[ Le pardon est la perfection du don
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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Le pardon est la perfection du don

Homélie du 7e dimanche du Temps Ordinaire (19 février 2012)

• Livre d’Isaïe 43,18-19.21-22.24b-25
« Moi, oui, moi, je pardonne tes révoltes ! »

• Psaume 41(40),2.3a.4a.5-6.11a.12a.13
« Toi, Seigneur, prends pitié de moi,
et je saurai que tu m’aimes »

• Deuxième lettre de saint Paul Apôtre
aux Corinthiens 1,18-22
« Toutes les promesses de Dieu ont trouvé
leur « oui » dans La personne du Christ Jésus »

• Évangile de Jésus-Christ
selon saint Marc 2,1-12
« Mon fils, tes péchés sont pardonnés. »

- lire l’intégralité des textes de ce jour



Moi, oui, moi, je pardonne tes révoltes !


Un rabbin disait : "Il faut plus de puissance à Dieu pour pardonner que pour créer l’univers tout entier".

Dans un monde adolescentrique qui voudrait faire du monde un jeu où tout pourrait toujours s’effacer pour repartir à zéro ; dans un monde où on ne cherche plus tant des médecins que des guérisseurs, où le corps n’est envisagé que comme une machine modifiable et réparable à l’envie au même titre qu’une maison ou qu’une voiture : greffes d’organes, prothèses, chirurgie esthétique... Le pardon paraît complètement dérisoire !!! Et donc DIEU parait complètement dérisoire.

Le pardon n’est pas faiblesse. Le par - don est l’achèvement du don, l’au-delà de don. Comme “faire” et “par - faire” ; “achever” et “par - achever”... Le pardon est la perfection du don, dans la bienveillance de celui qui n’écrase pas celui qu’il voit s’enfoncer dans la folie de la présomption, mais lui redonne toujours sa confiance parce qu’il voit toujours plus loin, au-delà de l’immédiateté de la bêtise ou du handicap... Le pardon est la perfection de l’espérance, de la foi et de l’amour liés ensemble.

Là encore, nous touchons au plus profond du réel, de la VIE. Ce qui est à la source de tout courage, à la source de l’Histoire avec un grand ‘H’ et qui fait que l’homme découvre son Âme. [1] Perdons DIEU, perdons ce pardon de vue, et notre vie deviendra un enfer, où il nous faudra toujours nous prouver à nous-mêmes ce que nous valons, sans jamais pouvoir compter sur un autre pour nous révéler à nous-mêmes... Une vie de solitude où nous pourrons toujours fanfaronner, faire le fier, mais au cœur de nous-mêmes, nous serons tristes et malheureux !

Alors oui : DIEU, à travers ce pardon, cette perfection du DON par lequel Il nous crée et nous recrée, nous sauve de nous-mêmes pour nous révéler notre grandeur. Aujourd’hui plus qu’hier, un tel message doit être crié dans les rues, puisqu’on lui interdit l’accès à l’éducation nationale comme sur les ondes...

* *
Toi, Seigneur, prends pitié de moi,
et je saurai que tu m’aimes


Eh oui : comment savoir que je suis aimé ? Par le pardon qui espère en moi fait germer en moi l’espérance en l’autre, et de l’espérance éclôt la VIE au sens le plus haut du terme. Magnifique prière de saint Claude la Colombière que nous avons fêté cette semaine :

Mon Dieu, je suis si persuadé que vous veillez sur ceux qui espèrent en vous et qu’on ne peut manquer de rien, quand on attend de vous toutes choses, que j’ai résolu de vivre à l’avenir sans aucun souci et de me décharger sur vous de toutes mes inquiétudes :
« En paix, aussitôt, je me couche et m’endors. Toi seul, Seigneur, me mets à part dans l’espérance ». Les hommes peuvent me dépouiller, et des biens, et de l’honneur ; les maladies peuvent m’ôter les forces et les moyens de vous servir ; je puis même perdre votre grâce par le péché ; mais jamais je ne perdrai mon espérance ; je la conserverai jusqu’au dernier moment de ma vie, et tous les démons de l’enfer feront à ce moment de vains efforts pour me l’arracher : « En paix, aussitôt, je me couche et m’endors ».


* *
Toutes les promesses de Dieu
ont trouvé leur « oui »
dans La personne du Christ Jésus


Les promesse de DIEU ne sont rien d’autre que celles de la VIE, de la LIBERTÉ qui permet à l’homme, non pas de “faire ce qu’il veut”, mais de par - faire sa vie, de la mener dans la perfection de l’art.

Or où trouver le modèle d’une telle vie ? En Jésus, en Christ. Non que Jésus ait mené une vie parfaite pour Lui-même, mais parce que la VIE parfaite est une VIE de don de soi, de présence à l’autre de sorte que, par le Christ, tout homme découvre qu’il a valeur, qu’il est aimable et que l’amitié est l’unique énergie qui puisse inscrire notre histoire comme une trace indélébile qui élève le monde.

* *
Mon fils, tes péchés sont pardonnés


Alors comprenons bien : si Jésus peut dire à cet homme « lève-toi, prends ton grabat et marche », ce n’est pas parce qu’il est le plus puissant des thaumaturges, mais parce qu’il est le seul en qui le pardon est tellement vécu, tellement offert, parfaitement offert, que ce pardon relève concrètement. « Je te pardonne tes péchés » n’était donc pas une phrase anodine, ni même simplement consolatrice. C’est là la parole du relèvement par excellence.

Ne nous demandons pas pourquoi aujourd’hui il n’y a "plus de miracles" ! Si nous avons compris la force du pardon réellement offert et porté, en Christ, alors nous ferons, à la suite du Christ, des miracles. Seulement il faut d’abord vivre de ce pardon pour nous-mêmes, et laisser le pardon nous relever pour ensuite le porter en vérité à nos frères et sœurs. Il faut être humble pour cela. Il faut être l’ami du Christ en profondeur, et nous laisser nourrir par Lui, selon ce qu’Il nous a dit : « Je suis le Pain de la VIE ».

Tant que nous relativiserons l’Eucharistie du dimanche, tant que nous regarderons ce petit morceau de pain à la manière du monde en considérant que, tout de même, on peut avoir parfois des choses plus importantes à faire qu’aller à la messe... Ne nous étonnons pas de piétiner, et encore moins de ne voir s’accomplir aucun miracle autour de nous et par nous...

Dans le fond, alors que le Carême va commencer, c’est tout simplement la question de la vérité de notre foi qui nous est posée.

Avec mon affection fraternelle,

+ Père Alain


Notes

[1Sans cette âme, que sommes-nous d’autres que ces animaux prédateurs, ces loups que dénonçaient Montaigne, Rabelais, Hobbes et tous les autres Homo homini lupus est, disaient-ils : « l’Homme est un loup pour l’Homme », autrement dit : “l’Homme est le pire ennemi de sa propre espèce.”
_Au nombre d’auteurs qui ont commenté cette locution, il faut croire que cette conviction est profondément enracinée dans l’image que l’homme a de lui-même : La première référence à cette locution est de Plaute dans sa comédie Asinaria (La Comédie des Ânes). Elle fut reprise par Erasme dans Adagiorum Collectanea, par Rabelais dans le Tiers livre, par Montaigne dans les Essais III,5, par Agrippa d’Aubigné dans Les Tragiques (Livre I), par Francis Bacon dans De Dignitate et Novum Organum, puis par Hobbes dans le De Cive (épitre dédicatoire). Elle fut aussi reprise par Arthur Schopenhauer dans Le Monde comme volonté et comme représentation et par Sigmund Freud dans Malaise dans la civilisation.

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