[ La noblesse de DIEU, ou les tripes à la mode de DIEU
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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La noblesse de DIEU, ou les tripes à la mode de DIEU

• Livre de la Sagesse 12,13.16-19
« Ta force est à l’origine de ta justice,
et ta domination sur toute chose
te rend patient envers toute chose. »

• Psaume 86(85),5-6.9ab.10.15-16ab
« Tu es grand et Tu fais des merveilles,
Toi, Dieu, le seul. »

• Première lettre de saint Paul,
Apôtre, aux Romains 8,27-28
« Frères, l’Esprit Saint vient au secours
de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. »

• Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 13,24-43
« — Veux-tu que nous allions enlever l’ivraie semée par l’ennemi ?
— Non, de peur qu’en enlevant l’ivraie, vous n’arrachiez le blé en même temps. »



- lire l’intégralité des textes de ce jour



Ta force est à l’origine de ta justice,
et ta domination sur toute chose
te rend patient envers toute chose

Il y a dans ces versets quelque chose de remarquable : une magnifique ode à la munificence divine, à sa noblesse.

Le noble est celui qui, ayant la puissance, sait que la source de cette puissance n’est pas dans l’avoir, mais dans l’être. La noblesse se dévoile en celui qui se met à l’écoute du plus petit pour lui faire découvrir cette source, disponible à tous. Cela demande patience, persévérance, fidélité, bienveillance, c’est-à-dire tous les attributs de l’amour tel que saint Paul aime les énumérer [1].

Cela demande aussi que le pauvre sorte de sa misère matérielle ! C’est pourquoi, dans la Bible, on remercie DIEU de sa générosité, lui qui fait pousser les moissons, détermine les saisons, nourrit les plus petits moineaux. De cela, le Seigneur nous dit de ne pas nous mettre en souci. Mais c’est pour que nous mettions notre énergie à découvrir le trésor qui est en nous afin de Lui ressembler.

Car dans le fond, tout est là. Les moments les plus beaux de notre existence sont ceux où nous avons été en accord profond avec nous-mêmes ; de ces moments d’émerveillement où l’on est soudain guéri de sa suffisance et de son aveuglement, où la lumière surgit dans notre vie. Or, ces moments-là, nous ne pouvons les vivre seuls : ils sont toujours le fruit d’une rencontre qui bouleverse notre vie.

Eh bien : voilà pourquoi le Seigneur est patient : il met tout en œuvre pour nous faire goûter ces instants où nous nous découvrons pleinement nous-mêmes, et où nous sentons que la création, en nous, explose de joie parce que nous faisons l’expérience que nous sommes enfin un Fils de DIEU [2].

La noblesse de DIEU est de mettre sa toute-puissance à notre service pour nous donner de devenir nous-mêmes, dans la profondeur, la force et la beauté à laquelle nous aspirons tous. DIEU nous donne d’advenir à nous-mêmes. Voilà sa sagesse.

* *
Tu es grand et Tu fais des merveilles,
Toi, Dieu, le seul !

Alors oui, nous pouvons avec le psalmiste chanter : « Tu es grand et tu fais des merveilles, Toi, Dieu, le seul. » Car à quoi reconnaît-on celui qui a fait cette expérience spirituelle d’advenir à lui-même par la rencontre avec DIEU ? C’est qu’il se met à chanter et à danser.

Dans le fond, nos assemblées sont coincées parce que nous avons relégué DIEU à un concept, à de la pure intellectualité. Si nous vivions de sa noblesse dans notre corps, viscéralement, nous devrions chanter avec la même ferveur que nos frères et sœurs africains ou latino-américians. Le chant et la danse disent plus que n’importe quel discours, que n’importe quelle exhortation, et surtout que n’importe quel sermon moraliste.

La joie est charismatique. C’est ce que nous rappellent les groupes du Renouveau qu’il ne faut pas trop vite reléguer au rangs d’illuminés. Où alors reconnaître cette lumière, et comprendre qu’elle doit aussi nous habiter.

Dieu chante, et les anges chantent. Ils chantent la noblesse de DIEU et la stupéfaction devant le projet de la Création. Satan, lui, ne chante pas : il hurle. Ce n’est pas la même chose.

