[ Les nations sont sauvées par le DIEU d'Israël
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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        Les nations sont sauvées par le DIEU d’Israël

Les nations sont sauvées par le DIEU d’Israël

Homélie pour la Solennité de l’Épiphanie (Dimanche 08 janvier 2012) — Messe en famille.

• Livre d’Isaïe 60,1-6
« Debout, Jérusalem ! Resplendis :
la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. »

• Psaume 72(71),2.7-8.10-11.12-13
« En ces jours-là, fleurira la justice,
grande paix jusqu’à la fin des lunes ! »

• Lettre de saint Paul Apôtre
aux Éphésiens 3,2-3a.5-6
« Les païens sont associés au même héritage,
au même corps, au partage de la même promesse,
dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile »

• Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 2,1-12
« Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? »

- lire l’intégralité des textes de ce jour


L’Épiphanie est la manifestation de Jésus comme Messie d’Israël, Fils de Dieu et Sauveur du monde. Avec le Baptême de Jésus au Jourdain et les noces de Cana, elle célèbre l’adoration de Jésus par des " mages " venus d’Orient. Dans ces " mages ", représentants des religions païennes environnantes, l’Évangile voit les prémices des nations qui accueillent la Bonne Nouvelle du salut par l’Incarnation.

La venue des mages à Jérusalem pour " rendre hommage au roi des Juifs " montre qu’ils cherchent en Israël, à la lumière messianique de l’étoile de David, celui qui sera le roi des nations. Leur venue signifie que les païens ne peuvent découvrir Jésus et l’adorer comme Fils de Dieu et Sauveur du monde qu’en se tournant vers les juifs et en recevant d’eux leur promesse messianique telle qu’elle est contenue dans l’Ancien Testament.

Cathéchisme de l’Eglise catholique, § 528



Debout, Jérusalem ! Resplendis :
la gloire du Seigneur s’est levée sur toi


Le chrétien ne saurait être antisémite, sauf à scier le tronc dont surgit sa branche et se condamner lui-même à très court terme.

Avant de nous tourner vers le Christ, il nous faut donc nous tourner vers Jérusalem. Dimanche dernier, nous avons parlé de saint Joseph comme de cet immense Rabbi qui a initié Jésus à la vocation d’Israël. Or quelle est cette vocation ? Celle qui a retenti avec Abraham : « Par toi seront bénies toutes les nations de la terre » (Gn 12,1).

Jésus ne surgit pas de nulle part ! Il porte l’histoire d’Israël. Il porte l’histoire de sa famille, et une famille n’existe vraiment que si elle est porteuse de bénédiction [1].

La bénédiction a pour rôle d’inscrire la personne dans une filiation . La filiation nous dit quelles sont nos racines, de sorte que nous n’ayons aucune crainte à nous ouvrir au monde. Non pas seulement des racines “nucléaires”, c’est-à-dire papa, maman ; mais plus loin, plus profond, plus fort : des racines qui forgent les peuples.

Depuis le Siècle des Lumières et l’avènement de l’individualisme, on ne parle plus de peuple, mais de “nations”. La nation est composée d’individus, “libres et égaux en droits” sur lesquels est censé veiller l’État. Sauf que l’État est anonyme... On peut bien vouloir voter pour des présidents, des députés, des conseils généraux, des maires etc., on n’en reste là qu’aux rouages de l’horlogerie [2]... Et l’on va formater les enfants pour qu’ils soient de bons petits rouages : des emplois de temps surchargés de matières fonctionnelles, pour en faire de bons commerciaux, de bons informaticiens, de bons médecins, de bons fonctionnaires..., mais quid de leur bénédiction ? Quid de leur histoire ? Quid de leur âme ? Quid de leur VIE, avec un grand ‘V’ ? Quid de leur quête intérieure ? De leurs questions existentielles ?

Quels sont les temps que nous passons en famille, usans télévision, sans ordinateur, sans musique dans les esgourdes(/u, dans le silence qui, seul, pourra porter une parole de bénédiction et mettra ces enfants en route vers quelque chose de plus grand, de plus haut, de plus fort ? En route vers Jérusalem, la Ville de la Paix et de la Justice véritables que chante le Psaume ?

