[ La Trinité, de Moïse à Jésus
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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La Trinité, de Moïse à Jésus

Homélie du Dimanche de la Trinité (19 juin 2011)

• Livre de l’Exode 34,4b-6.8-9
« YAHVÉ, LE SEIGNEUR,
Dieu tendre et miséricordieux,
lent à la colère, plein d’amour et de fidélité. »

• Cantique du Livre de Daniel 3,52.53.54.55.56
« À toi, louange et gloire éternellement ! »

• Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 13,11-13
« Que la grâce du Seigneur Jésus Christ,
l’amour de Dieu et la communion de l’Esprit Saint
soient avec vous tous. »

• Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 3,16-18
« Dieu a tant aimé le monde
qu’il a donné son Fils unique :
ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas,
mais il obtiendra la vie éternelle. »

- lire l’intégralité des textes de ce jour



YAHVÉ, LE SEIGNEUR,
Dieu tendre et miséricordieux,
lent à la colère, plein d’amour et de fidélité

Nous retrouvons l’Ancien Testament que les 50 jours de Pâques avait délaissé pour écouter les récits de la naissance de l’Église dans les Actes des Apôtres.

Et c’est vers Moïse que la liturgie de cette solennité de la Trinité tourne notre cœur. Nous sommes au fondement de la naissance du peuple des Fils d’Israël. Moment essentiel où, par Moïse, le peuple découvre que son Dieu entre en relation avec lui. Non seulement cela, mais Dieu pardonne l’infidélité de son peuple, par l’intercession de Moïse ! Dieu entend la prière de Moïse, sans l’intermédiaire de magie, d’incantations ou de rites sacrificiels : Dieu parle avec Moïse « face à face, comme un ami parle à son ami. » [1]

Ce Dieu, qui était déjà le Dieu d’Abraham, Isaac et Jacob, et le Dieu de Joseph, le plus grand scribe que l’histoire de l’Égypte ait porté... Ce Dieu n’était pas un monarque inaccessible, mais un « Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de fidélité. »

Nous sommes tellement habitués à cette image de Dieu que nous oublions ce qu’elle a de révolutionnaire, de détonnant [2]. Nous croyons en un Dieu de relation, un Dieu de miséricorde, un Dieu d’amour.

Et face à ce mystère, nous réagissons comme des enfants gâtés plongés dans l’illusion de la toute puissance... Car nous sommes absolument sûrs d’une chose au moins : si nous sommes infidèles, Dieu, lui, sera fidèle. Il n’ira pas se venger de nos absences, il ne crèvera pas nos pneus de voiture, n’y mettra pas le feu ni ne fera exploser de bombes à notre passage. Non, ce Dieu là nous attendra, sur le pas de la porte, anxieux de notre devenir, mais tellement respectueux de notre liberté... Car dans le fond, c’est à nous mêmes que nous sommes absents lorsque nous sommes absents à Dieu. Lui qui fait sa demeure en nous, Lui dont nous sommes les sanctuaires les plus précieux ; nous qui, dans notre naïveté, pensons que Dieu est en dehors de nous alors qu’il est sur le pas de la porte de notre cœur, ce cœur dont nous sommes tellement souvent absents... Quand, dans notre prière, avons-nous méditer ce passage de saint Augustin : « Bien tard je t’ai aimée, ô beauté si ancienne et si nouvelle, bien tard, je t’ai aimée ! Et voici que tu étais au-dedans, et moi au-dehors. Et c’est au-dehors que je te cherchais... »

Tout cela nous prépare à entrer dans le mystère des mystères : le Dieu de Moïse est relation à son peuple parce qu’Il est relation en Lui-même ; Il n’est que relation d’amour... Encore faudra-t-il comprendre comment, et pour cela, il fallait attendre la révélation du Fils...

* *
À toi, louange et gloire éternellement !