* *
Frères, l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse,
car nous ne savons pas prier comme il faut

Qui suscite en nous ce chant, cette danse ? L’Esprit Saint. L’Esprit Saint qui est comme les “viscères” de DIEU, ses “tripes”. Et qui ne peut entrer en nous que par les “viscères”. L’Esprit Saint est viscéral, et non pas cérébral. C’est pour cela que ceux qu’il touche sont toujours un peu dans la folie.

Les saints sont fous ! Les nobles sont fous ! DIEU est fou ! Ils sont fous aux yeux du monde qui ne comprend pas la joie de la patience, de la bonté, de la miséricorde qui prend aux tripes. Un monde qui n’enseigne pas l’estime de soi, mais la surestime de soi. Ce n’est pas la même chose. Le monde rêve l’avènement du Surhomme. L’Esprit, Lui, rêve à l’avènement des Fils de DIEU.

C’est avec nos viscères qu’il faut prier. Et prier viscéralement, c’est chanter... pour regarder le monde avec les yeux de DIEU. Découvrir ainsi le sens et la grandeur de la création par laquelle DIEU nous donne de goûter sa bonté et notre bonté. Lui demander cette grâce d’advenir à nous-mêmes par Lui, avec le Christ et dans l’Esprit. Rien par nous mêmes. Rien par nos seules forces, parce que notre regard pécheur s’arrête trop vite aux frontières de notre égo.

* *
— Veux-tu que nous allions enlever l’ivraie semée par l’ennemi ?
— Non, de peur qu’en enlevant l’ivraie,
vous n’arrachiez le blé en même temps

Car enfin, nous sommes pécheurs. Dire cela ne veut pas dire que nous sommes mauvais ! Au contraire : cela veut dire que nous sommes bons, mais que nous ne savons pas, par nous-mêmes, mener cette bonté jusqu’au bout d’elle-même.

La toute-puissance en nous voudrait nous faire arracher le mal. Mais nous ne savons même pas ce qu’est le “mal”. Nous ne percevons le mal que par rapport au Bien-être. Nous pensons que le bien, c’est le confort... Alors que le Bien est un effort, c’est un travail.

Imaginez un monde sans effort... Ce monde ne produirait que des guimauves. Alors que faut-il arracher ? Nous ne le savons pas. Seul l’Esprit peut nous enseigner, non pas à arracher ce qui ne va pas en nous, mais à faire pousser le blé malgré l’ivraie. L’ivraie ne peut rien contre le blé si le cultivateur sait l’encourager à pousser.

Donc cherchons moins à arracher le mal qu’à cultiver le bien. Si les épis de blé sont forts, l’ivraie n’aura que la part maigre, et il sera déjà vaincu. Et pour cela, revenons aux fondamentaux : les français sont malades de la critique. Même l’éducation est plus basée sur la compétition et la dévalorisation que sur l’estime de soi et l’encouragement. C’est terrible, parce qu’aujourd’hui, on en vient à penser que c’est ça, la “normalité”...

Alors cette semaine, devenons fous aux yeux de la norme ! Ouvrons nos tripes à l’Esprit Saint, et combattons la critique par un compliment par jour envers un proche, quel qu’il soit, mais plus particulièrement à ceux qui nous énervent. Nous serons surpris des fruits.

Avec toute mon affection fraternelle,

+ Père Alain


Notes

[1Ga 5,22-23 : « Voici ce que produit l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, humilité et maîtrise de soi ».
Voir aussi 1Co 13,4-7 : « L’amour prend patience ; l’amour rend service ; l’amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ; il ne fait rien de malhonnête ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s’emporte pas ; il n’entretient pas de rancune ; il ne se réjouit pas de ce qui est mal, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ; il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout. »

[2« La création aspire de toutes ses forces à voir cette révélation des fils de Dieu. Car la création a été livrée au pouvoir du néant, non parce qu’elle l’a voulu, mais à cause de celui qui l’a livrée à ce pouvoir. Pourtant, elle a gardé l’espérance d’être, elle aussi, libérée de l’esclavage, de la dégradation inévitable, pour connaître la liberté, la gloire des enfants de Dieu. Nous le savons bien, la création tout entière crie sa souffrance, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore. Et elle n’est pas seule. Nous aussi, nous crions en nous-mêmes notre souffrance ; nous avons commencé par recevoir le Saint-Esprit, mais nous attendons notre adoption et la délivrance de notre corps. » (Rm 8,19-23)

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