[ Mais qui est Jésus (II)
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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Mais qui est Jésus (II)

Comprendre la consternation dans laquelle ont été plongés les apôtres et les disciple de Jésus. Jusqu’à ce que survienne l’inattendu, l’inimaginable, l’inconcevable...

- IIIe partie



* *
Consternation

Il faut ici relire les chapitres des évangiles relatant la résurrection du Christ.
Tous donnent trois moments essentiels :

• La mort de Jésus immobilise le récit. Rendus à l’impuissance, quelques femmes accompagnent la déposition du corps dans le tombeau de Joseph d’Arimathie. Après toutes ces heures bouleversantes de suspens, tous se retirent. C’est le silence consterné.

• Puis c’est la découverte du tombeau vide. La consternation redouble, le suspens reprend dans une incompréhension absolue.
Marie de Magdala ne cesse de demander où on l’a mis ; et des femmes disent que des messagers leur ont annoncé que Jésus, dont elles avaient déposé le corps mort dans le tombeau, s’était relevé... Incrédulité des disciples...

• Enfin, Jésus, manifestement relevé d’entre les morts, leur apparaît. Cela suffit à Marc et à Matthieu qui ne sont guère locaces, contrairement à Luc et à Jean qui s’attardent sur l’aspect concret du corps revenu à la vie. On imagine la stupeur des apôtres...

Lisons la finale de saint Luc :
« Comme ils en parlaient encore, lui-même était là au milieu d’eux, et il leur dit : “La paix soit avec vous !” Frappés de stupeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit. Jésus leur dit : “Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent en vous ? Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os, et vous constatez que j’en ai.”
Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds. Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire, et restaient saisis d’étonnement.Jésus leur dit : “Avez-vous ici quelque chose à manger ?” Ils lui offrirent un morceau de poisson grillé. Il le prit et le mangea devant eux. Puis il déclara : “Rappelez-vous les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous : Il fallait que s’accomplisse tout ce qui a été écrit de moi dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes.” Alors il leur ouvrit l’esprit à l’intelligence des Écritures.
Il conclut : “C’est bien ce qui était annoncé par l’Écriture : les souffrances du Messie, sa résurrection d’entre les morts le troisième jour, et la conversion proclamée en son nom pour le pardon des péchés à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. C’est vous qui en êtes les témoins. Et moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Quant à vous, demeurez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus d’une force venue d’en haut.”
Puis il les emmena jusque vers Béthanie et, levant les mains, il les bénit. Tandis qu’il les bénissait, il se sépara d’eux et fut emporté au ciel. Ils se prosternèrent devant lui, puis ils retournèrent à Jérusalem, remplis de joie. Et ils étaient sans cesse dans le Temple à bénir Dieu.
 » (Lc 24,36-54)

* *
La Pentecôte

Des apparitions, il semble y en avoir eu à Jérusalem même et en Galilée. Mais quoi qu’il en soit, les apôtres, même s’ils se laissent éclairer par Jésus qui leur explique le sens des Écritures qui concernaient sa passion (cf. Luc 24), ne savent pas trop quoi faire... Ils reviennent à Jérusalem pour la Pentecôte où l’on célèbre le don de la Loi à Moïse sur le mont Sinaï ; ils sont « assidus à la prière avec quelques femmes, dont Marie, la mère de Jésus » (Ac 1,14).


Et se produit alors, le Jour de la Pentecôte, un phénomène étrange :
« Quand arriva la Pentecôte (le cinquantième jour après Pâques), ils se trouvaient réunis tous ensemble. Soudain il vint du ciel un bruit pareil à celui d’un violent coup de vent : toute la maison où ils se tenaient en fut remplie. Ils virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d’eux. Alors ils furent tous remplis de l’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit. » (Ac 2,1-4)

Que s’est-il passé ?

* *
L’expérience de l’effusion de l’Esprit Saint

C’est ici que nous touchons à l’irrationnel de la foi.
Ce qui se passe à ce moment ne s’explique pas à coup de formules mathématiques ou de modèles sociologiques. Seuls ceux qui ont vécu ce genre d’expérience peuvent témoigner d’un ébranlement soudain et total de leur existence : l’histoire prend tout à coup son unité ; tout s’éclaire : on sait pourquoi on est là ; on comprend intuitivement tout le trajet parcouru, et l’on perçoit un nouveau chemin qui nous était jusqu’alors inconnu. Une assurance pénètre le cœur avec le désir que tous les hommes et les femmes de la terre s’ouvrent à cette même expérience, source de joie, de paix et de bonheur intense.

