[ Les croisades, leçons pour la paix aujourd'hui
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        Les croisades, leçons pour la paix aujourd’hui

Les croisades, leçons pour la paix aujourd’hui

Connaître l’histoire permet de comprendre les enjeux géo-politiques d’aujourd’hui. Les blessures des croisades ne sont pas refermées...


Source : Pierre Chaunu, art. de France Catholique, 21 avril 2006, p. 22. remis en page.


L’EXPANSION DE L’ISLAM DÈS LE VIIe SIÈCLE

Nous connaissons la progression foudroyante de l’islam dans le sud de l’Empire romain. Les Arabes ont conduit une poignée de Berbères intrépides et excellents soldats, des païens mercenaires d’un prince musulman, à travers un empire épuisé du point de vue politique, incapable de résister à cette poussée militaire et à cette séduction idéologique d’une religion simple et pratique. Le pays wisigoth est passé en trois ans du vernis chrétien à l’islam rigoureux.


QUE DEVIENNENT LES CHRÉTIENS ?

Les chrétiens restent tolérés dans ces régions. Les musulmans ne supportent pas en revanche les convertis à l’islam qui retournent vers le christianisme.
Pour le reste, musulmans et chrétiens ont des usages de masse assez comparables, la prière à la mosquée le vendredi et la messe à l’église le dimanche, et surtout les grands pèlerinages qui comptent tant au Moyen Âge, à La Mecque pour les uns, à Jérusalem pour les autres.

Les musulmans considèrent Jésus comme le plus grand prophète avant Mahomet. Ils respectent les chrétiens qui vont sur son tombeau à Jérusalem.

Pourtant, ce déplacement vers Jérusalem ne va pas sans inconvénients pour les escales musulmanes traversées. Les pèlerins sont bruyants, mangent du porc impur, ils sont exigeants et payent mal les services qu’ils réclament : nourriture, hébergement, etc. Même en pays chrétien, il y a souvent des accrochages, comme à Venise par exemple. Mais jusqu’au Xle s., les musulmans s’en accommodent.

Or les Turcs, islamisés superficiellement, vont soudain souhaiter rentabiliser le pèlerinage chrétien à Jérusalem. Il va y avoir des rançonnages sur la route, des pillages, des meurtres qui vont briser cet équilibre séculaire et provoquer la catastrophe des croisades.


RANÇONNAGES, PILLAGES
ET MEURTRES DES PÈLERINS CHRÉTIENS

Le prétexte de la croisade est d’abord politique. Il s’agit de réduire les pillards et de protéger les gens simples et sans armure qui sont livrés à la merci de l’avidité des Turcs.

La croisade correspond à une période de prospérité médiévale, où la progression démographique réclame de nouveaux espaces à conquérir pour lotir le surplus de population. Il y a donc aussi une arrière-pensée et un rêve d’étendre les royaumes d’Occident vers l’Orient, puisque l’ouest est borné pour l’instant par l’Atlantique infranchissable.

On est donc loin des débats théologiques ou de problématiques religieuses au départ. Suivant un phénomène classique, c’est dans un second temps que les chevaliers prétexteront le combat pour la foi, avec plus ou moins de sincérité, pour justifier leurs expéditions.


NAISSANCE D’UNE HOSTILITÉ SÉCULAIRE

Dès lors, non seulement les Turcs, mais les musulmans en général, vont considérer avec hostilité les chrétiens qui brandissent ostensiblement la croix au milieu des épées. Le déplacement en pèlerinage des chrétiens en terre musulmane engendre donc des conflits et brise un équilibre de plusieurs siècles. Même s’il y a des exemples de concorde et de relations fécondes entre chrétiens et musulmans au Moyen Orient : relations commerciales et échanges techniques et scientifiques qui seront déterminants pour l’Occident, à partir du XIIe s. le conflit entre chrétiens et musulmans est général partout autour de la Méditerranée.

Après les quelques victoires croisées et l’éphémère Royaume Franc de Jérusalem, c’est l’islam qui va largement l’emporter sous la conduite des Turcs. Ils sont très bien organisés. Ils ont une excellente armée. Ils déploient une politique habile de colonisation et d’incorporation.

Ils revendiquent la défense de l’islam et le jihad.
Ils prennent Constantinople en 1453, le dernier vestige de l’Empire chrétien d’Orient.
Ils exercent une pression à l’est, jusque sous les remparts de Vienne, et à l’ouest en Espagne


LEÇONS SUR LA PAIX POUR AUJOURD’HUI

Ces événements ont plus de 500 ans, mais ils continuent à marquer l’imaginaire des peuples. On connaît la réaction sceptique des Grecs et des Hongrois à l’entrée de la Turquie dans l’Europe. Du côté musulman, il y a aujourd’hui une réaction épidermique à l’expression "croisade contre le mal" employée très maladroitement par les États-Unis (sous la présidence de Mr. G.W. Bush). Paradoxalement, cet imaginaire ressuscité et réactivé aujourd’hui stimule la fierté arabe et musulmane.

Certes, les Occidentaux ont acquis une supériorité économique et militaire depuis la grande époque de l’hégémonie turque, mais la réaction musulmane à la croisade à la fin du Moyen Age avait été efficace et foudroyante.

Les Américains ont cultivé ainsi sans s’en rendre compte la nostalgie musulmane d’une réaction fière et redoutable à la croisade.

Les croisades ont en outre été pour les chrétiens comme pour les musulmans le terreau d’un développement et d’une légitimité de l’aristocratie. Il y a chez certains musulmans aujourd’hui un sentiment de gloire et d’ennoblissement à résister à la croisade américaine.

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