[ Le Verbe s'est fait chair
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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Le Verbe s’est fait chair

Homélie de la nuit de Noël

Livre d’Isaïe 9,1-6
« Un enfant nous est né, un fils nous a été donné
Il sera solidement établi sur le droit et la justice
dès maintenant et pour toujours.
Voilà ce que fait l’amour invincible du Seigneur de l’univers. »

Psaume 96(95),1-2a.2b-3.11-12a.12b-13ac
« Joie au ciel ! Exulte la terre !
car le Seigneur vient
pour gouverner le monde avec justice. »

Lettre de saint Paul Apôtre à Tite 2,11-14
« La grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. »

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 2,1-14
« Aujourd’hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur. »

- lire l’intégralité des textes de cette nui




Pourquoi est-il si important que nous célébrions Noël ? Parce que Noël, plus plus clairement la Nativité de Notre Seigneur Jésus Christ fait mémoire d’un événement prodigieux dans l’histoire des hommes : le Verbe s’est fait chair.

Je ne sais pas ce que cette affirmation suscite en vous. En moi, elle suscite une admiration et une adoration sans fin, car elle entraîne une cascade de conséquences incroyablement importantes pour le concret de l’existence.

D’abord, DIEU se fait homme. Ce qui veut dire qu’entre DIEU et l’homme, il n’y a plus de distance infranchissable. Non, DIEU n’est pas ce vieux monsieur à la barbe blanche assis sur ses nuages en train de lancer des éclairs. Laissez la barbe au Père Noël, ce vieux pervers goguenard envoyé en avant-poste du consumérisme. Quand le Père Noël embringue vos enfant dans le système mercantile pour en faire des esclaves à vie de la consommation, DIEU, Lui, se donne à voir et à saisir dans le mystère d’un enfant. Il n’invite pas à ouvrir des cadeaux tous plus chers les uns que les autres, non. Il se donne Lui-même en cadeau à tout homme qui renonce aux temples idolâtres et bruyants du consumérisme pour se recevoir son DIEU, un genou à terre et dans le silence digne d’un cœur épris de liberté et assoiffé de vivre pleinement, sans les ersatz illusoires vendus à prix d’or par les grands prêtres de la Matrice financière. Première libération !

- Ensuite, DIEU prend chair. Ce n’est pas simplement qu’Il "se fait homme" au sens où Il viendrait simplement nous faire une petite visite. Il « prend chair », ce qui signifie que la chair n’est pas ce que voulait en dire l’Antiquité et qui habite l’imaginaire des hommes depuis 3000 ans. Non, la chair n’est pas mauvaise. Non, nous ne devons pas nous débarrasser des lourdeurs mortelles de la chair puisque DIEU Lui-même n’hésite pas à venir l’habiter. C’est par la chair que nous pouvons désormais voir et écouter DIEU, à la suite de Marie, Joseph et les Apôtres ont pu le voir, l’écouter, le toucher :

« Ce qui était depuis le commencement,ce que nous avons entendu,ce que nous avons contemplé de nos yeux,ce que nous avons vu et que nos mains ont touché,c’est le Verbe, la Parole de la vie. Oui, la vie s’est manifestée,nous l’avons contemplée,et nous portons témoignage :nous vous annonçons cette vie éternelle qui était auprès du Père et qui s’est manifestée à nous. Ce que nous avons contemplé,ce que nous avons entendu,nous vous l’annonçons à vous aussi,pour que, vous aussi, vous soyez en communion avec nous. Et nous, nous sommes en communion avec le Père et avec son Fils, Jésus Christ. Et c’est nous qui écrivons cela, afin que nous ayons la plénitude de la joie. »
(1Jn 1,1-4)

- Le mystère de la Nativité nous introduit dans le mystère de notre propre chair, comme le lieu où s’éprouve la vérité de ce que nous sommes. Car la chair jamais ne ment et dit sans tromper ce que la raison pense, ce que notre volonté choisit et donc ce que nous sommes en profondeur. Le péché a pour but de dissocier la raison et la chair, chacune tentant alors de prendre le pouvoir sur l’autre. D’un côté des idéologies qui utilisent la technique pour “améliorer” la chair et composer une post-humanité qui reçoit le doux nom de Cyborg humanity ; de l’autre un étalage de chair livrée à ses pulsions qui font de l’homme un animal « comme les autres », ou mieux : qui font de « l’animal un homme comme les autres »... [1].

Libre à ceux qui le veulent de réduire leur vie à une simple dimension animale. Je ne sais qui je suis que sous le regard d’un autre. Si l’autre pose un regard confiant, bienveillant et plein d’espérance sur moi, il me révèle à moi-même. DIEU nous révèle à nous-mêmes à travers l’innocence de son regard. De ce regard sans fard qui habite ceux qui ne censurent en eux aucun amour. Le regard de DIEU sur moi est celui d’un enfant et le restera. Non point un regard infantile, mais un regard qui espère tout en celui qu’il voit ; qui transperce le cœur et met à genoux les plus rebelles. Et c’est de chair qu’il est question.

Car aujourd’hui, de cet aujourd’hui éternel qui ne cesse d’être là depuis la fondation du monde, DIEU se soumet à la vérité de la chair. C’est par la chair que nous savons désormais que DIEU ne saurait mentir. C’est par la chair investie de l’énergie de l’Esprit Saint que les Apôtres découvriront en Jésus DIEU-avec-nous, l’Emmanuel. Ils entendront les accents charnels de ses enseignements ; il verront la dimension charnelle du chemin qu’Il tracera pour nous jusqu’à la croix. Dites-moi quel autre homme a été jusqu’à donner livrer sa chair par amour pour les hommes ? Gandhi, Mandela et toutes les grandes figures humaines ont donné l’exemple ; ils ont été de grands hommes qui ont inspiré des peuples entiers ; ces figures étaient vraies parce qu’elles étaient charnelles : on voyait dans leur chair le combat qu’ils menaient. Mais Jésus va plus loin : par sa chair, il entre dans la chair de chacun, dans nos aveuglements, nos surdités, nos mutismes pour y déposer sa lumière, guérir nos cœurs et nous donner les paroles dont nous avons tellement besoin. Jésus n’est pas un simple et misérable idéologue : il est cet homme qui a gardé ce regard d’enfant sur chaque homme, et associé désormais ce regard-là à celui de DIEU ; un regard charnel et vrai qui se pose sur chacun de nous, qui croit en nous, en notre liberté, en notre vie, et qui n’a qu’un désir : que nous éprouvions en nous cette puissance de Vie qui l’habite et dont Il nous ouvre la Source.

Voilà, ce soir, un enfant nous révèle qui est DIEU à travers sa chair d’homme. Ce soir, un enfant nous révèle à nous-mêmes pour nous faire vaincre en nous le découragement du péché. Ce soir, frères et sœurs, DIEU nous sauve en Jésus, Yeshouah, et cela vaut bien une fête, comme un témoignage que la paix et la joie ne déserteront pas le monde car elles n’ont pas déserté le cœur de DIEU.

Avec mon affection fraternelle,

+ Père Alain.


Notes

[1Titre de l’hebdomadaire Le Point de décembre 2013

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