[ La foi qui sauve
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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La foi qui sauve

Homélie du 11e dimanche du Temps Ordinaire (Année C)

• Deuxième livre de Samuel 12,7-10.13
« Le Seigneur a pardonné ton péché, tu ne mourras pas. »

• Psaume 32(31),1-2.5abcd.5ef.7.10bc-11
« Heureux l’homme dont la faute est enlevée,
et le péché remis »

• Lettre de saint Paul Apôtre aux Galates 2,16.19-21
« Ce n’est pas en observant la loi que l’homme devient juste,
mais seulement par la foi en Jésus Christ »

• Évangile de Jésus-Christ
selon saint Luc 7,36-50.8,1-3
« Tes péchés sont pardonnés. Ta foi t’a sauvée. Va en paix ! »

- lire l’intégralité des textes de ce jour




Le Seigneur a pardonné ton péché,
tu ne mourras pas


Vous faites aujourd’hui votre "Profession de foi" [1], mais la foi, à quoi ça sert ?

C’est une question étrange... mais bien contemporaine. Posons-la autrement : Un ami, à quoi ça sert ? À rien. Sauf que ceux qui n’ont pas d’ami deviennent fous à force d’être tristes. Un ami, ça ne rapporte pas de sous, ni de cadeaux. Un ami, c’est celui qui est là, simplement là. Sa seule présence me dit que ma vie n’est pas anodine, puisque quelqu’un a foi en moi : un ami, c’est celui qui a foi en moi.

MIEUX ! Un ami, c’est celui qui me sauve !!! Comment fait-il ? Eh bien : lorsque je ne crois plus en moi, lorsque je suis déprécié à mes propres yeux, lorsque je ne me trouve pas intéressant, lorsque j’ai honte ou que je me sens coupable... Lorsque tout le monde me montre du doigt ou, pire, m’ignore, mon ami, lui croit en moi, connaît ma valeur, s’intéresse à moi et ne m’ignore pas. Et ce faisant, il me sauve. Ce n’est pas simplement celui qui passe à l’occasion et qui te tape sur l’épaule en te disant : "T’en fais pas mon p’tit gars, ça ira mieux demain". L’ami, c’est celui qui, lorsque tu souffres à l’intérieur, vient à toi et porte avec toi la douleur qui te ronge.

L’ami, c’est celui qui ose aussi te dire des paroles que tu ne peux pas te dire à toi-même. L’ami est exigeant, mais avec bienveillance. Il ne vient pas à toi avec des recettes, des idées toutes faires à appliquer en disant : "Fais ça, ça va marcher !" — laissez ça aux politiques —. Sa seule présence te suffit, car elle te donne la vie, l’énergie nécessaire pour avancer même là où un mur semble s’être dressé devant toi.

ENCORE MIEUX ! Un ami, c’est celui qui m’aime comme le Christ nous a aimés : il donne sa vie pour moi. Vous me direz : "Mais je ne lui ai rien demandé !"... Pas si sûr ! Oh bien sûr, quand on a le nez plongé sur les SMS — allez hop ! Rebelote ! One more time ! —, quand on passe sa vie sur MSN ou qu’on joue à tout bout de champ sur des plateformes de plus en plus sophistiquées comme Battlefield 4 (ça vient de sortir !), où l’on passe son temps à se tirer dessus, que le Christ soit mon ami... à quoi ça pourrait bien me servir ?

Maintenant, on imagine que votre téléphone se plante : plus de SMS ; que le gouvernement arrête toutes les télévisions — ça existe, puisque les Grecs l’ont fait — ; que l’ordinateur reste éteint... Que reste-t-il ? Il reste moi, avec des pensées intérieures qui commencent à pouvoir reparler, avec des questions existentielles que je n’avais plus l’habitude d’entendre... et il reste mon ami — s’il ne s’est pas découragé — pour les entendre avec moi. Et quand je me sens submergé, quand je suis en face de moi-même en vérité, en pleine lumière et que je vois bien que ce qui se passe en moi n’est pas si beau que je veux le laisser croire, lui seul peut peut soutenir cette lumière sans me condamner, et veiller à ce que je ne perde jamais l’espérance sur moi-même.