Les païens sont associés au même héritage,
au même corps, au partage de la même promesse,
dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile


Dans le fond, quel héritage promettons-nous à nos enfants ? Un héritage pécuniaire ? Un bon job ? “Bats-toi, mon fils ! Bats-toi, ma fille ! pour être le/la meilleur(e)” ? À quel corps va-t-on leur donner d’appartenir ? Quel Maître sera leur guide ? Terrible phrase, dont on dit qu’elle est le parangon de la liberté : “Ni Dieu, ni Maître !”... Donc pas de filiation sur laquelle s’appuyer ; pas d’histoire dont on sera responsable ; pas de bénédiction que l’on pourra transmettre ; pas de chemin pour se mettre en route...

Nos enfants se préparent pour beaucoup à la Première Communion, mais c’est une proposition parmi tant d’autres !!! Après, ils pourront se marier (si on se marie encore) et être enterrés à l’église, comme on dit : pur fonctionnariat ! Et lorsqu’ils auront fait leur “petite communion”, ils iront faire du cheval, de la danse, du patinage... bref, ils rentreront dans les rouages anonymes d’une société qui ne leur demandera que de pouvoir acheter... le “POUVOIR D’ACHAT” !!! Tout tourne autour de ça ! Quelle bénédiction marque donc ce “pouvoir d’achat” qui va être le maître-mot de tous nos candidats dans les mois qui vont venir ? Le “pouvoir d’achat” conduit au Père Noël, pas à la Vie ! Le Père Noël n’a pas d’histoire, il n’éprouve rien, il ne donne rien à éprouver : il gave ! Et quand vous êtes gavés, vous restez le cul collé à votre fauteuil d’ordinateur, en râlant parce que l’État ne vous assure pas assez de sucreries qu’on branchera bientôt en perfusion plantée dans les dossiers de chaises... À l’opposé exact de la proposition chrétienne qui conduit, elle, au Christ, au DIEU fait chair. Un DIEU qui n’a aucun pouvoir d’achat, mais un POUVOIR DE VIE !

Où est le roi des Juifs qui vient de naître ?


Alors la question nous est posée aujourd’hui : Qui cherchez-vous ? Qui donnerez-vous à chercher à vos enfants ? Quelle histoire leur transmettrez-vous, et qui n’est pas celle qu’enseignera le professeur d’histoire dont le rôle n’est que de faire apprendre, et non de transmettre... Car on ne transmet pas de connaissance. Ce qu’on transmet, c’est la Vie, c’est la Sagesse, qui est la véritable force de l’existence.

Les mages ont compris que la bénédiction, l’héritage passait par la rencontre avec l’histoire d’Israël. Une histoire de sagesse lumineuse. Une histoire qui donnerait d’éprouver la Vie, de mordre dans la Vie à pleines dents, non pas pour augmenter le “pouvoir d’achat”, mais pour rendre le monde meilleur. Vers qui tournons-nous nos enfants ? Vers le Père Noël ou vers le Christ ? Vers qui sommes-nous nous-mêmes tournés ? Quelle est notre espérance ?

Voilà la vraie question des parents pour leurs enfants. Si cela peut nous aider, je suis prêt à organiser des groupes de parents pour qu’on échange sur les vraies questions de la Vie, de l’avenir, de l’autorité, de l’héritage... Autant de questions qu’on ne traitera ni à l’école (ce n’est pas sa mission), ni à la mairie, ni dans les campagnes électorales qui ne parleront, elles, que de conflits d’intérêts.

L’Épiphanie, c’est la Lumière qui vient dans le monde, comme dit saint Jean. Notre monde recevra-t-il cette lumière, qui est la Lumière de la VIE, au milieu des illuminations électriques de nos magasins et de nos rues ? Serons-nous des mouches attirées par des lampes sur lesquelles nous irons cramer, ou serons-nous des hommes et des femmes dignes de ce nom, dignes de notre vocation, dignes de cette bénédiction qui ne se transmet que dans la filiation. Cette filiation appartient à un peuple, qui connaît ses racines — les racines d’Israël —, qui porte ses racines comme des fils et des filles fièrs de leurs pères — l’Église — et ouverts sur l’avenir — l’avènement du Royaume —. Là se trouve la Lumière des Nations, une lumière mystérieusement assumée par le Verbe de DIEU en qui ne brille rien de moins que la Lumière de DIEU, la Lumière de la VIE.

Avec mon affection fraternelle,

+ Père Alain


Notes

[1Cette bénédiction dont nous avons déjà parlé à l’occasion de la fête de Marie, Mère de DIEU, dimanche dernier

[2une horlogerie d’autant plus puissante qu’elle reste anonyme, comme on le voit avec l’Europe.

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