[ La vie comme une seconde naissance
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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La vie comme une seconde naissance

Livre de la Sagesse 1,13-15.2,23-24
« Dieu n’a pas fait la mort, il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants. »

Psaume 30(29),2.4.5-6ab.6cd.12.13
« Seigneur, tu m’as fait remonter de l’abîme et revivre quand je descendais à la fosse. »

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 8,7.9.13-15
« Lui qui est riche, il s’est fait pauvre à cause de vous, pour que vous deveniez riches par sa pauvreté. »

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 4,26-34
« “Qui m’a touché ?”
Jésus saisit la main de l’enfant, et lui dit : “Talitha koum”, Jeune fille, lève-toi ! »


- lire l’intégralité des textes de ce dimanche




La liturgie de ce dimanche nous fait méditer le mystère de la mort en commençant pas une phrase très forte : « DIEU n’a pas fait la mort ». Eh bien non : DIEU n’a pas fait la mort, puisqu’Il ne sait faire que la Vie ! C’est même là sa prérogative et la grande différence avec nous : nous ne savons pas “faire la vie”, nous ne savons pas la donner, nous ne savons que la transmettre — ce qui n’est déjà pas si mal, encore que ce soit à la portée de n’importe quel être vivant, végétal ou animal.

Selon les époques, les pères de l’Église ont compris la mort sous différents angles. Saint Augustin la voyait comme une sanction, alors qu’avant lui, saint Irénée de Lyon la voyait comme une grâce... Et selon les périodes de l’histoire, on a préféré soit l’un, soit l’autre. Dans les périodes de grandes tragédies, on se disait que saint Augustin avait raison ; dans les périodes moins douloureuses, on se ralliait à saint Irénée... Bref.

Pour notre part, revenons à l’évangile. Pas d’abord celui d’aujourd’hui, mais l’évangile selon saint Jean, où Jésus nous parle de la nécessité pour l’homme de « naître d’en-haut ». Là, pour le coup, nous entrons dans notre dimension purement humaine, qui nous distingue de tous les autres être vivants sur terre.

Comprenons bien :
- Notre première naissance nous plonge dans le monde, avec des déterminations que nous n’avons pas choisies. Nous naissons homme ou femme, français ou chinois, riche ou pauvre, blond ou brun, qu’importe. Nous sommes, dit-on, déterminés.
- Maintenant, la question se pose : qu’allons-nous faire de cette détermination ? Et c’est là qu’intervient la nouvelle naissance.

Parler de nouvelle naissance, c’est dire que toute notre existence sur terre n’est elle-même qu’une naissance. Mais c’est une naissance que nous avons la grâce de pouvoir choisir. À partir de ce que je suis, blond, brun, roux, blanc ou chauve, je peux choisir de devenir ce que je suis appelé à être, à ma manière, LIBREMENT. Avec la perspective de naître à la Vie éternelle. Et c’est là qu’intervient le fait de toucher Jésus, comme il nous est dit dans l’évangile d’aujourd’hui.

Toucher Jésus, c’est nous attacher à Lui. Pourquoi ? Parce qu’il est la Porte qui nous fait passer dans la Vie éternelle ! Sans Lui, nul ne franchit le pas. La question, ici, n’est pas de “mériter” ou ne “démériter”. Simplement, passer de ce monde au Père n’est possible que par Jésus, à condition que nous nous attachions à Lui. Et comment s’attacher à Lui ? En croyant en Lui, comme DIEU Sauveur ; ou à tout le moins, si nous ne le connaissons pas, en nous mettant au service de nos frères et sœurs, comme le dit si fortement Mt 25. Mais quoi qu’il en soit, c’est en nous attachant à Lui que nous Lui permettons de saisir notre main pour nous faire entrer dans la Résurrection éternelle. C’est-à-dire dans l’accomplissement éternel de tout ce que nous aurons décidé d’être ! Et notamment, comme le dit saint Paul, en ne nous accaparant pas les richesses de ce monde, mais en partageant tout ce qui ne nous est pas nécessaire. À l’image du Christ qui nous partage sa divinité en partageant notre humanité.

Si nous oublions cette Vie éternelle, que nous reste-t-il ? Ce monde. Nous mettons tout notre espoir en ce monde et ses richesses, mais alors lorsque survient la mort, que nous reste-t-il ? Rien, nous disent les philosophes contemporains. Et là, on se heurte, comme disait Jean Guitton, à l’absurde, qui ne peut conduire qu’à la révolte. C’est un peu comme si le vigneron prenait soin de sa vigne, mais ne récoltait jamais le raisin ! Quand Jésus parle du Père comme le Vigneron, c’est pour nous dire qu’Il vient justement récolter le fruit pour le transformer en vin, ce que le raisin n’imagine pas lorsqu’il met toute son énergie à mûrir au soleil.

Alors la mort, c’est le moment où passe le sécateur : on est coupé du plan, mais c’est pour un devenir, pour une naissance, une renaissance qui porte le raisin à son accomplissement, qui est de devenir du vin qui réjouit le cour de l’homme. Si le raisin est mauvais, le vin sera mauvais — bien qu’avec un bon vigneron, le challenge soit justement de produire malgré tout du bon vin avec une récolte difficile ; si le raisin est bon, le vin sera bon. Quoi qu’il en soit, le raisin doit s’en remettre au vigneron.

Eh bien : pour nous, comme pour cette femme et cette jeune fille, il s’agit de nous attacher à Jésus pour nous laisser saisir par Lui et nous laisser relever par Lui. Que voulez-vous, pas plus que le raisin peut devenir du vin par lui-même, nous ne savons entrer dans la Vie éternelle par nous-mêmes. Mais il y a en nous un potentiel à la Vie éternelle, qui n’appartient qu’aux hommes — mais par eux à toute la Création. À tel point que parfois, nous pouvons forcer le Seigneur à libérer son énergie divine — comme la femme hémorroïsse : ce sont tous les miracles que produit la charité dans ce monde ; et puis il y a le moment où, déjà morts, comme cette jeune fille, nos frères et sœurs, par leur prière, amènent Jésus jusqu’à nous pour qu’il saisisse notre main et nous relève. Non pas tant pour ce monde-ci uniquement, mais pour la Vie éternelle.

Nous allons maintenant communier. C’est-à-dire que nous allons recevoir la Chair du Christ qui se donne à toucher, à manger, c’est-à-dire nous toucher de l’intérieur ; pour que par elle, nous soyons attachés au Christ et qu’Il nous entraîne avec Lui à toujours nous relever.

Par Lui, la mort n’a plus le pouvoir de nous retenir, comme le crie saint Paul en 1Co 15,55. Mais surtout, par Lui, en nous attachant à Lui, nous avons la grâce de lever les yeux vers un horizon divin. Cela ne nous dispense pas de travailler à mûrir dans ce monde, au contraire ! C’est cette perspective divine qui nous “oblige” — au sens noble du terme, à mûrir, c’est-à-dire à puiser l’énergie qui provient des rayons de la lumière divine pour ne jamais nous laisser abattre, pour affronter ce qui nous afflige et faire le meilleur raisin possible pour une récolte qui soit la meilleure possible ; ensemble, comme des frères et sœurs qui regardons dans la même direction : celle que nous ouvre Celui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie. Et quand viendra la récolte, quand passera le sécateur, nous entendrons le Vigneron nous dire : « LÈVE-TOI ! ».

Avec mon affection fraternelle,

Père Alain


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