[ La foi du juste
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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La foi du juste

• Livre d’Habacuc 1,2-3.2,2-4
« Le juste vivra par sa fidélité. »

• Psaume 95(94),1-2.6-7.8-9
« Ne fermez pas votre cœur comme au désert »

• Première lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 1,6-8.13-14
« N’aie pas honte de rendre témoignage à notre Seigneur, prends ta part de souffrance pour l’annonce de l’Évangile.

• Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 15,1-32
« Augmente en nous la foi ! »

- lire l’intégralité des textes de ce jour



Le juste vivra par sa fidélité

Voici une petite phrase essentielle pour comprendre la différence entre le juste et le sot. Le sot vit par ses résultats : il compare, conditionne ses sentiments à la mesure des rendements qu’il a “planifiés”... Il vit dans l’illusion fugace des slogans, des paillettes et des honneurs du monde. Rien n’est passé par le feu de l’’épreuve. Car le sot fuit l’épreuve, et crie à travers les rues qu’il est la victime chaque fois qu’on ne lui accorde pas ce qu’il demande... Jeune, il est excité et plein d’espoir, assuré qu’il est, puisqu’il a “tout compris”, d’avoir le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière... Devenu vieux, il n’a jamais pu avoir le beurre avec l’argent du beurre, et il se retrouve face à une crémière heureuse, elle, d’avoir mené sa vie d’honnête et travailleuse crémière. N’ayant jamais renouvelé son vocabulaire, tout dépité, il la regarde avec mépris, la traitant de “bourgeoise”. En un mot, il est devenu ennuyeux...

Rien de tel pour le juste qui, lui, sait sur qui il doit compter et ne conditionne pas son sentiment. Le juste n’est pas à la poursuite de la reconnaissance ; il ne cherche pas à montrer qu’il existe. Ses pas sont sûrs et fermes, parce qu’il a appris où les poser pour avancer avec assurance. Avant de vouloir transformer le monde, il l’a d’abord écouté de l’intérieur et il y a entendu la voix de DIEU résonnant comme le seul chemin véritable où se découvre la liberté et la fraternité, dans l’amour où chacun découvre son inviolable dignité.

Il s’appuie sur une fidélité éprouvée, et donc sur la vérité. De sorte qu’en mettant en œuvre ce qu’il a appris de ses Maîtres, il devient capable d’aller plus loin qu’eux, de les dépasser. Il le peut, puisqu’il les a rejoints. Avant de dépasser, il faut déjà atteindre... mais ensuite ne pas bouder sa joie d’aller plus avant, d’imaginer encore plus, d’inventer à la mesure de l’espérance qui nous habite alors en toute légitimité.

Seuls les justes ont véritablement changé le monde, en travaillant dans le silence, mais en profondeur. Ce qu’ils lui ont apporté n’a jamais vieilli. Les autres ont agité le monde, ont soulevé des foules, mais le soufflé est toujours retombé après qu’une ou deux générations aient été sacrifiées, soi-disant “par nécessité”... J’ai toujours été songeur en voyant ces hommes si prompt à sacrifier les autres et à se préserver eux-mêmes. Le Juste, lui, se sacrifie lui-même pour que les autres, ses frères, vivent jusqu’à devenir, par lui, plus forts que la mort. La différence est de taille !

* *
Ne fermez pas votre cœur comme au désert

Le juste sait écouter DIEU, comme cette voix qui l’appelle et le libère grâce à la confiance, à la foi. Il ne s’affole pas, même dans les situations les plus urgentes. Il se met au travail, un travail intérieur d’abord, pour ensuite se mettre à l’ouvrage dans le monde, auprès des pauvres et des petits qui en ont besoin.

Cela ne veut pas dire qu’on ne rencontre pas de doutes... Au désert, le peuple qui suivait Moïse a eu ses moments d’inquiétude. Se croyant laissé à lui même et à son affolement, il a fermé son cœur. Mais DIEU ne l’a pas abandonné : par Moïse, Il a remis ce peuple en marche pour le faire parvenir au bout de chemin. Et c’est la raison pour laquelle les Fils d’Israël, et à leur suite les apôtres et tous les saints qui ont suivi leur chemin, n’ont pas eu honte d’écrire toute leur histoire, de la transmettre avec toutes ses aspérités, ses violences, mais aussi ses joies et ses espérances, son amour et sa foi en DIEU.

* *
N’aie pas honte de rendre témoignage à notre Seigneur,
prends ta part de souffrance pour l’annonce de l’Évangile

On voit ici comment saint Paul ouvre à Timothée le chemin de la justice. Il ne s’agit pas de soulever des foules, mais à prendre sur soi une part d’épreuve pour rendre hommage à la vérité de l’Évangile. Un Évangile qui ne vieillit pas, auquel donc nous pouvons sans crainte être fidèles pour illuminer le monde en profondeur.

