[ La joie a toujours la saveur d'une victoire
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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        La joie a toujours la saveur d’une victoire

La joie a toujours la saveur d’une victoire

Homélie du 3e dimanche de l’Avent — Gaudete (16 déc 2012 – Année C)

• Livre de Sophonie 3,14-18
« Pousse des cris de joie, fille de Sion !

• Livre d’Isaïe 12,2.4bcde.5-6
« Voici le Dieu qui me sauve :
j’ai confiance ; je n’ai plus de crainte »

• Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 4,4-7
« Frères, soyez toujours dans la joie du Seigneur ;
laissez-moi vous le redire ; soyez dans la joie. »


• Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 3,10-18
« Que devons-nous faire ? »

- lire l’intégralité des textes de ce jour




Pousse des cris de joie, fille de Sion !


Lorsque le prophète proclame ces lignes, la situation d’Israël est critique. Le Royaume de Juda est menacé de toute part, bientôt vont déferler les Babyloniens... et pourtant le prophète appelle : Pousse des cris de Joie !. Qu’est-ce à dire ? Cela signifie que même dans les situations les plus tragiques reste une place pour la liberté, cette mystérieuse liberté qui inscrit la victoire au cœur de toute détresse et qui fait la grandeur de l’homme. Georges Bernanos est certainement celui qui a le mieux dépeint la noblesse de la joie dans son roman au titre fulgurant : La Joie. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, G. Bernanos ne décrit pas un monde insouciant mais fait découvrir, au cœur de la misère humaine la plus sombre, comment la joie s’insinue dans les anfractuosités de la muraille de malheur qui frappe les personnages pour en fissurer les armatures et toujours permettre à la lumière de la traverser, alors même que la ténèbre semble emmurer pour toujours ces existences meurtries.

Or tout est là : la joie est toujours synonyme de victoire. Il est toujours étonnant — et bouleversant — de se rappeler qu’au cœur même des camps d’extermination, alors que tout bonheur semblait en exil, subsistaient de ces moments uniques de joie déposant sur les lèvres des sourires où s’imposait une inaliénable liberté ; où se transmettait cette espérance qui transpire à chaque page, à chaque ligne de l’histoire biblique, de l’histoire juive et de l’histoire chrétienne.

* *
Voici le Dieu qui me sauve :
j’ai confiance ; je n’ai plus de crainte


Je pense ici aux quelques “Christ au sourire” qui existent et qui, souvent, surprennent. Que dit ce sourire ? Que la victoire est là. Que l’homme est sauvé là, qu’il est relevé là.

Il ne s’agit jamais d’un sourire de contentement sur soi. Toujours d’un sourire devant la victoire remportée par quelqu’un qu’on aime. Ce sourire d’un père ou d’une mère qui, voyant tomber leur enfant, le voient se relever courageusement et chercher la fierté de leur regard ; le même sourire qui naît sur les lèvres quand un frère ou une sœur parvient à vaincre ses craintes pour aller de l’avant et se dépasser... On pourrait multiplier les exemples à l’infini.

La joie n’est pas dans le rire, mais dans le sourire où s’adossent la fierté, l’espérance et la foi. Ne sait sourire en vérité que celui qui aime.

* *
Frères, soyez toujours dans la joie du Seigneur ;
laissez-moi vous le redire ; soyez dans la joie.


La joie du Seigneur est notre rempart ! affirme le livre de Néhémie [1]. La joie d’un DIEU qui voit ses enfants se relever et puiser en Lui leur courage. C’est la joie d’un Père qui ne vit pas dans son Ciel comme un chef d’État réfugié dans son palais présidentiel coupé du monde.

Alors pour un chrétien, la joie est un signe que Christ vit en lui et agit en lui, le fait aimer et se donner à corps perdu pour que l’homme parvienne à se dépasser et à grandir dans une humanité assoiffée d’espérance. Un chrétien sait que Christ est vainqueur. La joie ne devrait jamais le quitter, même dans les situations les plus graves qu’il traverse ou auxquelles il est affronté, parfois sans pouvoir faire quoi que ce soit d’autre que prier. Car il suffit parfois d’un simple sourire d’amour pour permettre à des personnes en détresse de se sentir comprises, et pour leur redonner un espace de courage qui les fera continuer de vivre malgré l’adversité.

* *
Que devons-nous faire ?


Dans tout ce que nous dit Jean-Baptiste ce matin, c’est de joie qu’il est question. La joie de se sentir libre de donner un vêtement quand nous en avons deux ; la joie de ne pas flouer son prochain avec l’argent trompeur ; la joie de ne pas oppresser son frère avec les armes ; etc. Bref, la joie d’être victorieux des tentations pécheresses qui ne cessent de nous assaillir. C’est cette victoire là, en définitive, qui fait la joie de DIEU et la joie des hommes qui s’enracinent en Lui par le Christ.

Dès lors, cette joie est le lieu d’un jugement. Le jugement qui s’opère vis-à-vis des choix que nous posons dans nos vies, éclairés par le sourire du Christ. Ce sourire qui, à Noël, sera celui d’un gamin dans la crèche, dérisoire aux yeux du monde et pourtant porteur de l’espérance la plus enracinée dans le cœur des hommes et des femmes de notre temps.

Un sourire qui est inscrit dans l’Eucharistie de tout dimanche, car le Christ est vainqueur par le don de sa vie sur la Croix et par sa Résurrection. Si nous avions conscience de cela, nos chants comme le Gloria ou le Sanctus devraient être de véritables danses ! Faisons de nos liturgies des lieux de joie : c’est le cœur même de tout sacrement que de distiller la joie dans un monde qui, sans DIEU, resterait prisonnier de sa tristesse et de son désarroi.

Courage Zorobabel !
La joie du Seigneur est notre rempart !

Avec mon affection fraternelle,

+ Père Alain.


Notes

[1Neh 8,10

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