Mais dores et déjà, le peuple entrait dans la prière de louange. Au fil des siècles, le peuple de l’Alliance, le peuple de l’élection allait écrire des poèmes magnifiques, qui ne chantaient pas uniquement des victoires guerrières, mais son adoration, son admiration pour les œuvres de Dieu, son amour et sa miséricorde, sa patience et sa présence fidèle...«  À toi, Louange et gloire éternellement ! »

* *
Que la grâce du Seigneur Jésus Christ,
l’amour de Dieu et la communion de l’Esprit Saint
soient avec vous tous

Ce n’est donc pas un autre Dieu que celui de Moïse dont va apprendre à vivre saint Paul, à la suite des apôtres. Ce n’est pas un autre Dieu que celui de Moïse que Paul va annoncer. Mais un Dieu dont Jésus nous aura ouvert le cœur : le Dieu du Sinaï, ce Dieu qui bouleverse la création tout entière, est un Dieu en qui circule un amour éternel, de toujours à toujours, entre trois Personnes : le Père, le Fils et l’Esprit.

Mieux encore : cette circulation d’amour ne fonctionne pas en “circuit fermé” ! Ce qui manifeste sa grandeur, et sa vérité, c’est que cet amour va s’incarner dans la chair ! La Création est comme donnée par Dieu pour que soit éprouvée la vérité de sa Parole au cœur de la chair... comme une grâce, le fruit d’un amour éternel et absolument gratuit auquel, parce que nous sommes des être de chair doués d’une dimension spirituelle, nous nous trouvons associés par Dieu dans la communion de l’Esprit Saint. Comment ne pas chanter en entrant dans un tel Mystère de vie ?

* *
Dieu a tant aimé le monde
qu’il a donné son Fils unique :
ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas,
mais il obtiendra la vie éternelle

Vous voyez ? Par le Fils, nous découvrons le cœur de Dieu et nous entrons dans sa Vie, une Vie divine, une Vie éternelle... C’est là une promesse fantastique de Jésus, qu’il ne tient qu’à nous de vérifier dans notre chair, c’est-à-dire dans le plus concret de notre existence : un amour charnel de Dieu, de nos frères et sœurs comme de nous-mêmes. Il faudra que nous y réfléchissions encore Dimanche prochain, à l’occasion de la fête du Corps et du Sang du Christ.

Pour terminer, cette très belle méditation de notre Pape Benoît XVI sur la Trinité, tirée de son encyclique Deus caritas est :

« Tu vois la Trinité quand tu vois la charité », écrivait saint Augustin. Dans les réflexions qui précèdent, nous avons pu fixer notre regard sur Celui qui a été transpercé [3], reconnaissant le dessein du Père qui, mû par l’amour [4], a envoyé son Fils unique dans le monde pour racheter l’homme. Mourant sur la croix, Jésus - comme le souligne l’Évangéliste - « remit l’esprit » [5], prélude du don de l’Esprit Saint qu’il ferait après la résurrection [6]. Se réaliserait ainsi la promesse des « fleuves d’eau vive » qui, grâce à l’effusion de l’Esprit, jailliraient du cœur des croyants [7]. En effet, l’Esprit est la puissance intérieure qui met leur cœur au diapason du cœur du Christ, et qui les pousse à aimer leurs frères comme Lui les a aimés quand il s’est penché pour laver les pieds de ses disciples [8] et surtout quand il a donné sa vie pour tous [9].

Encyclique Deus caritas est (25-XII-2005), n. 19

Avec toute mon affection fraternelle,

+ Père Alain


Notes

[1Ex 33,11

[2Ce n’est pas étonnant s’il y a eu du feu, des éclairs, et que la terre a tremblé au Sinaï au moment de la manifestation de Dieu à son peuple ! Ce n’était pas une manifestation de la puissance de Dieu, mais de la nouveauté absolue de ce qui était en train d’être révélé, bouleversant toute la création, dans le ciel et sur la terre !

[3Cf. Jn 19,37 ; Za,12,10

[4Cf. Jn 3,16

[5Jn 19,30

[6Cf. Jn 20,22

[7Cf. Jn 7,38-39

[8Cf. Jn 13,1-13

[9Cf. Jn 13,1 ; 15,13

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