C’est cela, travailler avec le Christ au Salut du monde. Cette foi là est indéracinable quand elle puise sa sève dans le mystère du Christ. Mais en revanche, si cela est nécessaire pour le salut, elle peut faire en sorte de déraciner des arbres pour leur dire de se planter dans la mer ! C’est-à-dire à dépasser ce qui, humainement, nous paraît impensable. Car si « rien n’est impossible à DIEU » (Luc 1,37), rien n’est impossible non plus aux justes qui mettent en Lui leur foi, leur fidélité.

* *
Augmente en nous la foi !

J’ai toujours été surpris que les chrétiens cherchent à “approfondir” leur foi, alors que la question est d’abord de l’augmenter... Car souvent, ce que nous “approfondissons”, c’est d’abord notre désir de tout comprendre. Combien de groupes se réunissent simplement pour confronter leur “compréhension” de l’Écriture, mais ne demandent nullement que leur foi augmente ?... Nul n’est question ici de les blâmer, mais il faut et l’un, et l’autre. Sans quoi on tourne sur soi, et à tout le moins, on fonde des petits clubs, le plus souvent assez fermés.

Qu’est-ce qu’une foi augmentée ? C’est une foi qui ne met pas en doute l’impossible. Et pour cela, qui décèle, dans le mystère de l’Incarnation, de la Croix et de la Résurrection, l’Impossible par excellence devenu possible.

Étonnant que les chrétiens croient en la naissance de DIEU dans notre chair et dans la résurrection, mais doutent qu’un arbre puisse aller se planter dans la mer par simple injonction de foi !... Entre les deux, qu’y a-t-il de plus impossible ?

Quand est-ce qu’un arbre ira se planter dans la mer ? Quand le salut le demandera. Il ne s’agit pas d’un acte magique. Il s’agit de la fidélité en DIEU ; il s’agit d’un cœur qui ne se ferme pas ; il s’agit d’une annonce sans honte de l’Évangile du Salut en prenant sur nous notre part de souffrance.

Si nous sommes ancrés dans la prière, donc dans la foi ; si, parce que le Salut du monde en dépend, il nous faut envisager l’impossible, l’impossible se produira, parce qu’il s’est déjà produit !.

La mer, c’est, dans la symbolique biblique, la mort. Quand vous plongez dans la mer, elle vous recouvre et vous garde prisonnier. L’arbre, c’est celui de la Croix que DIEU a voulu enraciner dans la mer, pour lui enlever son pouvoir meurtrier et sauver ceux qui regarderont vers Lui.

C’est cela, le Salut : regarder cet arbre impossiblement planté dans la mer meurtrière de notre péché pour nous manifester la possibilité de la Vie Éternelle. Une Vie Éternelle qui commence dès aujourd’hui, dès ici-bas, et qui transforme le monde là même où les hommes pensent que c’est impossible.

Reste que ce qui est impossible revient à DIEU. Pour nous, il nous faut faire notre possible, c’est-à-dire rester de fidèles serviteurs, pour permettre à l’impossible d’advenir quand le Salut le demande. Cela demande de se retrousser les manches :
- Quand Jésus a marché en compagnie de 12 hommes, son œuvre était impossible.
- Quand saint Vincent de Paul décide de fonder les sœurs de la Charité, qui iront visiter les pauvres chez eux, son œuvre était impossible.
- Quand Mère Teresa a ouvert son premier dispensaire, son œuvre était impossible.
- Quand la Petite Thérèse décide qu’elle sera l’Amour dans l’Église, son œuvre était impossible.
- Quand on me donne une mission dans l’Église, ou quand je décide de fonder un foyer, etc., ces œuvres sont impossibles. Sauf si je demande au Christ : «  Augmente en moi la foi !  ».

* *

Cette simple question, qui devrait ouvrir et conclure chacune de nos journées, fait de nous des serviteurs de l’impossible. Non que cet impossible soit de notre ressort, mais notre foi nous ouvre à cet impossible qui ne revient qu’à DIEU.

C’est en cela que nous sommes des serviteurs quelconques : l’impossible n’est pas de notre ressort ; nous ne sommes pas plus “puissants” que n’importe lequel de nos frères et sœurs en humanité.

Mais ce que nous avons, comme un trésor formidable remis entre nos mains, c’est la fidélité de la foi, qui fait que, tout quelconques que nous soyons, nous sommes pourtant appelés à devenir des justes, à nous laisser éprouver dans la vérité pour que, par notre humble service, par la souffrance à laquelle nous prenons part pour l’annonce de l’Évangile, le monde soit profondément transformé, non par nous, mais par DIEU pour qui rien n’est impossible .

Avec mon affection fraternelle,

+ Père Alain


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