[ Dieu a ressuscité Jésus ! Nous en sommes témoins !
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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            Dieu a ressuscité Jésus ! Nous en sommes témoins !

Dieu a ressuscité Jésus ! Nous en sommes témoins !

Homélie du 3e Dimanche de Pâques (8 mai 2011)

• Livre des Actes des Apôtres 2,14.22-33
« Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité ;
nous tous, nous en sommes témoins. »

• Psaume 16(15),1-2a.5.7-8.9-10.2b.11
« Ma chair repose en confiance :
car tu ne peux m’abandonner à la mort. »

• Première lettre de saint Pierre Apôtre 1,17-21
« Ce qui vous a libérés
de la vie sans but que vous meniez,
c’est le sang précieux du Christ.
C’est par lui que vous croyez en Dieu qui l’a ressuscité d’entre les morts. »

• Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 24,13-35
« Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route,
et qu’il nous faisait comprendre les Écritures ? »

- lire l’intégralité des textes de ce jour



Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité ;
nous tous, nous en sommes témoins.

Ce cri de Pierre à la Pentecôte constitue ce que l’on appelle communément le  kérygme  [1]. Il a été comme le cri de joie des disciples lorsque l’Esprit Saint, à la Pentecôte, les a embrasés de son feu.

Certes, dans les semaines qui ont suivi sa mort et jusqu’à l’Ascension, Jésus est apparu aux disciples, et cela fut pour eux l’occasion d’une joie immense. Ils croyaient donc fermement, depuis le Dimanche de Pâques, que Jésus était ressuscité. Pourtant, ce “savoir” ne leur a donné aucun courage pour proclamer publiquement la nouvelle. Tous restaient reclus dans la salle du Cénacle, à Jérusalem.

Il fallut un autre événement pour susciter en eux un esprit missionnaire : le don de l’Esprit Saint. Baptisés, ils l’avaient sûrement été, ne serait-ce que par Jean-Baptiste. Mais ce baptême devait pourtant être “transformé” [2] par le don de l’Esprit. Il devait être confirmé par le don de l’Esprit.

C’est pourquoi l’Église a toujours “doublé” le Baptême par le sacrement de la Confirmation :
- Si le Baptême nous fait entrer dans une dynamique de pardon des péchés qui devra illuminer toute la vie chrétienne,
- la Confirmation, elle, œuvre dans le cœur des priants pour faire d’eux des témoins explicites de la Résurrection à la face des nations.

On peut dire que l’Église naît à la Pentecôte, à partir du moment où elle commence à témoigner clairement de sa foi ; et l’on peut dire que le chrétien naît au moment de la Confirmation comme fils de l’Église, témoin en son nom de la Résurrection du Christ à la face du monde.

* *
Ma chair repose en confiance :
car tu ne peux m’abandonner à la mort

La question du devenir du juste [3] après la mort est LA question fondamentale qui anime le cœur de toute homme. À partir des prophètes, on commence à se dire que si Dieu prend au sérieux son Alliance, celle-ci ne peut pas s’interrompre avec la mort. C’est une question d’honnêteté, en quelque sorte.

C’est pourquoi les psaumes, du cœur de la louange, affirment la fidélité de Dieu à son Alliance comme un témoignage de foi porté dès les patriarches Abraham, Isaac et Jacob ; dès Moïse, David et porté par tous les prophètes... jusqu’à Jésus, éminemment.

Cette assurance est leur testament. Elle constitue le trésor le plus intime de leur expérience, comme une force de vie. Car leur question n’est pas tellement de savoir s’il y aura une vie après la mort, mais bien plus s’il peut y avoir une vie avant la mort. En quelque sorte, le psalmiste dit à Dieu : "si Tu me garantis que tout ne se termine pas au Shéol, alors je peux vivre pleinement cette vie, honnêtement et dans la justice. Si en revanche il n’y a rien, et que le sort des justes est le même que celui des “méchants”, alors autant profiter des plaisirs de la vie sans se poser de question morale !"

