[ La femme, le serpent et le dragon (II)
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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La femme, le serpent et le dragon (II)


DU SERPENT AU DRAGON DE L’APOCALYPSE
ou la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf.


Dès lors, qui est ce dragon qui vient au terme de la Bible, dans le livre de l’Apocalypse ? C’est tout simplement le serpent qui s’est hypertrophié. C’est la Sagesse des nations qui s’est enflée (cf. Ap 12,9) et qui, dans sa vanité dérisoire, ne sait plus qu’éructer des insanités.

- Il est rouge, c’est-à-dire doué d’une force mortifère (cf. Le cheval rouge d’Ap 6,4) ;
- il a sept têtes, c’est-à-dire un pouvoir totalitaire ;
- dix cornes qui traduisent la puissance de son action…
Mais tout cela n’est que de l’esbrouffe. Ses gestes sont désespérés face à la femme qui enfante, devant qui il est rendu à l’impuissance.

Disons qu’il est une version antique de la fable de La Fontaine, La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf, et l’on pourrait dire de lui : « La chétive pécore s’enfla si bien qu’à la fin, elle creva. » (une pécore, au XVIIIe siècle, est un animal stupide)

Dès lors, posons-nous la question : pourquoi la femme le met-elle en échec ?


LA FEMME ET LE SERPENT

La femme met le dragon en échec parce qu’elle est justement porteuse de vie, et que le moindre enfant sera toujours, pour la culture de mort, un échec et un cauchemar. En effet, l’enfant restant le gage toujours redonné d’un avenir ouvert et libre ; chargé d’espérance, il est toujours un signe et un don de Dieu.

Ce signe de l’enfant est présent dès le prophète Isaïe :
« Le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici que la jeune femme est enceinte, elle enfantera un fils, et on l’appellera Emmanuel, (c’est-à-dire : Dieu-avec-nous). De crème et de miel il se nourrira, et il saura rejeter le mal et choisir le bien. » (Is 7,14-15)
Comme par hasard, il est question de bien et de mal… Entendons par là que cet enfant combattra la Sagesse des nations auxquelles Acaz ne sait plus résister.

C’est le sens fort de Noël : celui que nous venons adorer, c’est Dieu Lui-même qui, devenant véritablement homme sous les traits d’un petit enfant, est déjà en train de vaincre la Sagesse des nations dont le bras est symbolisé par Hérode et le massacre des enfants de Bethléem.

* *
La femme enceinte, cible privilégiée du dragon

La « culture de mort » touche toujours la femme dans sa maternité. Ce n’est pas par hasard : la femme est en effet le lieu où germe la vie. Elle est donc au service de la vie, ce que la Bible exprime en lui révélant sa vocation inscrite au plus profond de ses entrailles : la femme est gardienne de la Sagesse de Dieu. Elle se trouve donc, par le fait même, au cœur du combat entre les deux sagesses.

C’est donc elle que le serpent va approcher et tenter de séduire, comme le raconte le récit de Genèse 3. Et s’il semble avoir gagné une première bataille, l’Apocalypse se charge de proclamer que Dieu remportera la guerre en sauvant la femme enseinte.

On comprend mieux comment ce discours de la Sagesse des nations se place en opposition frontale avec sa Sagesse de Dieu dont l’Église, l’épouse de Dieu, figure féminine s’il en est (cf. Eph 5,25-32), est la gardienne.

* *
Vous, les hommes, aimez vos femmes à l’exemple du Christ !
(Éph 5,25)

Mais encore… Comment espérer que la femme exerce cette puissance incroyable que Dieu a voulu inscrire en elle comme sa vocation première ? Il faut qu’elle se sente aimée au plus profond de son être.

C’est le rôle de tout père et de tout époux que ce prodiguer à la femme, qu’elle soit fille ou épouse, l’amour dont elle a besoin : un amour qui lui révèle sa dignité, sa beauté et sa valeur.
La vocation profonde de l’homme est d’être gardien de cet Amour premier, c’est-à-dire attentif à être présent et à toujours faire le premier pas de l’amour. Adam n’était pas présent lorsque vint le serpent. C’est cette absence qui rendit la femme vulnérable à la séduction.

À une femme qui ne se sent pas aimée, ne reste que la révolte ; quand bien même cette révolte soit une folie, car elle plonge la femme dans une quête de pouvoir, de revanche, qui répond exactement au projet mortifère de la Sagesse des nations.
Je ne connais aucune femme qui, se sentant aimée profondément, tombe dans ce piège. Mais il lui aura fallu être aimée de son père, et confirmée dans sa dignité par son époux. L’un et l’autre auront accompli leur mission lorsqu’elle découvrira, à travers eux, qu’elle est aimée de Dieu.
Même une femme célibataire, à fortiori consacrée, a cette vocation inscrite en elle, et porte en elle une infinie fécondité.

* *
Marie, Trône de la Sagesse de Dieu

Ultimement, celle qui nous apprend ce chemin n’est autre que la Vierge Marie. Toute aimée de Dieu, habitée par cet amour infini, elle s’en remet à Lui sans peur, pour que puisse naître l’enfant-Dieu, et avec Lui un avenir lumineux pour toute l’humanité.

Humble servante du Seigneur, elle Lui fut à ce point abandonnée qu’au moment de sa mort, Dieu l’a confirmée dans sa vocation. Il l’a assumée , de sorte que cette assomption est devenue pour chacun de nous le signe grandiose de la victoire définitive de la Sagesse de Dieu sur la Sagesse des nations. La victoire de la vie sur la mort.

À nous de la suivre : elle nous mène à son Fils, comme elle a mené saint Jean au pied de la croix. Et c’est elle qui nous ouvre les portes du Paradis. Tout comme elle, le Seigneur veut nous assumer. L’assomption de la Vierge est le prémice de notre propre assomption, prélude à la résurrection éternelle.


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