Eh bien : le Christ est votre ami. Il est votre meilleur ami. Il est celui qui croit en vous jusqu’au bout, jusqu’à livrer sa vie pour vous et, par cette preuve d’amour inimaginable, jusqu’à être capable de demeurer en vous pour vous garder debout quand vous, vous n’avez plus envie que de vous coucher ou de tout casser. Quand vous faites votre signe de croix, vous tracez sur vous la colonne vertébrale et les épaules spirituelles qui vous maintiennent droit. Quand vous vous trouvez moches, quand vous savez que vous n’avez pas obéi au seul commandement qui donne la vie : "Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés" ; pire, comme David, quand vous avez causé la mort autour de vous — un frère ou une sœur que vous avez insulté ; un papa ou une maman à qui vous avez répondu ; ou plus tard, un collègue de travail que vous avez écrasé, méprisé ; un client que vous ne voyez que comme un porte-feuille ; un patron que vous méprisez ; et j’en passe... —, comment allez-vous vous en sortir ? En vous tournant vers votre ami.

Le Christ est votre ami, et même le seul capable de prononcer des mots extraordinaires : "Je te pardonne tous tes péchés !". C’est-à-dire : si tu te rends compte que, comme David, tu as donné la mort ; si tu le regrettes du fond du cœur d’avoir désobéi à ce commandement et que tu es prêt à te remettre debout pour avancer, alors moi, qui suis ton ami et qui suis ton DIEU, Moi qui t’ai créé et qui t’ai ouvert un avenir éternel, je te pardonne tes péchés parce que tu n’es pas capable de te pardonner à toi-même. Et si je le fais pour toi, c’est parce que j’ai foi en toi.

La seule chose qui t’est nécessaire, c’est d’avoir foi en moi. Tu vas proclamer ta foi aujourd’hui. Tâche de la professer chaque jour qui suivra, chaque heure, chaque minute, en donnant ta vie. On t’insultera ? Donne ta vie. On t’écrasera ? Donne ta vie. On te méprisera ? Donne ta vie. Plus tu donneras ta vie, plus je te donnerai la mienne, de sorte que jamais tu n’en manqueras ; toujours tu pourras te relever ; et quand la mort arrivera, elle qui menace de te coucher sous la terre à jamais, je serai encore là pour te relever et t’introduire dans la Vie qui ne finira pas, dans la Joie, dans la Paix éternelle où tu découvriras que jamais je ne me suis lassé de te voir te faire du mal ; que jamais je ne t’ai abandonné et que je suis fier, moi, le Christ, d’être ton ami.

"Ma vie, me dit le Christ, Je te la donne dans cette eucharistie. Je te la donne en chaque eucharistie, le dimanche, quand tu as traversé une semaine harassante, que peut-être tu t’es découragé, que peut-être tu t’es réfugié dans l’alcool, ou dans les jeux vidéos pour ne plus penser à ce qui te fait mal... Le dimanche, Je te redonne une Parole de vie, Je te redonne mon Corps comme nourriture pour que tu te relèves, pour que tu ressuscites et que tu puisses redonner la vie là où tu ne voyais plus que de la mort..."

Alors aujourd’hui où vous allez professer votre foi, n’oubliez pas que vous ne faites que répondre, comme nous tous autour de vous, à la foi que Jésus, le premier, a en vous. Telle est notre force. Telle est notre lumière pour toujours.

Avec mon affection fraternelle,

Père Alain.


Notes

[1Comme nous le disions la semaine dernière à Givry, avant, on parlait de la "Communion Solennelle" parce que c’était la communion que les enfants faisaient en toute conscience, solennellement, devant la communauté chrétienne. On l’a aussi appelé la "Grande Communion", mais le vrai nom de cette Eucharistie d’un genre particulier, c’est aujourd’hui — et depuis bientôt 50 ans ! — la “Profession de foi".

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