[ La mort est vaincue et l'enfer dévasté
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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        La mort est vaincue et l’enfer dévasté

La mort est vaincue et l’enfer dévasté

Homélie de la Vigile Pascale, 30 mars 2013

• Livre de la Genèse 1,1-2,2
« DIEU vit tout ce qu’Il avait fait : c’était très bon ! »

• Psaume 103
« Bénis le Seigneur ô mon âme :
Seigneur mon DIEU, Tu es si grand ! »

• Livre de l’Exode 14,15-15,1 + Ct d’Ex 15,1-18
« Ce jour-là, le Seigneur sauva Israël de la main de l’Égypte ! »

• Livre d’Isaïe 55,1-11
« Cherchez le Seigneur tant qu’Il se laisse trouver ! »

• Psaume 103
« Voici le DIEU qui me sauve :
J’ai confiance, je n’ai plus de crainte. »

• Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 6,3-11
« Pensez que vous êtes morts au péché
et vivants pour DIEU en Jésus Christ !. »

• Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 24,1-12
« Il est ressuscité ! »

- lire l’intégralité des textes de ce jour





DIEU vit tout ce qu’Il avait fait :
c’était très bon !


La liturgie de la Veillée pascale nous fait parcourir d’un trait toute l’histoire du Salut, depuis le Commencement. Et c’est d’émerveillement qu’il est question : admiration devant le fait qu’il y a quelque chose et non pas rien. C’est la question philosophique par excellence ; la question à laquelle n’échappe nul homme à partir du moment où il s’arrête de courir et contemple l’univers qui l’accueille. La question n’est pas que l’univers soit âgé de 15 milliards d’années, mais du sens de cet Univers. Pourquoi ? Pourquoi la vie si la mort vient la sanctionner ? Et voilà la question lancée.

Or « DIEU vit que cela était très bon ». Littéralement : "Tov mehod", c’est-à-dire "très beau", de cette beauté antique qui n’avait rien d’esthétique mais s’émerveillait de l’ordre qui régissait l’univers. Et il faut partir de là, laisser le psalmiste gliser en nous ces paroles : « Bénis le Seigneur ô mon âme ! ».

* *
Ce jour-là, le Seigneur sauva Israël
de la main de l’Égypte !


Pourtant, c’est vrai, l’homme se heurte à un gros problème : cet émerveillement est comme balayé par l’irruption du mal. Ce mal qui est que la mort survient et nous poursuit dans le monde ; une mort souvent violente dont nous voudrions tellement qu’elle quitte jusqu’à notre pensée. Notre mort et celle de nos proches, qui nous rend à notre impuissance et surtout nous fait perdre l’émerveillement qui est pourtant le creuset d’une vie vécue en plénitude.

Une mort qui survient d’abord de la violence qui habite les hommes que la force persuade qu’ils possèdent la vérité. Des hommes qui invoquent la violence pour imposer leurs idées et imposent au plus grand nombre le silence en les désignant comme un danger potentiel. Les Fils d’Israël étaient une menace de l’intérieur pour l’Égypte, disait le Pharaon. Un discours que nous entendons aujourd’hui de la même manière et qui n’a pas changé en plus de 3000 ans d’écart.

Et plus Moïse insiste pour que cesse la persécution, plus la persécution se fait violente ! Et là, une grande leçon est donnée à Israël, qui lui aussi sera tenté de la même manière dès qu’il aura un pouvoir entre les mains : la violence se retourne toujours tôt ou tard sur celui qui l’invoque. Ce n’est pas DIEU qui a envoyé l’Ange exterminateur, mais Pharaon qui l’a invoqué, pensant qu’il exterminerait Israël. Mais DIEU a protégé Israël, et l’Ange exterminateur s’est donc reporté sur l’Égypte.

Et cela même n’a pas suffi : Pharaon a poursuivi encore les Fils d’Israël que le Seigneur a fait traverser la Mer Rouge, comme le baptême signifiant la traversée de la mort par ceux qui mettent leur foi en DIEU pour trouver la vie. Ceux qui s’engagent dans la mort sans la foi en DIEU sont recouverts par elle. DIEU n’a pas voulu que les égyptiens s’y engagent : ils l’ont fait comme un défi à la mort... et la mort a été naturellement plus forte.

