[ Le contraire du péché, c'est la fécondité
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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        Le contraire du péché, c’est la fécondité

Le contraire du péché, c’est la fécondité

Homélie du 6e dimanche du Temps Ordinaire, année B, le 12 février 2012. Dans la paroisse Saint-Symphorien, nous fêtons non seulement le dimanche de la santé, mais aussi le Dimanche de l’Alliance : nous honorons tous les couples mariés jubilaires, c’est-à-dire qui fêtent leur 5e, 10e, 15e, 20e, 25e, 30e, 35e, 40e année de mariage, ou plus... Ceci avant de laisser à la “saint Valentin” tout pouvoir sur un amour qu’elle vénère, mais qui n’est jamais que le sentiment amoureux passé sous les feux de la rampe d’un monde oublieux de l’amour vrai, fidèle et durable.

• Livre du Lévitique 13,1-2.44-46
« Quand un homme aura sur la peau
une marque de lèpre,
sa demeure sera hors du camp. »

• Psaume 32(31),1-2.5.11
« Heureux l’homme dont le péché est remis »

• Première lettre de saint Paul Apôtre
aux Corinthiens 10,31-33.11,1
« Mon modèle à moi, c’est le Christ. »

• Évangile de Jésus-Christ
selon saint Marc 1,40-45
« À l’instant même, sa lèpre le quitta et il fut purifié. »

- lire l’intégralité des textes de ce jour



Quand un homme aura sur la peau une marque de lèpre,
sa demeure sera hors du camp


Ne lisons pas trop vite ce texte en étant “choqués”. Aujourd’hui, on ne parque plus de lépreux, mais on parque les vieux. On avait alors une excuse : il fallait protéger le groupe de la contagion, alors que, détrompez-moi, mais la vieillesse n’est pas, elle, contagieuse. Pour ne rien dire du sort que nous réservons aux personnes ayant un handicap et à qui, par “compassion”, nous nous proposons d’interdire jusqu’au droit de naître. Au moins n’auront-ils pas “les cheveux en désordre” et seront-ils dispensés de crier “Impur ! Impur !” ! Qui est ici le plus barbare ?

Donc arrêtons les états d’âmes de petit-bourgeois à l’abri des dangers qui se permettent de s’offusquer des petits qui doivent, eux, gérer les règles de vie basiques, ne serait-ce que pour survivre. Car si la liturgie nous donne d’entendre ces textes, c’est bien parce qu’il y a une raison.

Quand la Bible parle des lépreux, elle sait qu’ils ont quelque chose à dire à tout homme. Car la lèpre peut donner la mort de la même manière qu’en définitive, tout homme est atteint par un mal qui rend impur : le péché.
Le péché, c’est le droit que je m’octroie de donner la mort, alors que la vocation de l’homme est de donner la vie, d’être fécond. La fécondité est ce par quoi l’homme et la femme sont à l’image de DIEU.

Le contraire du péché, c’est la fécondité.

La guérison du pécheur consiste à recevoir une fécondité

qu’il tient de la VIE qui coule en lui et vient de DIEU.

Se reconnaître pécheur ne signifie pas pour l’homme être condamné. C’est pour lui regarder en face une énigme : Comment se fait-il que moi, qui suis fait pour donner la vie, je tombe si facilement dans le piège par lequel je donne la mort ?

De cette reconnaissance naît ce cri du psalmiste : « Aie pitié de moi, Seigneur ! Guéris-moi ! » [1]. Guérir non de ce qui me fait mal, mais du mal que je fais ; non de la mort qui me guette, mais de la mort que je donne. Vivre dans cette conscience là fait la grandeur de l’homme et l’ouvre à la nécessité de s’en remettre à un autre — un Autre — avec lequel, enfin, être fécond ; n’être que fécond, tout étant dans ce ne que .

* *
Heureux l’homme dont le péché est remis


C’est alors que la guérison, lorsque nous en faisons l’expérience, apporte un bonheur, une plénitude de bonheur, parce qu’elle nous fait renouer avec notre nature originelle. Là est le bonheur que cherche l’homme, tout homme, et pas seulement le chrétien.

Simplement, le christianisme offre un chemin unique en son genre. Non pas un chemin que ne peuvent prendre que les élites : des moines, des sages philosophes, etc. Mais les plus petits. Là est l’universalité du christianisme (et non dans une espèce d’idéologie totalitaire qui devrait se répandre sur toute la terre !!! Une telle vision est “petite”, basse, et sans intérêt !).

Donc : Heureux l’homme dont le péché est remis parce qu’il devient fécond, et que cette fécondité est joyeuse dans la mesure où elle le surprend toujours. Le mal, la mort ne surprennent pas. La VIE, en majuscule, surprend toujours, et émerveille, quand bien même nous faut-il encore et toujours traverser des épreuves avec courage. Le courage est la volonté inaliénable de donner la vie. En toute chose, en tout temps.

* *
Mon modèle à moi, c’est le Christ


Pour cela, il faut imiter un Maître chez qui on a décelé cette fécondité, et là, le Christ est LE Modèle absolu. Quand le NT dit que le Christ est « sans péché » [2], il signifie par là qu’« en Lui était la VIE » et que « cette VIE était la lumière des hommes » [3]. Le Christ est moins médecin qu’il n’est fécond : « Je suis venu pour qu’on ait la VIE », dit Jésus [4]. « Celui qui a le Fils a la VIE », écrit saint Jean [5]...

Et où l’homme est-il plus fécond que dans le couple ? Où l’homme et la femme sont-ils plus féconds, plus à l’image de DIEU que dans le couple ? Comme aime à le dire le père Denis Sonet : si vous voulez savoir qui est DIEU, regardez le couple. Et c’est précisément pourquoi le couple chrétien est appelé à aller jusqu’au bout de son appel : puisqu’il est fécond, il est l’image de DIEU, le signe de DIEU, et ce n’est rien de moins que ce signe que manifeste le Mariage comme SACREMENT.

* *
À l’instant même, sa lèpre le quitta
et il fut purifié


Alors quel est le sens de cet évangile en ce Dimanche de l’Alliance, qui est en même temps le Dimanche de la Santé ? C’est qu’il n’y a de guérison que lorsque la VIE surgit. Et la VIE surgit du Christ.

Une VIE qui, souvent, surgit sur un terreau d’épreuves. De ce point de vue, « le disciple n’est pas au-dessus de son Maître » [6]. Mais une VIE qui, justement, manifeste sa vigueur dans le courage parce qu’elle s’enracine dans une amitié. Les époux sont appelés à découvrir, à travers le don d’eux-mêmes, la grâce de l’amitié où ils puiseront le courage d’aller jusqu’au bout de la fidélité.

Alors la lèpre du péché n’a plus de prise. Ou en tout cas de moins en moins, par une VIE qui s’enracine en Christ. Non pour que le couple fanfaronne, mais pour qu’il goûte au bonheur d’une vie féconde pour l’éternité. Là est la plénitude de toute guérison qui, en ce monde, est un véritable travail d’enfantement... mais le plus beau et le plus grand des travaux à côtés duquel le fameux Hercule de la mythologie grecque n’était qu’un paralytique !

Avec mon affection fraternelle,

+ Père Alain


Notes

[1Ps 40,5

[22Co 5,21 ; 1P 2,22

[3Jn 1,4

[4Jn 10,10

[51Jn 5,12

[6Jn 15,20

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