[ Le pain pour la route
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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Le pain pour la route

Homélie pour la Solennité du Saint Sacrement (06 juin 2010)

• Livre de la Genèse 14,18-20
« Melkisédek, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin. »

• Psaume 110,1.2.3.4
« Tu es prêtre à jamais selon l’ordre du roi Melkisédek »

• Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 11,23-26
« Ceci est mon corps, qui est pour vous.
Faites cela en mémoire de moi »

• Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 9,11-17
« Tous mangèrent à leur faim »

- lire l’intégralité des textes de ce jour



Melkisédek, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin.

Qui est ce Melkisédek ? On ne nous le dit pas. On sait simplement qu’il est roi de (Jéru)Salem, et qu’il est prêtre. Il adore le DIEU Très Haut, c’est-à-dire le même DIEU qu’Abraham. Enfin, alors que le Peuple de DIEU n’est pas encore constitué, qu’il n’a donc pas encore ses propres prêtres, Melkisédek apparaît, très furtivement, comme le Prêtre par excellence qui apporte à Abraham la bénédiction du Très Haut à travers le repas d’hospitalité constitué de pain et de vin.

Toute une tradition biblique va regarder le roi Melkisédek comme la figure du roi David, futur roi de Jérusalem. Comme si la promesse du Messie était présentée à Abraham, c’est-à-dire comme si la promesse du Messie était inscrite dans l’histoire sainte dès son commencement.

Une bénédiction au cours d’un repas de pain et de vin... renvoie évidemment au repas célébré par Jésus avec ses disciples. Vivant ce repas avec le Christ, la lecture chrétienne de la Bible fait nécessairement le rapprochement entre ces deux événements, c’est-à-dire entre la promesse du Messie au commencement et l’accomplissement de cette promesse en Jésus.

* *
Tu es prêtre à jamais selon l’ordre du roi Melkisédek

Ce Psaume chante l’avènement du Messie, à travers la figure de David. Or jamais on ne nous dit que David est prêtre ! Il est roi de Jérusalem, mais non prêtre, puisqu’il n’est pas de la lignée de Lévi.

C’est donc que David préparait une figure plus importante que lui, qui serait non seulement royale, mais aussi sacerdotale... bien que d’un statut particulier. Non pas le sacerdoce lévitique, mais un sacerdoce en quelque sorte plus “fondamental”, universel.

L’épître aux Hébreux dira que le Christ Jésus, de lignée royale puisqu’il est de la descendance de David, à travers l’offrande du pain et du vin lors du dernier repas, revêtira ce sacerdoce universel qui ne passera pas. Lui-même deviendra ce pain et ce vin de bénédiction pour vaincre les ennemis de DIEU, à savoir le péché et la mort.

* *
Ceci est mon corps, qui est pour vous.
Faites cela en mémoire de moi

Ce sacerdoce royal de Melkisédek revêtu par Jésus est unique, au sens où le Christ lui a définitivement attaché son sacrifice sanglant sur la Croix. Cela lui revenait, et il n’est pas question pour nous de pouvoir le refaire. L’acte d’amour lié à la Croix est tel qu’aucun homme, si ce n’est le Verbe incarné Lui-même, ne saurait le réitérer.

Néanmoins, Jésus nous a dit : « Faites cela en mémoire de moi. ». On appelle cela perpétuer le sacrifice du Christ. Non au sens où la croix serait revécue à chaque Eucharistie, mais chaque Eucharistie nous rattache au sacrifice unique de la Croix que le Christ a vécu pour nous et pour notre salut. Chaque Eucharistie nous remet devant l’acte d’amour le plus fort, le plus inattendu que l’humanité ait pu espérer, qui nous libère de nos ennemis, comme le chantait le psaume : le péché et la mort.

* *
Tous mangèrent à leur faim

Cet évangile de la multiplication des pains est tout à fait à sa place ici. Il nous rappelle, dans le droit fil du récit de Paul, que l’Eucharistie est offerte à tous ceux qui ont faim, assis comme nous en ce moment, à l’écoute de l’enseignement du Christ.
Remarquons que le Christ ne leur donne pas de vin... un peu comme l’usage catholique de ne distribuer que le pain consacré aux fidèles. N’ayons crainte, en communiant au pain, nous communions bien à tout le repas du Seigneur !

Mais revenons à la Parole de DIEU.
La vraie faim de l’homme est la libération du péché et de la mort pour une vie de lumière éternelle. C’est cela que nous célébrons aujourd’hui. La Fête DIEU, comme on appelait ce dimanche autrefois, est la fête de la victoire que nous avons célébrée à Pâques. Comme si, dans la dynamique de la Pentecôte, sortant de la surprise de la Résurrection, l’Esprit Saint nous faisait participer à l’exultation de DIEU Lui-même dans sa Victoire, qui est notre Victoire.

Néanmoins, cette Victoire reste un chemin. Un chemin enfin ouvert, alors que nous restions prostrés sur nous-mêmes en étant esclaves du péché et de la mort. Sur ce chemin, à la suite du Christ, il nous faut marcher, et la route est longue. Il nous faut encore manger ce pain, pour nous attacher à la Croix, promesse d’amour et de Résurrection pour la multitude. C’était le sens des processions eucharistiques que nos anciens ont connues à l’occasion de cette fête.

Aujourd’hui, organiser de telles processions est plus délicat. Néanmoins, ce qu’elles signifiaient doit demeurer inscrit dans nos cœurs. Il nous faut suivre le Christ, qui est Lui-même le pain nécessaire pour la route.

Amen.

+ Père Alain.


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