C’est exactement ce que dira saint Paul : « Si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi ne mène à rien... Et si les morts ne ressuscitent pas, mangeons et buvons, car demain nous mourrons » [4]

Ainsi donc, la foi repose avant tout sur la confiance en la résurrection. C’est elle qui fait le "juste” ; c’est elle qui fait sa force, et c’est elle qui fait de lui un témoin. La foi doit aller jusque là. Car enfin, la foi n’est pas que la confiance en Dieu. Elle se vérifie dans le témoignage qu’elle suscite. Si je me contente d’avoir confiance en Dieu ; si je ne désire pas explicitement, par mes actes comme par mes paroles, témoigner de cette foi, alors ma foi est vaine...

* *
Ce qui vous a libérés de la vie sans but que vous meniez,
c’est le sang précieux du Christ.
C’est par lui que vous croyez en Dieu
qui l’a ressuscité d’entre les morts

Dès lors, on comprend mieux cette affirmation de saint Paul :
- S’il n’y a pas de résurrection, alors pourquoi vivre honnêtement aujourd’hui ? Quel sens a notre vie ? Une parenthèse absurde dans l’immensité du cosmos né du hasard ? Pire : si Dieu nous a suscité dans l’existence uniquement comme une parenthèse, quelle ignominie ! Quelle abjection ! Quel enfer !
- En revanche, s’il y a la résurrection ; une résurrection qui n’est pas seulement un espoir, mais un fait avéré dans la résurrection du Christ, alors notre devoir est de vivre pleinement et de témoigner joyeusement à la face du monde que la vie a un sens ; qu’elle n’est pas une parenthèse, mais la préparation à une vie de plénitude dont l’existence terrestre est l’enfantement.

Certes, nous faisons l’expérience du mal : nous subissons des difficulté, nous sommes blessés, et nous sommes plus souvent qu’à notre tour des complices de ce mal. Mais grâce au pardon auquel nous ouvre le Baptême, nous savons, nous faisons l’expérience que le mal n’a pas le dernier mot. Le sang versé du Christ, c’est-à-dire sa réponse d’amour non violente a trouvé son accomplissement dans sa résurrection afin que, par notre propre sang versé, nous suivions le Christ dans le même accomplissement de notre vie. De cela, les martyrs sont les témoins explicites. De cela, vous et moi, nous devenons les témoins de la résurrection à notre tour pour nos frères et pour les générations à venir. Non comme une “idéologie” face à celle de la “réincarnation”, mais comme cette Heureuse Nouvelle [5] qui affirme et manifeste que la vie a un sens, et qu’elle vaut la peine d’être vécue.

* *
Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous,
tandis qu’il nous parlait sur la route,
et qu’il nous faisait comprendre les Écritures ?

Dans le fond, on peut dire que le Christ n’a pas dit autre chose aux disciples sur le chemin d’Emmaüs. En reprenant tout l’Ancien Testament, il leur a redonné le sens de leur vie en les replongeant dans la dynamique de la Résurrection.

La foi en la Résurrection passe par l’offrande de notre vie comme un témoignage du sens de l’existence. Et l’Eucharistie nous maintient sur ce chemin en nous ramenant à la Croix, qui est le lieu par excellence de l’offrande de notre vie au Père en marchant sur les pas du Christ.

En revenant à la croix, nous affirmons que le mal n’aura pas le dernier mot. Nous nous accrochons à Dieu en lui redisant : « Ma chair repose en confiance auprès de Toi. Ma vie a du sens parce que je sais que Tu ne me laissera pas voir la corruption. » Et nous invoquons l’Esprit Saint pour qu’il fasse de nous des témoins de ce trésor, car si nous vivons vraiment de la foi en la résurrection, comment pourrions-nous nous taire devant la détresse de tant de frères et sœurs dont la vie n’est qu’une survie et qui crient vers nous : "Redonnez-nous une espérance !" ?

Avec toute mon affection fraternelle,

+ Père Alain


Notes

[1Du grec : kérygma, proclamation, message. Ce terme a été utilisé par les premiers chrétiens pour désigner le contenu essentiel de la foi en Jésus-Christ annoncée et transmise aux non croyants. Ce mot continue à être employé aujourd’hui pour évoquer la proclamation missionnaire de l’essentiel de la foi chrétienne.

[2Comme on “transforme” un essai au Rugby...

[3Le “juste”, dans l’A.T., est l’homme qui a vénéré son Dieu et pratiqué les œuvres de “justice”, c’est-à-dire ce que nous appellerions les œuvre de la charité : aumône, prière et partage des biens avec les plus pauvres.

[41Co 15,16.32

[5c’est le sens du mot "Évangile

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