[ Mais qui est Jésus ? (IV)
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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Mais qui est Jésus ? (IV)

Certes, Jésus est passé de ce monde au Père. Mais de là à dire qu’il était DIEU – qu’il est DIEU –, quels sont les fondements d’une telle affirmation de la foi ?



Comment les apôtres ont-ils pénétré ce grand mystère ?
On pourrait résumer les choses en trois bouleversements :

* *
– 1er bouleversement –
la résurrection et l’ascension du Christ : comment comprendre ?

Avant Jésus, il y a eu une autre ascension : celle d’Élie. Par un privilège étonnant, Élie n’est pas descendu au Shéol. Il n’est pas mort, mais a été enlevé au ciel (cf. 2Rois 2,9-11). L’Ancien Testament n’en a pas conclu pour autant qu’Élie était DIEU.
Donc, en soi, l’ascension de Jésus ne suffit pas pour affirmer qu’il est DIEU.

D’où la question : n’était-il qu’un “grand homme” ? Un “Gandhi” de la première heure ? Un thaumaturge génial ? Un homme de bien, un juste, un sage que DIEU aurait récompensé, élevé au rang du prophète Élie ?

Certes, tous ces événements sont bouleversants. Mais pour les comprendre, il fallait un deuxième bouleversement.

* *
– 2e bouleversement –
le don de l’Esprit Saint :
DIEU en moi, moi en DIEU

Un second événement intervient, sans lequel on ne peut pas pénétrer le cœur du mystère du Christ : le don de l’Esprit Saint (cf. Mais qui est Jésus ? IIIe partie).

Prenons le temps d’en redire quelques mots, sous un angle sensiblement différent :

Recevoir l’Esprit Saint, c’est recevoir et vivre dans une lumière intérieure étonnante. Comme si cette lumière mettait à jour tout ce que nous sommes, en vérité, mais sans jamais nous écraser ou prendre notre place, ou nous contrôler de l’intérieur. Au contraire : cette lumière nous révèle à nous-mêmes ; illumine notre vie en révélant sa cohérence, son sens profond.

Dit autrement, par l’Esprit Saint, une lumière gratuite entre en nous, dès lors que nous lui ouvrons la porte de notre cœur, qui ne se confond pas avec nous. Cette lumière reste elle-même.
Tout en nous donnant de nous comprendre nous-mêmes, cette présence de l’Esprit nous procure un apaisement, une joie, un calme et une douceur ouvrant en nous disponibilité et amour pour nos frères.
Cette lumière allume aussi une violence, une radicalité dans la conversion, de sorte que nous ne peux plus vivre désormais comme si nous ne connaissions pas cette lumière.

Et bien : c’est précisément à partir de cette expérience que les apôtres ont découvert la divinité du Christ et celle de l’Esprit Saint.

D’abord l’Esprit Saint : sa présence se manifeste non comme une force anonyme mais au contraire comme une présence reconnaissable, quasi sensible, de DIEU en nous.
Cette illumination ne vient pas de nous ; elle n’est pas nous, et pourtant, elle œuvre en nous, à la fois avec une infinie clarté et un infini respect.

Cette expérience répond à ce qu’on appelle aujourd’hui : l’« empathie ».
L’empathie consiste à devenir l’autre tout en restant soi :
• Devenir l’autre pour comprendre ce qu’il ressent, ce qu’il porte, à sa manière et non à la nôtre.
• Rester soi pour, d’une part, ne pas envahir l’autre, ne pas le rendre esclave de cette présence intérieure ; d’autre part ne pas tomber non plus dans le piège de la fusion, de la dissolution de soi en l’autre.

L’expérience de l’effusion de l’Esprit Saint, à la Pentecôte, fut cela : faire l’expérience que je suis sauvé parce que l’inattendu s’est produit : par un mystère qui me dépasse, DIEU est entré en moi et se déploie avec mon consentement pour me relever et me mettre en marche vers le Père.

Or la voix qui retentit en moi n’est pas tant celle de l’Esprit que celle... du Christ Jésus !
Je vis au rythme du Christ !
Le Christ est en moi, et moi dans le Christ !
Étonnante expérience...

