[ 15/Ord - N'oublions pas notre appel !
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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        15/Ord - N’oublions pas notre appel !

15/Ord - N’oublions pas notre appel !

Homélie du 15e dimanche du Temps Ordinaire (15 juillet 2012)

• Livre d’Amos 7,12-15
« Le Seigneur m’a saisi et c’est lui qui m’a dit :
Va, tu seras prophète pour mon peuple Israël. »

• Psaume 85(84),9ab-10.11-12.13-14
« Son salut est proche de ceux qui le craignent »

• Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 1,3-14
« En lui, il nous a choisis avant la création du monde,
pour que nous soyons, dans l’amour,
saints et irréprochables sous son regard. »

• Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 6,7-13
« Jésus appelle les Douze, et pour la première fois il les envoie deux par deux »

- lire l’intégralité des textes de ce jour





Le Seigneur m’a saisi et c’est lui qui m’a dit :
Va, tu seras prophète pour mon peuple Israël


La liturgie de ce dimanche nous remet devant notre condition de chrétien, qui n’est pas un “état” mais un appel. Être chrétien, ce n’est pas un privilège, mais c’est une mission, et c’est sans doute ce qui rend la foi tellement difficile. On aimerait tellement une religion qui soit là pour nous réparer, pour prendre soin de nous, réponde à nos besoins sans comporter d’exigence ! Ne nous leurrons pas : aujourd’hui où l’on ne supporte plus d’avoir de pression autre qu’économique, aujourd’hui où l’homme revendique de garder sa liberté pour lui-même, parler d’un appel de DIEU est incompréhensible. On n’y est pas hostile : on s’en fout, tout simplement, parce qu’il n’y a pas de confort à la clef, pas de bien-être, pas de salaire immédiat.

* *
Son salut est proche de ceux qui le craignent


Eh bien non : il n’y a pas de salaire. Il est juste question de salut ! Le problème, c’est que dans une société occidentale qui a tout à portée de main, on ne voit absolument pas à quoi servirait le salut ! Pourquoi être sauvé ? Et de quoi être sauvé ? On a tout ! Or c’est bien là le drame : nous avons tout, et si nous n’avons pas tout, nous rêvons de tout avoir.
Or la vie n’est pas une installation. Quand on est installé, c’est dans la tombe ! Là, on est sûr qu’on ne bougera plus, et d’ailleurs, ne parle-t-on pas à ce propos de “repos” ? Alors on dira : “Vous n’avez pas vu notre vie ? Nous passons notre temps à courir ! On n’est pas installé !” Certes, mais cette vie là est tout de même bigrement centrée sur elle-même : on travaille pour soi, pour sa famille, pour ceux dont on se sent responsable, mais on oublie de travailler pour DIEU. On court pour ceux qu’on aime, et c’est très compréhensible, mais dans ces cas là, d’une part on se prend pour DIEU : il faut qu’on sauve les nôtres ; et d’autre part, le pouvoir que nous mettons en branle n’est jamais que celui, encore une fois, de l’argent ! Nous ne répondons pas à un appel : nous sommes à nous-mêmes notre propre appel... et arrive un moment où on se sent désespérément seul...

Alors comment faire ? D’abord s’arrêter — le dimanche est fait pour ça — et ensuite, prier. Retrouver le goût de la prière, de l’Écriture, du Christ et de l’Église.

* *
En lui, il nous a choisis avant la création du monde,
pour que nous soyons, dans l’amour,
saints et irréprochables sous son regard


Nous devrions attendre le dimanche matin comme une grâce. Je rêve pour ma part — I have a dream, comme disait Martin Luther-King — de familles qui, le dimanche matin, se lèvent en se disant : “Chouette ! Ce matin, on va lire l’Écriture, on va apprendre l’Écriture et on va pouvoir parler du Christ en famille avant d’aller à la messe pour célébrer notre salut !”