Et surtout, on se sent infiniment aimé.
L’effusion de l’Esprit Saint plonge dans une certitude désormais inébranlable : plus rien n’est à craindre, puisque le Père du ciel nous aime de toute éternité.
Les Psaumes débordent de douceur, les prophètes deviennent lumineux, l’histoire sainte devient contemporaine. Un amour nous saisit pour la famille humaine tout entière. Les richesses de ce monde apparaissent illusoires, une folie au service d’un pouvoir qui se révèle d’une vanité abyssale...

Les paroles de saint Paul se font nôtres :

« Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Il n’a pas refusé son propre Fils, il l’a livré pour nous tous : comment pourrait-il avec lui ne pas nous donner tout ? Qui accusera ceux que Dieu a choisis ? puisque c’est Dieu qui justifie. Qui pourra condamner ? puisque Jésus Christ est mort ; plus encore : il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous. Qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ? la détresse ? l’angoisse ? la persécution ? la faim ? le dénuement ? le danger ? le supplice ? L’Écriture dit en effet : C’est pour toi qu’on nous massacre sans arrêt,on nous prend pour des moutons d’abattoir. Oui, en tout cela nous sommes les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés. J’en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les esprits ni les puissances, ni le présent ni l’avenir, ni les astres, ni les cieux, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est en Jésus Christ notre Seigneur. » (Rm 8,31b-39)

C’est comme si on était mort jusqu’alors, à se débattre dans de vaines luttes de survie, et qu’une vie nouvelle nous avait relevés. Une véritable résurrection de l’âme, de l’intelligence et du corps, invitant à une louange incessante et faisant naître en nous une audace inouïe.

Désormais, on ne connaît plus le Christ de l’extérieur, comme s’il n’était qu’un leader politique, ou un thaumaturge incroyablement puissant... On ne revendique plus de pouvoir. Comme dit le Psaume : un chemin s’ouvre dans le cœur : celui du Cœur du Christ avec lequel on se sent en profonde communions...

En même temps, on mesure la distance qui reste encore à parcourir. Loin de se sentir capables de tout assumer, on sent avec une acuité douloureuse que le péché en nous demeure, et qu’il nous faut entrer dans un combat nouveau : celui de la foi, dans un abandon total à la puissance du Christ qui, seule, peut nous rendre victorieux des puissance de mort qui se sont révélées en nous. En Lui, avec Lui et en Lui, nous ne sommes plus des esclaves, mais des hommes libres, au sens que désormais, nous avons une place à tenir dans le monde pour bâtir le Royaume.

À nouveau, les paroles de saint Paul deviennent explicites :

« l’Esprit Saint lui-même qui affirme à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Puisque nous sommes ses enfants, nous sommes aussi ses héritiers ; héritiers de Dieu, héritiers avec le Christ, si nous souffrons avec lui pour être avec lui dans la gloire. J’estime donc qu’il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire que Dieu va bientôt révéler en nous. En effet, la création aspire de toutes ses forces à voir cette révélation des fils de Dieu.

Car la création a été livrée au pouvoir du néant, non parce qu’elle l’a voulu, mais à cause de celui qui l’a livrée à ce pouvoir. Pourtant, elle a gardé l’espérance d’être, elle aussi, libérée de l’esclavage, de la dégradation inévitable, pour connaître la liberté, la gloire des enfants de Dieu. Nous le savons bien, la création tout entière crie sa souffrance, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore. Et elle n’est pas seule.

Nous aussi, nous crions en nous-mêmes notre souffrance ; nous avons commencé par recevoir le Saint-Esprit, mais nous attendons notre adoption et la délivrance de notre corps. Car nous avons été sauvés, mais c’est en espérance ; voir ce qu’on espère, ce n’est plus espérer : ce que l’on voit, comment peut-on l’espérer encore ? Mais nous, qui espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons avec persévérance.

Bien plus, l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. L’Esprit lui-même intervient pour nous par des cris inexprimables.Et Dieu, qui voit le fond des coeurs, connaît les intentions de l’Esprit : il sait qu’en intervenant pour les fidèles, l’Esprit veut ce que Dieu veut. Nous le savons, quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien, puisqu’ils sont appelés selon le dessein de son amour. Ceux qu’il connaissait par avance, il les a aussi destinés à être l’image de son Fils, pour faire de ce Fils l’aîné d’une multitude de frères.Ceux qu’il destinait à cette ressemblance, il les a aussi appelés ; ceux qu’il a appelés, il en a fait des justes ; et ceux qu’il a justifiés, il leur a donné sa gloire. Il n’y a rien à dire de plus. Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » (Rm 8,16-31a)

Telle fut l’expérience des apôtres à la Pentecôte, une expérience qui, selon des modalités diverses, s’est reproduite au fil de toute l’histoire de l’Église.

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