Ce que célèbre Moïse n’est pas la mort des Égyptiens, mais l’émerveillement qui consiste à être passé par la mort et se retrouver miraculeusement en vie ! Et là est le signe que non seulement DIEU existe, mais que DIEU sauve. Là naît le peuple de DIEU comme des fils de DIEU. Et là est l’expérience qui va nourrir l’âme de ce peuple.

* *
Cherchez le Seigneur tant qu’Il se laisse trouver !


Telle est la leçon que les prophètes reçoivent la charge de rappeler au peuple, une fois surtout que ce dernierl est installé et tenté à son tour par le pouvoir. Et là, l’homme découvre une autre source possible de mort : lui-même ! La mort n’est plus tellement celle qui le menace que celle qu’il est tenté d’infliger. Les fils d’Israël découvrent que DIEU veut aussi — et surtout — les sauver de cette violence-là !

Alors survient la véritable quête de l’homme en croissance : comment vaincre en moi la violence qui me fait avoir puissance de vie et de mort sur l’autre quand celui-ci ne se plie pas à ma volonté. Et ici, une seule solution : chercher le Seigneur. Chercher la source de la Vie. Vivre de cette Source pour que, du cœur de l’émerveillement qui m’habite, je refuse de donner court à ma violence et je découvre le lieu de la véritable liberté !

Seulement voilà. Pour cela, il faut être prêt à mourir sous le coup des violents. L’homme seul de ce point de vue ne peut rien. S’il meurt sous le coup de ses ennemis, cela ne changera pas le monde. Gandhi a essayé en son temps : cela n’a rien changé à la société indienne. Il est aujourd’hui vénéré comme un grand souvenir, parfois invoqué pour des causes non violentes... mais les indiens ne vivent pas de son enseignement.

* *
Pensez que vous êtes morts au péché
et vivants pour DIEU en Jésus Christ !


L’expérience des apôtres n’est pas celle d’une idéologie, ni d’une cause noble qu’il faudrait soutenir et perpétuer. Elle est celle d’un homme en qui ils ont découvert DIEU Lui-même, c’est-à-dire Celui sur qui la mort n’a eu aucun pouvoir. Voilà cette figure sur laquelle se sont déversée toutes les eaux de la violence intérieure des hommes, et qui, pourtant, est à nouveau sur la rive, vivant... Plus vivant que jamais !

Mieux encore : le voici vivant dans le cœur des apôtres qui, de violents qu’ils étaient — Paul n’était pas le moins violent de tous, qui cherchait à donner la mort au nom de la Torah de Vie ! —, ont découvert en eux la véritable énergie divine qui est une énergie de VIE, de Vie à transmettre, d’une plénitude enfin reçue... non comme un privilège, mais comme un Salut.

* *
Il est ressuscité !


Celui qui a traversé les eaux de la mort — mortel, il est vraiment HOMME —, Celui que ces eaux n’ont pas pu retenir — sans péché qui leur eût donné prise, il est vraiment DIEU —, tel est donc ce que les femmes vont annoncer aux apôtres. Voilà l’expérience étonnante que font alors les disciples au matin de Pâques. Et voilà ce qu’ils ont essayé de transmettre de génération en génération : Celui qui est sans péché est donc VIVANT. Non pas vivant à l’extérieur, dans son Ciel, mais EN NOUS, par son ESPRIT, de sorte que mourant à notre péché, la mort n’aie pas de prise sur nous lorsque viendra le temps de la traverser à notre tour. Tout ce que l’Histoire Sainte annonçait, depuis la création du monde, s’est donc enfin accompli en Lui !

Voilà bien de quoi s’émerveiller, de quoi chanter, de quoi proclamer : Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité, Alléluia ! Alléluia !

Très belles fêtes pascales à tous,

+ Père Alain.


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