Seulement pour ça, il faut porter le désir du salut dans nos tripes ! Il faut aimer le Christ comme on aime un ami et comme on se sait aimé de lui. Pour comprendre que, du cœur de cette amitié n’est ouvert un trésor que je n’ai jamais l’occasion de contempler : la richesse du Cœur de DIEU et celle de mon propre cœur. Mon cœur à l’unisson du Cœur de Père et du Fils. Mon cœur plongé dans un abîme de richesse... mais pas la richesse du monde : la richesse de la VIE ! Une VIE qui bouillonne en moi, une VIE qui m’éprouve pour me mener sur le chemin de la vrai joie : le salut d’un monde en crise, certes, mais pas une crise économique : une crise spirituelle.

Si nos frères et sœurs savaient mettre leur cœur dans leur véritable trésor, qui est le trésor de DIEU, le trésor de la VIE redonnée, le trésor de la foi les uns dans les autres par le Christ, il n’y aurait tout simplement pas de crise ! Rappelez-vous : « Là où est ton trésor, là est ton cœur ! » [1]

Seulement pour cela, il faut se sentir appelé. Appeler, c’est donner la VIE ! Ce ’nest pas simplement dire : "Oh ! T’as sorti les poubelles ?”, mais dire : “J’ai foi en toi !”. Celui en qui l’on met sa foi s’ouvre à lui-même, se met à croire en lui-même : il est SAUVÉ ! Mais attention : il ne suffit pas que nous l’appelions ! Il faut l’appeler au nom du Christ, et pour cela lui offrir de pouvoir contempler le mystère éternel du Christ pour que l’appel du Christ demeure et résonne dans son cœur chaque matin, chaque soir, chaque heure et chaque seconde.

* *
Jésus appelle les Douze,
et pour la première fois il les envoie deux par deux


Et comme par hasard, il leur dit : “Ne prenez rien !”, dépouillez-vous de tout pour pouvoir être crédibles. Certains de nos anciens l’ont compris : un Robert Schumann l’avait compris, qui a su prendre des responsabilités gigantesques et rester humble. Un parcours Zachée est proposé aux responsables, quels qu’ils soient, pour qu’ils soient des dirigeants qui sachent témoigner d’un appel qui précède et sache contrer la pensée unique de la consommation. On rencontre de nombreux chrétiens dans les cabinets de coaching d’entreprise. Bref, aujourd’hui, les chrétiens ont une carte à jouer essentielle pour faire entendre l’appel du Seigneur dans la vie concrète de chaque jour.

Mais ne nous leurrons pas. Cet appel sera toujours celui de la pauvreté, de la chasteté et de l’obéissance qui sont les seules portes de la vraie joie, alors qu’on les conçoit aujourd’hui comme des portes de tristesse. Cet appel sera toujours celui de la foi, celui de la VIE, celui du bonheur véritable et éternel. Il faut y croire, frères et sœurs, parce que l’appel du Christ n’a pas été seulement pour les apôtres il y a 2000 ans : il est pour nous aujourd’hui. Et si nous venons nous nourrir de l’Eucharistie, c’est parce que là est la seule source d’énergie divine qui nous permettra de vaincre nos réticences, vaincre nos peurs, vaincre notre péché qui nous fait nous contenter du système et maintenir le monde dans les ténèbres.

Alors merci aujourd’hui à tous ceux qui vivent de cet appel, en particulier dans notre paroisse. Merci à ceux qui ont entendu l’appel que le Seigneur lance pour une mission de VIE, pour une mission d’éternité dans l’Église. Cette Église qui m’est pas une secte, mais la meilleure alliée de l’homme Vivant qui est toute la Gloire de DIEU, comme aimait à le dire saint Irénée de Lyon, il y a de cela 1800 ans ! Et c’est pour nous, aujourd’hui.

Avec mon affection fraternelle,

+ Père Alain

Notes

[1Luc 12,32-48

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