* *
– 3e bouleversement –
DIEU s’est fait homme
pour que l’homme soit fait DIEU

C’est alors que je comprends, comme l’ont compris les apôtres, que Jésus n’agit pas seulement comme un homme, mais comme DIEU. Car cette présence d’un être en soi n’est pas du ressort de l’humanité. Une certaine empathie est possible entre deux personnes humaines, mais cette présence intime d’un être en un autre nous est inaccessible, du moins par nos seules forces. Et sans doute cela est-il une grâce, car DIEU sait ce dont nous serions capables si cette capacité nous était offerte !!!

- Ici retentissent les paroles du Christ à propos de l’entrée dans le Royaume :
« Pour l’homme, c’est impossible, mais à DIEU, rien n’est impossible . » (Mt 19,26 ; Mc 10,27 ; Lc 18,27).
- C’était aussi la réponse de l’Ange à Marie qui demandait :
« — Comment cela peut-il se faire ? :
— L’Esprit Saint te couvrira de son ombre, car rien n’est impossible à DIEU
 » (Lc 1,37)

Parler d’empathie divine, c’est parler de l’avènement du Royaume :
il faut que le Royaume entre en nous, par empathie, que DIEU pénètre la vie de l’homme pour nous faire communier en retour, toujours par empathie, à sa propre vie.

C’est la raison pour laquelle Jésus proclame que le Royaume est tout proche, qu’il est, littéralement en grec, «  à l’intérieur de nous  » (éntos ymôn éstin, Lc 17,21).

Saint Athanase, un père de l’Église d’Alexandrie, a résumé ce mystère avec cette formule adoptée par tous :

DIEU s’est fait homme pour que l’homme soit fait DIEU.

C’était au IVe siècle.

* *
Jésus Christ,
vrai DIEU et vrai homme

Cette empathie divine est la clé pour entrer dans le mystère de la divinité du Christ.
En lui, ce qui est impossible à l’homme s’est réalisé :
« En Lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ; la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée. » (Jn 1,4)

- C’est elle qui a permis aux apôtres de méditer le mystère de l’Incarnation : DIEU se fait homme.
Il n’est pas seulement descendu en hélicoptère pour faire son petit tour et donner quelques bons conseils avant de partir. Il est devenu homme, tout en restant DIEU ; il a revêtu notre humanité en toute chose, excepté le péché, de sorte qu’en Jésus, DIEU ne reste pas extérieur à la vie des hommes. Il vit les événements de l’existence comme des hommes les ressentent et les portent. Et ce faisant, il n’a pas pour autant perdu sa nature divine. Non pas “50% homme, 50% dieu”, mais 100% HOMME et 100% DIEU !

À Noël, l’impossible s’est produit : le Royaume de DIEU a surgi à travers un homme totalement transparent de DIEU. Jésus était, au sens propre, le Fils de DIEU à travers qui on pouvait voir le Père : « Qui m’a vu a vu le Père » (Jn 14,9).

Tout ce que les hommes peuvent connaître comme tentations, le Christ l’a connu et l’a porté, sans y succomber cependant, ce qui fait toute la différence. Ces tentations se résument toutes par la soif du pouvoir, qui marque l’humanité dès sa naissance : vouloir être dieu à la place de DIEU, non par empathie, mais en voulant écarter DIEU, par jalousie (cf. Gn 3,3,7).

Cette jalousie est celle-là même qui a porté les hommes à crucifier celui qui se présentait à eux comme Fils de DIEU, en vérité.
Par la croix, DIEU Lui-même offrait à l’homme d’aller jusqu’au bout de son péché meurtrier.

Si Jésus n’est pas DIEU, alors la croix est vaine.
S’il est DIEU, alors la croix prend tout son sens : nous révéler le péché dans toute sa puissance meurtrière pour pouvoir nous offrir le pardon et nous en dégager. En d’autres termes, pour nous sauver.

D’où la question : Avons nous besoin d’être sauvés ?

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