paraît inconcevable ou plutôt chimérique à notre intelligence. La réponse de la foi, c’est que «  Tout est possible à Dieu  » (cf Gn. 18,14 et Lc 1,37).

Lorsque le Christ nous demande de croire à sa Résurrection et nous en donne la grâce, il nous accorde déjà le salut, Il nous donne déjà part à la Résurrection en déplaçant dans notre intelligence et notre cœur les bornes conceptuelles que nous avions nous-mêmes érigées. Il nous guérit, nous et notre intelligence, en nous permettant de croire que la vie est plus forte que la mort. Car c’est Dieu qui donne la vie.

La mort n’est pas la loi de la vie. La mort peut être vaincue par Dieu. Elle n’est pas pour l’homme qu’un fait naturel, auquel il n’aurait qu’à se résigner, quitte à imaginer une explication qui la rende plausible et acceptable. La mort est l’ennemi du genre humain. S’accomoder de la mort n’est pas noblesse stoïque mais aveuglement et capitulation de l’humanité. Car la mort est littéralement inhumaine.

Si l’homme répugne à consentir à ce déplacement conceptuel, c’est parce qu’il est prisonnier, esclave et complice de la mort, line lui est pas pensable de s’en débarrasser, d’en être délivré. Alors, ou bien il masque la mort en l’oubliant, comme le font beaucoup de civilisations, dont la nôtre, ou bien il feint de ne voir dans la mort qu’une imperfection, une difficulté provisoire dont son savoir-faire et son intelligence finiront bien par faire reculer les limites.

Cardinal Jean-Marie Aaron Lustiger


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